À la Une

à lire, relire et débattre:

sorti le 13 décembre 2021 (traduction française améliorée)

Au cours de cette présentation, je vais me référer à et approfondir des points clés développés dans deux documents très importants qui sont mis en exergue sur notre site revcom.us : A Declaration, A Call To Get Organized Now For A Real Revolution [Une déclaration, un appel à s’organiser maintenant pour une vraie révolution] ; et un de mes articles, qui fait suite à cette « Déclaration et appel » :Ceci est un moment rare lorsque la révolution devient possible – pourquoi il en est ainsi, et comment tirer parti de cette rare opportunité (disponible à nouveaucommunisme.wordpresse.fr).Ainsi, pour tous ceux qui se lancent dans ce discours, pour tous ceux qui s’intéressent aux questions cruciales qu’il aborde, il est également important de reprendre (ou de retourner à) et de se plonger dans ces documents, et d’aller régulièrement sur revcom.us, et de regarder l’émission hebdomadaire sur YouTube Revolution Nothing Less, qui illustrent tous deux de manière très claire pourquoi une véritable révolution est nécessaire et possible, quels sont les objectifs de cette révolution, et comment participer à la construction de cette révolution. Ce dont je parlerai ici est, comme le dit le titre, une fondation nécessaire et une feuille de route de base pour cette révolution.

Autre point : je vais dire ce qu’il est nécessaire de dire sur l’état des choses, pourquoi il en ainsi, dans quelle direction vont les choses, et ce qu’il faudra faire pour changer radicalement cela de façon positive – et, dans ce cadre, je vais dire sans ménagement des vérités qui vont certainement offenser certaines personnes. Je le fais parce que les enjeux de tout ceci sont si élevés, et (pour faire référence à une phrase de Bob Dylan) il se fait tard, et il n’y a pas de temps pour des faux serments à l’heure actuelle. Mais je ne le fais pas parce que j’ai le sentiment que les gens sont si profondément absorbés par des modes de pensée et d’action qui servent à perpétuer leur propre oppression et conditions dégradantes, et celle des autres, qu’ils ne peuvent pas s’en défaire. Non, je le fais précisément parce que j’ai compris que des masses non seulement ont besoin de rompre, mais peuvent, rompre profondément avec cela – qu’elles peuvent se changer radicalement elles-mêmes en faisant partie de, et dans le processus de, changer radicalement le monde, d’une manière émancipatrice.

Alors, allons-y.

Voici le cœur du problème : De nombreuses personnes – y compris quelqu’un comme Martin Luther King – ont soutenu que tenter de mener une révolution pour renverser ce système est suicidaire, en particulier pour les Noirs aux États-Unis– alors qu’en fait, les Noirs, et d’autres masses opprimées et exploitées, ont profondément et désespérément besoin de cette révolution. La réalité est qu’une telle révolution peut réussir, mais cela n’est possible, en particulier face à de puissantes forces au pouvoir, comme aux États-Unis, qu’en de rares moments et circonstances. Et voici une vérité très importante : nous sommes dans l’un de ces rares moments et circonstances.

Il ne faut pas gaspiller, dilapider ou laisser passer ce moment rare. Au contraire, il faut préparer activement la révolution et y travailler vigoureusement et sans cesse – maintenant et de manière continue–afin de constituer les forces scientifiquement orientées et puissamment organisées pour cette révolution et de préparer le terrain pour celle-ci.

Et c’est pourquoi nous, communistes révolutionnaires, disons :

[T]outes celles et tous ceux qui ne supportent pas le monde tel qu’il est… qui en ont marre que tant de gens soient traités comme des moins que rien… qui savent que la revendication de « liberté et justice pour tous » est un mensonge cruel… qui sont légitimement furieux que l’injustice et l’inégalité continuent, encore et encore, malgré les fausses promesses et les paroles mielleuses des gens au pouvoir (ou de ceux qui cherchent à l’avoir)… tous ceux qui s’inquiètent de la direction que prennent les choses et du fait qu’être jeune aujourd’hui signifie être privé d’un avenir décent, voire d’un avenir tout court… tous ceux qui ont déjà rêvé de quelque chose de bien meilleur, ou qui se sont même demandés si c’était possible… tous ceux qui aspirent à un monde sans oppression, sans exploitation, sans pauvreté et sans destruction de l’environnement… tous ceux qui ont le cœur de se battre pour quelque chose qui vaut vraiment la peine d’être défendu : Vous devrez faire partie de cette révolution.

Nous parlons d’une véritable révolution, pas d’un jeu avec quelques changements qui laissent ce système en place et au pouvoir, tout en ne profitant qu’à un petit nombre. Comme la « Déclaration et appel » le dit très clairement :

Une révolution signifie une force de millions de gens issus de différentes parties de la société et organisés pour une lutte totale afin de renverser ce système et le remplacer par un système économique et politique radicalement différent et bien meilleur, un système socialiste, fondé sur la satisfaction des besoins de la population et la poursuite de la lutte pour un monde communiste où il sera enfin mis fin, partout, à l’exploitation, à l’oppression et à la destruction de l’environnement qui sont intégrés à ce système de capitalisme-impérialisme. Tout ce qui est moins que cette révolution échouera complètement à traiter la racine de tous les problèmes ou à conduire à la véritable solution. [italique rajoutée]

Examinons donc plus en détail pourquoi il s’agit d’une de ces rares occasions et circonstances où cette révolution est possible, et ce qu’il faut faire pour qu’il y ait une vraie chance que cette révolution réussisse réellement.

Tout d’abord, mettons au clair ces VÉRITÉS DE BASE :

Nous vivons sous un systèmele système du capitalisme-impérialisme (le capitalisme est un système économique et politique d’exploitation et d’oppression, et l’impérialisme fait référence à la nature mondiale de ce système).

C’est ce système qui est la cause fondamentale de l’énorme souffrance à laquelle les gens, partout dans le monde, sont soumis ; et ce système représente une menace croissante pour l’existence même de l’humanité, dans la mesure où ce système détruit rapidement l’environnement mondial, et dans le danger de guerre entre les puissances capitalistes-impérialistes disposant d’armes nucléaires, comme les États-Unis et la Chine.

Tout cela est la réalité, et personne ne peut échapper à cette réalité. Soit, nous la changeons radicalement, de manière positive, soit tout sera changé de manière très négative.

Pour être très clair encore une fois : la changer de manière positive signifie faire la révolution– une vraie révolution, pour renverser ce système de capitalisme-impérialisme et le remplacer par un système radicalement différent et émancipateur. Car c’est aussi une vérité de base que : Dans le monde d’aujourd’hui, pour changer fondamentalement la société, il faudra prendre le pouvoir – renverser le pouvoir d’État existant et établir un nouveau pouvoir d’État.

Et voici une autre vérité très importante de la « Déclaration et appel » :

Nous avons vu le potentiel de révolution démontré avec force au cours de l’été de 2020 lorsque des millions de gens, de toutes les races et de tous les genres, à travers le pays et dans le monde entier, se sont soulevés ensemble contre l’oppression raciste et le meurtre policier. Nous avons vu ce potentiel dans les poussées de rébellion massives de femmes, dans de nombreux pays, refusant de tolérer d’être abusées et rabaissées. Ce potentiel se révèle également dans le profond désarroi exprimé par les scientifiques et des millions de gens ordinaires face à la crise climatique qui ne cesse de s’aggraver et à la menace qu’elle représente pour l’avenir de l’humanité – une crise que ce système ne peut résoudre, mais ne peut qu’empirer.

Comme nous l’avons également vu, lorsque des millions de personnes descendent dans la rue – et surtout lorsqu’elles ne le font pas seulement pour un jour ou deux, exprimant leurs sentiments puis rentrant chez elles avec un retour rapide des choses à la « normale », mais lorsqu’elles le font avec une réelle détermination et de manière soutenue – cela peut changer « l’atmosphère et l’alignement politiques » de la société dans son ensemble, obligeant chaque partie de la société, et chaque grande institution dirigeante, à y répondre. Pour citer à nouveau un exemple puissant, ce fut le cas lors du soulèvement massif de l’été 2020.

Mais, aussi important soit-il, le fait que des millions de gens descendent dans la rue, même de manière militante et soutenue, ne peut à lui seul conduire à un changement fondamental – ce qui peut se produire uniquement si le système contre lequel ils se rebellent est effectivement renversé.

Il y a eu de nombreuses situations dans différents pays où une grande partie de la société s’est rebellée, descendant même dans la rue pendant des semaines et des mois, mais les institutions dirigeantes, et en particulier la police et l’armée, ne se sont pas «brisées », et le peuple n’était pas prêt à porter la lutte au niveau suivant – il n’y a donc pas eu de changement fondamental. Il y a également eu des résultats désastreux lorsque des personnes se révoltant en masse ont cru à tort que, simplement parce que leur cause était juste, les forces armées du système existant sympathiseraient et se joindraient à elles – alors qu’en fait ces forces armées ont continué à jouer leur rôle d’exécuteurs violents du système existant et ont tôt ou tard agi pour réprimer le peuple par la force.

Non, le système oppressif existant doit être renversé– les institutions de répression violente de ce système doivent finalement être brisées, vaincues et démantelées par une force révolutionnaire organisée. C’est ce qui est nécessaire pour que les choses aillent au-delà de la simple protestation de masse, aussi militante et déterminée soit-elle, et deviennent une véritable révolution.

Pour parler spécifiquement des États-Unis, même dans une situation où des millions de gens descendent dans la rue, de manière soutenue, en rébellion déterminée contre l’oppression et l’injustice, et même si certains membres des forces armées de ce système sympathisent et s’identifient à cette situation, il est très peu probable que cela conduise en soi à la division de ces forces armées et qu’une partie importante d’entre elles rejoigne le peuple qui se soulève de cette manière. (Cela est d’autant plus vrai pour la police, dont les rangs sont remplis de brutes dures d’extrême droite).

C’est un fait que l’un des objectifs de la révolution – et ce qui serait une partie nécessaire de la stratégie des forces révolutionnaires – serait de gagner des parties importantes des forces armées qui au départ s’opposent à la révolution. Mais la possibilité d’y parvenir, et la manière dont cela pourrait être réalisé, dépendrait de la façon dont le processus révolutionnaire se déroulerait en réalité.

Plus tard, vers la fin de ma présentation, j’en parlerai plus directement et j’aborderai certains aspects clés de la doctrine et de l’approche stratégique qui devraient être appliquées par les forces révolutionnaires afin d’avoir une réelle chance de gagner, lorsque les conditions nécessaires à la lutte révolutionnaire totale auront été créées– y compris l’approche pour gagner les forces du camp adverse, au cours de ce combat à fond. Et, dans le cadre de cela, je parlerai de la façon dont, dans une guerre civile réelle, menée entre des parties opposées de la société, les choses pourraient se développer de telle sorte que les forces armées qui ont été la colonne vertébrale du pouvoir de l’État, pour imposer le système capitaliste-impérialiste existant, se diviseraient dans le contexte d’une telle guerre civile – et quelles seraient les implications de cela pour mener à bien la révolution.

Mais, avant cela, il est important d’entrer dans cette question fondamentale : Quelles sont les conditions nécessaires pour une révolution ? En termes simples, elles sont :

Une crise de la société et du gouvernement si profonde et si perturbatrice de la « manière habituelle des choses » que ceux qui nous gouvernent depuis si longtemps ne peuvent plus le faire de la manière « normale » que les gens ont été conditionnés à accepter.

Un peuple révolutionnaire par millions, dont la « loyauté »à ce système est brisée, et dont la détermination à lutter pour une société plus juste est plus grande que la peur de la répression violente de ce système.

Une force révolutionnaire organisée – composée d’un nombre sans cesse croissant de personnes, parmi les plus opprimés mais aussi dans de nombreuses autres parties de la société – une force qui est fondée sur, et travaille systématiquement à appliquer, l’approche la plus scientifique pour construire et ensuite mener à bien une révolution, et vers laquelle les masses se tournent de plus en plus pour les diriger afin de réaliser le changement radical qui est nécessaire de toute urgence.

Pour aller plus loin, commençons par nous concentrer sur la première de ces conditions.

Il existe des expériences historiques importantes dont nous pouvons tirer des leçons – des situations où une classe dirigeante n’a plus été en mesure de gouverner de la « manière normale » que les gens avaient été conditionnés à accepter, et où une réelle possibilité s’est présentée de mettre fin au système existant, même s’il était si fortement enraciné qu’un changement aussi profond avait longtemps semblé impossible. Cela s’est produit en particulier lorsque la classe dirigeante, ou une partie de la classe dirigeante, de ce système ne croit plus en, et abandonne plus ou moins ouvertement, ce qui avait été les « normes de cohérence » –l’ensemble des croyances et des processus régulateurs –du système.

L’effondrement de l’Union soviétique dans les années 1989-1991en est un exemple, ce qui a entraîné un changement important, même s’il n’a pas été provoqué par une véritable révolution. L’Union soviétique était le premier État socialiste du monde, né de la révolution russe de 1917. La vérité, cependant, est que le capitalisme a été restauré en Union soviétique au milieu des années 1950, même si elle a continué pendant un certain temps à maintenir la façade du « socialisme ». Mais ensuite, dans les années 1980, des « réformes » ont été instituées qui ont commencé à défaire tout cela, et finalement des parties de la classe dirigeante ont abandonné les prétentions du socialisme, et le pays s’est transformé en une société ouvertement capitaliste, abandonnant même son identité extérieure d’«URSS» (Union des républiques socialistes soviétiques). Le même genre de chose s’est produit dans certains pays d’Europe de l’Est qui avaient été sous la domination effective de l’Union soviétique–des pays où il y a eu des soulèvements massifs, où les structures dirigeantes ont éclaté, et où l’on est passé d’un capitalisme déguisé à un capitalisme ouvert– un changement majeur, même si ce n’était pas une véritable révolution.

Encore une fois, cela fait partie d’un phénomène plus général où un changement majeur, et même une véritable révolution, peuvent devenir possibles (ou plus possibles) non seulement lorsqu’il y a une crise profonde dans la société, et non seulement lorsque les forces dirigeantes sont sérieusement divisées, mais lorsqu’elles se scindent réellement, et que l’ancienne façon de gouverner ne peut plus tenir. Un autre exemple de ce genre de chose est la création de l’Union soviétique elle-même, issue de la révolution russe. Celle-ci s’est produite pendant la première guerre mondiale, au cours de laquelle des millions de Russes sont morts et les masses ont subi d’énormes difficultés. Dans cette situation critique, les forces dirigeantes se sont divisées, ce qui a d’abord entraîné le renversement du pouvoir des monarques absolus (les tsars) longtemps établi, mais a ouvert la voie à une révolution qui a renversé les classes exploiteuses dans leur ensemble, y compris les forces bourgeoises qui tentaient de consolider le pouvoir capitaliste sans les tsars.

Ou, pour prendre un autre exemple important, cette fois dans l’histoire des États-Unis : Pourquoi tant de Noirs (près de deux cent mille) ont-ils rejoint l’armée de l’Union combattant contre la Confédération sudiste pendant la guerre civile dans les années 1860 ? Parce que le pays, et ceux qui le gouvernaient, s’étaient scindés, et que des masses de Noirs pouvaient sentir que, dans cette situation, il y avait une réelle possibilité de mettre fin à leur condition d’esclaves, ce qui s’est produit à la suite de cette guerre civile.

Comment ce genre de choses s’applique-t-il aujourd’hui ? Comme cela devient de plus en plus clair chaque jour, il y a des divisions profondes, et qui ne cessent de s’approfondir, non seulement aux États-Unis en général, mais aussi parmi les puissances dirigeantes de ce système. Et, comme je l’expliquerai plus en détail dans un moment, une partie de ces pouvoirs en place, représentée par le Parti républicain, ne croit plus en ce qui a été les« normes de cohérence » du régime capitaliste « démocratique » aux États-Unis et ne se sent plus liée par elles. Cela conduit, et conduira de plus en plus, à des divisions plus profondes et à des affrontements amers dans toute la société, ainsi qu’au « sommet ». Toutes les institutions dirigeantes de ce système seront de plus en plus affectées par cela. La polarisation continuera à s’accentuer, les forces regroupées autour du Parti républicain et dirigées par lui devenant encore plus agressives pour imposer, y compris par la violence, leur vision de ce qui « fait la grandeur de l’Amérique », avec toutes les horreurs bien réelles sur horreurs, que cela implique.

Tout ceci aura en soi des effets contradictoires – certains manifestement négatifs, mais d’autres positifs, ou avec un potentiel positif. Et, au fur et à mesure de son déroulement, cette vérité profonde sera démontrée avec de plus en plus de force : La crise et les profondes divisions de la société ne peuvent être résolues que par des moyens radicaux, d’une sorte ou d’une autre – soit des moyens radicalement réactionnaires, meurtriers, oppressifs et destructeurs, soit des moyens révolutionnaires radicalement émancipateurs.

Avec tout cela, ce qui est nécessaire et urgent, ce qui est possible–et ce à quoi il est nécessaire de travailler activement, inlassablement, pour qu’il y ait vraiment un dénouement positif à tout cela – c’est un alignement fondamentalement différent dans le pays dans son ensemble : une repolarisation qui est favorable à, et accélère l’émergence des forces nécessaires pour, la Révolution– une véritable révolution pour renverser ce système, et créer un système radicalement différent et bien meilleur.

Mais pourquoi, et comment, serait-il possible de provoquer une telle repolarisation pour une véritable révolution ?

C’est à cause de quelque chose qui est très différent, de manière très profonde, de ce qui a été, pendant des générations, la « situation normale » aux États-Unis. J’ai parlé de la raison pour laquelle cela s’est produit, dans ce qui suit, tiré de «Moment rare» :

Même si la « démocratie, avec la liberté et la justice pour tous » est un mensonge cruel, ce mensonge a été crucial pour les dirigeants des États-Unis afin de maintenir la cohésion de ce système – et surtout pour que les personnes opprimées par ce système continuent à croire en la possibilité de rendre ce système plus juste. C’est pourquoi les deux partis de la classe dirigeante ont généralement accepté, pendant longtemps, de travailler au sein du même cadre pour diriger les États-Unis– ils se sont mis d’accord pour accepter les résultats des élections et pour assurer « le transfert pacifique du pouvoir » entre les différents représentants de ce même système, qu’ils soient Démocrates ou Républicains.

Avec l’évolution des conditions aux États-Unis, et dans le monde entier, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale (il y a 75 ans), il a été nécessaire pour la classe dirigeante, afin de maintenir « l’ordre et la stabilité » dans ce pays, de faire certaines concessions à la lutte contre la suprématie blanche, la suprématie masculine et d’autres relations oppressives, tout en insistant sur le fait que tout cela fait partie de la « création d’une union plus parfaite » et du « perfectionnement de la grande démocratie qui a toujours existé aux États-Unis ». Cela a également été nécessaire pour que les dirigeants du pays continuent à le promouvoir comme « le leader du monde libre », qui, selon eux, doit rester la puissance dominante dans le monde – mais qui, en réalité, est la puissance la plus oppressive et la plus destructrice, pillant des populations humaines ainsi que la Terre.

Mais une partie de la classe capitaliste dominante, représentée par le Parti républicain, a toujours résisté à ces concessions, même partielles, à la lutte contre l’oppression, et a acquis la conviction que ces changements sont allés trop loin, qu’ils menacent de détruire ce qui a permis à ce pays de rester uni et de dominer le monde.

Les Républicains sont devenus un parti fasciste– un parti fondé sur une suprématie blanche ouverte et agressive, une suprématie masculine et d’autres relations d’oppression – un parti convaincu qu’il est le seul à mériter de gouverner, qui manipule les élections et supprime les votes afin d’obtenir et de conserver le pouvoir, refusant d’accepter le résultat des élections qu’il ne remporte pas, déterminé à vider et à pervertir « l’État de droit », à piétiner les droits des personnes et à adopter ce qui équivaut à une dictature capitaliste non déguisée, prêt à recourir à la violence non seulement contre les masses populaires mais aussi contre ses rivaux de la classe dirigeante.

Ces Républicains ont mobilisé une partie importante de la population qui croit, avec une passion intense et irrationnelle, qu’il faut défendre et imposer fermement la suprématie blanche, la suprématie masculine et d’autres relations oppressives (ainsi que le pillage effréné de l’environnement). Ils ont été conduits à un état de folie vicieuse, embrassant toutes sortes de théories de conspiration lunatiques, ainsi qu’un fondamentalisme chrétien dément, en réponse à la menace qu’ils voient à leur position de privilège (ou « ordonnée par Dieu ») et à leur insistance sur le fait que de nouvelles concessions à la lutte contre l’oppression détruiront ce qui a « fait la grandeur de l’Amérique».

Tous les jours, et à mille égards, la réalité crie qu’il n’est pas possible de vivre ensemble avec cette folie fasciste – et personne ne devrait le vouloir ! Il est impossible qu’une personne décente veuille vivre dans la société, et le monde, que ces fascistes sont déterminés de mettre en place, qu’ils sont prêts à tuer, pour mettre en place.

Comme je l’ai écrit dans ma Communication du Nouvel An, en janvier 2021 :

Biden et les Démocrates ne peuvent pas « unir le pays », comme ils le prétendent à tort, car il ne peut y avoir de « réconciliation » avec ces fascistes–dont les « griefs » sont fondés sur un ressentiment fanatique contre toute limitation de la suprématie blanche, de la suprématie masculine, de la xénophobie (haine des étrangers), du chauvinisme américain enragé et du pillage effréné de l’environnement, et sont de plus en plus exprimés en termes littéralement lunatiques. Il ne peut y avoir de « réconciliation » avec cela, si ce n’est aux conditions de ces fascistes, avec toutes les terribles implications et conséquences de cela !

Au début de sa campagne présidentielle, Biden s’est vanté de la façon dont, en tant que sénateur, il a pu travailler avec les suprématistes blancs, les ségrégationnistes du Sud ! Aujourd’hui, il essaie toujours de travailler avec les suprématistes blancs flagrants et les fascistes purs et simples du Parti républicain. Mais il a beau essayer, ils ne sont pas prêts à travailler avec lui, sauf à leurs conditions.

Les choses ne sont plus ce qu’elles étaient dans le passé, et la réalité est la suivante : les profondes divisions, au sein de la classe dirigeante et dans la société en général, ne peuvent pas être aplanies – elles ne feront que devenir plus profondes et plus tranchantes, plus aiguës et plus antagoniques. Voici la vérité fondamentale qui est nécessaire de comprendre clairement et profondément: Ces divisions

ne peuvent être résolues dans le cadre qui a existé, et qui a fait tenir les choses ensemble, pendant près de 150 ans, depuis peu après la fin de la guerre civile qui a conduit à l’abolition de l’esclavage– elles ne peuvent être résolues sur la base de la « démocratie » capitaliste qui a été le mode« normal » de la domination (dictature) capitaliste pendant si longtemps.

Et :

Cette situation rare, avec l’approfondissement et l’aggravation des conflits entre les pouvoirs en place, et dans la société en général, fournit une base plus solide et de plus grandes ouvertures pour rompre l’emprise de ce système sur les masses.

Il est extrêmement important de comprendre cela en profondeur :

Au fur et à mesure que cette situation se développe, et que la classe dirigeante est de plus en plus incapable de gouverner à l’ancienne, la société et la vie quotidienne des masses issues de différentes parties de la société, peuvent devenir de plus en plus instables et chaotiques, avec de fréquentes « perturbations » de la manière « normale » dont les choses se sont passées.

Et comme « la manière normale » dont la société a été gouvernée ne parvient pas à maintenir la cohésion et que la société est de plus en plus déchirée, cela peut ébranler la conviction des gens que « la manière dont les choses ont toujours été » est la seule manière dont les choses peuvent être. Cela peut rendre les gens plus ouverts à la remise en question – dans un sens réel, cela peut les obliger à remettre en question la façon dont les choses ont été, et si elles doivent rester ainsi. Et cela a d’autant plus de chances de se produire si les forces révolutionnaires sont présentes parmi les gens, éclairant la réalité profonde de ce qui se passe, et pourquoi, et montrant qu’il EXISTE une alternative à cette façon de vivre.

C’est une partie cruciale de la façon dont une situation révolutionnaire pourrait être créée – une situation où il devient possible de faire tomber ce système.

D’un autre côté, « laissée à elle-même »– c’est-à-dire si le caractère et la dynamique actuels de tout cela restent sur la même voie – cette situation, les divisions qui la caractérisent et le résultat qui en découle vont presque certainement devenir encore plus terriblement négatifs. Il faudra donc changer radicalement tout cela, dans un laps de temps relativement court, « comprimé »– pas des semaines ou des mois, mais pas non plus des décennies. Si les choses n’ont pas déjà complètement éclaté avant cela, l’élection présidentielle prévue en 2024 sera très probablement un point focal et un tournant critique, par lequel les Républicains fascistes tenteront d’obtenir et de verrouiller le pouvoir sur la société, et de mettre fin à toute possibilité de laisser échapper un futur « transfert de pouvoir ».

Avec la poursuite par les Républicains du Grand Mensonge selon lequel la dernière élection présidentielle (2020) a été volée à Trump, leurs démarches pour supprimer des votes, et toute leur orientation que, dans tous les cas, pour l’élection présidentielle de 2024 (en supposant qu’il y en ait une), le seul résultat acceptable est qu’ils soient déclarés et confirmés comme vainqueurs–tout cela a clairement montré qu’ils ne permettront aucun « transfert pacifique de pouvoir » au gouvernement, à moins que cela n’aboutisse à leur arrivée au pouvoir. Un nombre croissant de personnes d’orientation fasciste aux États-Unis sont prêtes à recourir à la violence pour poursuivre leur idée perverse de « rendre la grandeur à l’Amérique »– et les dirigeants républicains sont prêts à y recourir s’ils ne parviennent pas à prendre le pouvoir autrement. Déjà, les élus républicains, y compris les membres du Congrès, attisent les sentiments en faveur de telles violences et soutiennent les foules fascistes qui se sont livrées à cette violence.

Dans la situation de l’élection présidentielle de 2020, vaincre et faire sortir Trump par le biais de cette élection était possible, et il était important de le faire, comme un choix tactique pour empêcher la consolidation du pouvoir fasciste à ce moment-là. Cependant, même avec cette défaite électorale, Trump et ses partisans ont presque réussi à faire un coup d’État qui aurait eu pour conséquence son maintien au pouvoir, au mépris du résultat de l’élection et du « transfert pacifique du pouvoir » d’une partie de la classe dirigeante à une autre. Les choses ont évolué, et continuent d’évoluer rapidement, au-delà de la situation qui existait lors de l’élection de 2020 et par la suite.

En outre, le processus électoral de ce système va lui-même à l’encontre du type de changement fondamental qui est maintenant nécessaire et urgent. Entre autres choses, il réduit les horizons des gens, restreignant les « choix réalistes » à ce qui est possible dans les limites de ce système et conditionnant les gens à voir et à aborder les choses selon les critères de ce système. Continuer à voter pour les Démocrates, et tenter, par le biais du processus électoral, d’empêcher une prise et une consolidation du pouvoir par les Républicains-fascistes, sera très probablement un échec, et plus fondamentalement contribuera à la poursuite des choses sur le cours désastreux qu’elles ont déjà pris, avec des conséquences terribles pour les milliards de personnes sur cette planète – pour l’humanité dans son ensemble.

Comme je l’ai souligné dans ma Communication du Nouvel An (2021) :

La défaite électorale du régime Trump/Pence ne fait que « gagner du temps »– à la fois par rapport au danger imminent posé par le fascisme que ce régime représente, et plus fondamentalement par rapport à la crise potentiellement existentielle à laquelle l’humanité est de plus en plus confrontée du fait qu’elle est liée à la dynamique de ce système de capitalisme-impérialisme. Mais, pour l’essentiel, le temps n’est pas du côté de la lutte pour un meilleur avenir pour l’humanité.

Le temps avance, et avec lui l’élan actuel des choses vers un résultat désastreux. Le temps qui existe encore ne doit pas être gaspillé dans ce qui serait, surtout maintenant, des manœuvres insignifiantes dans le cadre de ce système et de ses élections. Il faut saisir le moment, avec l’urgence nécessaire, pour construire la seule résolution qui puisse éviter ce désastre, et arracher quelque chose de vraiment positif à tout cela : une véritable révolution.

Pour le reste de cette présentation, je vais parler plus en détail de ce qu’il est nécessaire de faire pour qu’il y ait une base pour faire réellement cette révolution ; et vers la fin, je me tournerai directement vers l’approche de base pour mener le combat à fond pour la révolution, avec une réelle chance de gagner. Mais ici, une vérité cruciale doit être soulignée : Tout dépend de l’émergence d’un peuple révolutionnaire, issu des plus grands opprimés et de toutes les parties de la société, d’abord par milliers, puis par millions, en tant que force révolutionnaire puissante, organisée dès le départ et s’inscrivant toujours dans une perspective du pays entier, ayant un impact sur toute la société et changeant la manière dont les masses voient les choses et dont chaque institution doit réagir. Tout doit être concentré maintenant pour faire réellement émerger cette force et l’organiser.

La manière fondamentale de le faire est exposée dans la « Déclaration et appel ». Tout d’abord :

Nous devons de toute urgence changer la situation où trop peu de gens connaissent cette révolution et la soutiennent. Nous devons faire connaître cette révolution, et ses dirigeants, partout. Nous devons mettre au défi et lutter sérieusement avec les gens autour de nous, et dans tout le pays, pour faire quelque chose qui, oui, demande du cœur et fera une différence positive pour de vrai – faire partie de cette révolution, et suivre cette direction révolutionnaire. Nous devons organiser de plus en plus de personnes dans les rangs de la révolution.

Alors, qu’est-ce que cela signifie de se mettre au travail maintenant pour organiser les gens dans cette révolution ? Comme l’explique la « Déclaration et appel » :

Organiser les gens dans cette révolution signifie aller à la rencontre de toutes sortes de personnes – pas seulement là où il y a des protestations et des rébellions contre l’oppression et l’injustice, mais partout dans la société – en faisant passer le message sur la révolution et en rassemblant les gens (dans la vie réelle et en ligne) pour débattre des raisons pour lesquelles une véritable révolution est nécessaire, de ce qu’une telle révolution implique et du type de société qu’elle vise. Cela permettra aux personnes qui ne connaissent pas la révolution de devenir elles-mêmes des organisateurs de cette révolution et de recruter de plus en plus de personnes pour faire de même. Sur cette base, et grâce aux rangs croissants de la révolution agissant ensemble comme une force toujours plus puissante, il sera possible d’attirer et d’organiser le nombre nécessaire, et de construire la force nécessaire, pour être en mesure de faire ce qu’il faut faire.

Nous devrons mener une lutte acharnée avec les gens pour qu’ils adoptent l’orientation et la stratégie, les valeurs et les objectifs de cette révolution, et qu’ils se consacrent à travailler pour cette révolution, alors que nous unissons un nombre croissant de personnes pour combattre les sévices, la brutalité et la destruction perpétrés par ce système, et à travers tout cela, préparer et renforcer des milliers, puis des millions de personnes pour en finir avec ce système qui fait vivre aux gens un véritable enfer. Nous devrons utiliser cette force révolutionnaire croissante pour nous opposer à ce système et à ses exécuteurs meurtriers et pour changer tout le « terrain » (la situation et « l’atmosphère » politique, sociale et culturelle) à travers la société, afin d’affaiblir l’emprise de ce système sur les gens, de les convaincre à cesser de faire des choses qui renforcent et légitiment ce système, et de créer les meilleures conditions possibles pour que cette révolution réussisse.

En outre, il sera nécessaire d’appliquer cette compréhension et approche de base de manière systématique :

Un principe et une méthode importants dans l’organisation des gens dans la révolution est de comprendre que, même si la révolution exige un engagement sérieux, le niveau d’engagement des gens, à tout moment, « correspondra essentiellement à et [sera] fondé sur les aspirations qui ont été éveillées, ou développées [en eux], et ce qu’ils en viennent à comprendre est nécessaire par rapport à cela, » et cet engagement « devrait procéder de ce qu’ils ont eux-mêmes été gagnés à voir (oui, gagnés par la lutte, même à des moments par la lutte acharnée) comme une contribution nécessaire et essentielle à la révolution ». Les gens peuvent commencer par des tâches de base qu’ils peuvent facilement accomplir et avec lesquelles ils se sentent en confiance, et qui apportent une réelle contribution à la construction de la révolution, et ils peuvent apprendre à assumer davantage de responsabilités au fur et à mesure qu’ils acquièrent de l’expérience et une compréhension plus profonde. Ce qui est important est qu’ils fassent partie du processus de construction de la révolution, aux côtés des autres. Il faudra garder ces principes et méthodes clairement à l’esprit et les appliquer à toutes les étapes de la participation des gens à la révolution, afin de leur permettre de continuer à progresser dans leur compréhension et leur engagement.

(Ceci est tiré de la deuxième partie de mon discours Why we need an actual revolution and how we can really make revolution [Pourquoi nous avons besoin d’une véritable révolution et comment nous pouvons vraiment faire la révolution].

Comme la « Déclaration et appel » l’indique clairement, pour gagner des masses à la révolution, il faudrait mener beaucoup de luttes, non seulement contre le système qui est la source des horreurs que les gens subissent continuellement, mais aussi contre les façons de penser et d’agir parmi les gens qui en fait « intériorisent » et servent à perpétuer ce système et les modes de pensée qu’il promeut, avec ses relations monstrueusement oppressives et ses valeurs putrides – des modes de pensée et d’action qui vont à l’encontre de la repolarisation dont nous avons besoin de toute urgence pour avoir une vraie chance de tirer parti de cette rare opportunité de faire la révolution.

Dans Hope for Humanity on a Scientific Basis,[L’Espoir pour l’humanité sur une fondation scientifique] j’ai souligné la caractérisation de la polarisation actuelle par l’ancien membre fasciste du Congrès républicain Steve King–à savoir qu’on parle beaucoup d’une nouvelle guerre civile, et qu’un côté (le côté fasciste) est lourdement armé (avec 8 trillions de balles) tandis que l’autre côté (le côté « woke ») ne peut pas décider quelles toilettes utiliser. Même s’il s’agit d’une réelle déformation et d’une calomnie certaine à l’encontre des personnes transgenres, il y a une perspicacité démente, et une trop grande part de vérité, dans cette observation de ce fasciste King. Et, si cette polarisation reste essentiellement inchangée, elle aura des implications encore pires, à mesure que les choses se développent et s’intensifient.

La réalité d’aujourd’hui, en particulier parmi les classes moyennes, est très liée à cela et en est l’expression, que les choses se conforment encore beaucoup trop aux paroles du poète Yeats : « Les meilleurs manquent de toute conviction, tandis que les pires sont pleins d’intensité passionnée ». Ce sont les fascistes qui ont déclaré « c’est la guerre ! »– qui ressentent viscéralement que la façon dont les choses se passent leur est totalement intolérable, et constitue une menace existentielle pour un mode de vie et un pays qu’ils estiment dignes d’en faire partie. Et, dans leur esprit dément, le gouvernement (ou le gouvernement qui est entre les mains des Démocrates ou fortement influencé par eux) s’efforce de maintenir les choses sur cette voie, et est donc totalement illégitime. En même temps, parmi ce que l’on peut appeler à juste titre les « gens décents », qui s’opposent à ces fascistes, il y a beaucoup trop d’inconscience, d’ignorance et de détournement du regard– ou même de déni continu – de ce qui se passe, beaucoup trop de gens qui se laissent bercés par le sentiment somnolant que la façon dont les choses se déroulent est favorable à la façon dont ils souhaitent qu’elles se déroulent, ou du moins que « les choses vont s’arranger »conformément à leurs inclinations. Ou, dans la mesure où l’on reconnaît que ce n’est pas le cas (par exemple, avec l’accélération de la crise environnementale), cela a conduit beaucoup trop au défaitisme, au cynisme et à la passivité.

Mais le problème ne s’arrête pas là. Comme je l’ai également noté dans Hope For Humanity :

[U]n autre élément que nous ne pouvons pas négliger est que, si une grande partie de ce que [Steve] King décrit s’applique d’une certaine manière démente, en particulier aux progressistes ou aux personnes de la classe moyenne dites « woke », il y a un autre type de problème en ce qui concerne les gens opprimés des milieux populaires, et en particulier les jeunes –c’est un grand problème que leurs armes sont maintenant dirigées les uns vers les autres… c’est quelque chose qu’il faudra transformer radicalement au cours de la construction d’un mouvement pour une véritable révolution.

J’aurai d’autres choses à dire à ce sujet plus tard. Mais ici, il est important d’attirer l’attention sur ce qui a été, jusqu’à présent du moins, le traitement « en douceur » de ceux qui ont pris part à l’émeute du 6 janvier 2021 au Capitole et à la tentative de coup d’État de Trump – les faibles accusations et les peines clémentes prononcées dans ces affaires judiciaires, ainsi que le fait qu’il n’y a pas eu d’action pour inculper Trump et d’autres hautes personnalités politiques fascistes. Cela rappelle la façon dont les choses ont été traitées en Allemagne, avec la montée du mouvement fasciste NAZI, dirigé par Hitler. Dans les années 1920, Hitler a mené ce que l’on a appelé le « putsch de la brasserie », une tentative maladroite de prendre le pouvoir par un coup d’État mal organisé, sans la planification et le soutien nécessaires. Mais Hitler, en particulier, a été traité avec beaucoup d’indulgence, et ce « putsch de la brasserie » est devenu en fait une répétition générale de la prise et de la consolidation ultérieures du pouvoir par les NAZIS, de l’écrasement de toute opposition effective et de toutes les horribles atrocités commises par les NAZIS qui ont suivi. (Le parallèle est résumé dans ce que certaines personnes aujourd’hui ont avancé concernant la tentative de coup d’État de Trump et de ses partisans au lendemain de l’élection de 2020, et en particulier la prise d’assaut du Capitole le 6 janvier : « Qu’est-ce qu’on appelle un coup d’État raté ? Une répétition générale ! »)

Pendant ce temps, quelle est la situation « de l’autre côté du fossé », et en particulier chez les personnes qui se disent « réveillées » ? Il faut dire sans ambages que « woke » est en train de devenir une blague–une mauvaise blague. Le slogan que les revcoms ont lancé, « Vous pensez être réveillé mais vous êtes somnambule dans un cauchemar », traduit quelque chose de très important. Mais il faudra ajouter que ce « réveil », qui évite et détourne la vraie lutte nécessaire, et qui la remplace par des « modifications des mots » et « la culture de l’annulation (cancel culture) »est en fait en train de contribuer à ce cauchemar et de le prolonger.

Un exemple ridicule et scandaleux de cela est le massacre par l’ACLU [l’Union américaine pour les libertés civiles] d’une déclaration de l’ancienne juge de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg sur le droit des femmes à l’avortement : l’ACLU a remplacé le mot « femme » par le mot « personne » (et « elle» par « ils ») ! Cela fait partie d’un phénomène plus large qui, au nom des droits des transgenres, vont en fait dans le sens de l’effacement des femmes, sur le plan conceptuel. Mais l’effacement rhétorique du concept de femme n’efface pas, et ne peut pas effacer, la réalité de l’existence, et l’oppression horrifiante, de milliards de femmes dans ce monde réel. Ce que cela fait en réalité, c’est saper la lutte massive et militante qui est nécessaire et urgente contre les attaques croissantes et contre la fixation encore plus forte des chaînes d’oppression sur la moitié de l’humanité qui est féminine.

Si l’ACLU et d’autres organisations, qui ont fait de bonnes choses dans le passé, continuent sur cette voie, elles vont saper une grande partie du bien qu’elles ont fait, et beaucoup de ce qu’elles pourraient et devraient encore faire.

Ces gens« réveillés » et « progressistes » croient-ils vraiment que le fait de se concentrer sur le changement des termes (noms, pronoms, etc.) permettra de changer le monde de manière positive ?

Croient-ils vraiment que le fait d’appeler l’oppression « l’agentivité » la rend moins oppressive (par exemple, lorsque des femmes sont piégées dans la prostitution et la pornographie, est-ce que le fait de qualifier cela « leur agentivité » le transforme en autre chose que l’oppression horrifiante à laquelle ces femmes sont soumises, et qui fait beaucoup de mal à toutes les femmes) ?

Pensent-ils vraiment qu’une plus grande « inclusion » des personnes opprimées dans les institutions dominantes et les structures de pouvoir de ce système de capitalisme-impérialisme changera réellement la nature fondamentalement et horriblement oppressive de ce système ? (Le premier président noir… La première femme vice-présidente… Le premier Asiatique… Le premier Latinx… Premier gay… Premier trans… Premier… MÊME SYSTÈME !)

Ou le problème plus profond est-il que ces personnes « progressistes » et « woke » ont simplement abandonné, ou n’ont jamais vraiment pensé à travailler pour un changement qui conduirait réellement à la fin de l’oppression ?

En ce qui concerne les « gens éveillés »– et en particulier toute la question de la « culture de l’annulation »– il faut le dire : des masses sont brutalisées et prises pour cible, le monde brûle (au sens propre comme au sens figuré) et vous vous préoccupez de changer le visage de ceux qui président à ces horreurs, et de cracher sur les gens s’ils n’utilisent pas les noms et les pronoms que vous approuvez, ou s’ils violent d’une manière ou d’une autre les normes en constante mutation du « wokisme » ?

Cela rejoint la discussion dans le livre Percées* d’une certaine attitude et approche –« se donner des airs dans le but d’intimider »– qui a été vivement critiquée par Mao Zedong (le leader de la révolution chinoise et de ce qui était un État socialiste révolutionnaire en Chine jusqu’à sa mort en 1976, dont le « Petit livre rouge » de citations a été largement lu par des gens du monde entier, y compris des Noirs, des jeunes de toutes nationalités et d’autres personnes aux États-Unis). Mao a clairement indiqué que « se donner des airs dans le but d’intimider les gens » ne sert à rien contre l’ennemi et cause un réel préjudice au sein du peuple. Comme je l’ai souligné dans Percées :

[C]ette politique identitaire, et en particulier les postures qui l’accompagnent bien trop souvent, est « utile » uniquement parmi les personnes qui se laisseront intimidées par elle, et en fait cette intimidation fait beaucoup de mal. C’est ce que Mao voulait dire quand il a dit que ce genre de choses fait beaucoup de mal au sein du peuple. Intimider les gens au lieu de les amener à une compréhension scientifique de la réalité et de ce qu’il faut faire en conséquence ne peut que nuire au sein du peuple, et c’est absolument inutile contre ceux qui ont le vrai pouvoir.

[*Breakthroughs : The Historic Breakthrough by Marx, and the Further Breakthrough with the New Communism [Percées : la percée historique réalisée par Marx et la nouvelle percée historique du nouveau communisme]

En outre, il faut dire qu’il y a trop de gens qui sont absorbés par la « culture du traumatisme »– où toute insulte ou tout affront, ou toute remise en question des croyances chères à quelqu’un, est traité comme un véritable traumatisme, et où tout traumatisme réel subi devient une motivation pour se replier sur soi afin de se concentrer sur les « soins de soi » individuels.

Dans Hope for Humanity, j’ai insisté sur ce point :

Le traumatisme qui résulte de la souffrance directe de formes horribles d’oppression et d’avilissement est très réel, et personne ne devrait le nier ou le sous-estimer–mais, au lieu d’un « repli sur soi » individuel, il faudra transformer cela en colère et en détermination à faire partie d’une lutte collective pour mettre fin à toutes les atrocités, partout, dont la source et la cause fondamentales sont ce système de capitalisme-impérialisme.

Mais, avec la « culture du traumatisme »et je vais le signaler, même si cela peut « recouper » certaines des affirmations des fascistes, d’un angle complètement opposé et avec des objectifs complètement opposés – il est trop fréquent que, malgré des références souvent mal fondées, ridicules et même caricaturales à des « durs à cuire » ceci et cela, trop de gens soient encouragés et conditionnés à être des « pleurnichards mollassons » !

Ici, je dois dire : Assez des « gens woke » qui agissent comme si c’étaient les gens opprimés (ou, comme ils aiment les appeler, les « marginalisés ») qui sont des êtres fragiles ayant constamment besoin de la protection des « espaces sûrs », de peur qu’ils ne s’effondrent à la simple apparition d’un phénomène « déclencheur ». Et depuis quand les universités et autres institutions sont-elles censées être des lieux où l’on est « à l’abri »– non seulement de la violence physique d’un type ou d’un autre, et des agressions verbales ouvertement menaçantes ou clairement dégradantes, mais aussi des idées, des propos, etc. qui mettent tout simplement mal à l’aise ?! Comment va t’on « changer le monde » si l’on risque de s’effondrer devant de telles choses ? Encore une fois, tiré de Hope for Humanity :

[D]ans n’importe quelle vraie lutte contre une vraie oppression, contre les puissants responsables de cette oppression, il va falloir faire face à la perspective d’un sacrifice réel, y compris la perspective d’être physiquement attaqué. Et si l’on croit que l’on peut créer de petites enclaves sécurisées, et que cela va conduire à un changement important de la société, eh bien on est en plein délire avec beaucoup d’illusions.

Pour ajouter au problème, cela s’accompagne souvent de tentatives pour mettre à l’écart et réduire au silence ceux qui, selon ce schéma, occupent un statut de « privilégié » et non de « marginalisé ».

Tout cela est l’expression des ambitions revues à la baisse de manière extrême– avec une tendance marquée à identifier « l’ennemi » comme des personnes qui ont peut-être plus de « privilèges », au lieu du système du capitalisme-impérialisme, ses relations fondamentales et ses institutions d’autorité et de pouvoir, qui incarnent et mettent en vigueur la terrible exploitation et oppression dont sont victimes les masses aux États-Unis, et littéralement des milliards de gens dans le monde.

Ici encore, nous en revenons à la remarque de Mao sur ‘se donner des airs pour intimider les gens’, ce qui est inutile contre le vrai ennemi et cause un réel préjudice au sein du peuple.

Tout cela représente l’influence de forces procédant d’une vision et d’aspirations bourgeoises (ou petites-bourgeoises) – recherchant un réarrangement qui leur fournira (et peut-être à d’autres comme eux) une meilleure position au sein de cet horrible système d’oppression, et essayant de forcer l’opposition à l’injustice à s’inscrire dans le cadre et au service de cet objectif.

Ainsi, une fois de plus, en gardant tout cela à l’esprit, et en ce qui concerne la société dans son ensemble, ce dont nous avons profondément et urgemment besoin, c’est d’une repolarisation–pour la révolution : gagner un nombre croissant de personnes pour qu’elles ne soutiennent plus l’un ou l’autre camp dans la division entre les pouvoirs en place qui cherchent à maintenir et à imposer ce système, sous une forme ou une autre, et pour qu’elles s’éloignent de ceux qui promeuvent des illusions mortelles et des objectifs intéressés qui sont des impasses, des non-solutions pour les masses.

Cela nous ramène à la première des trois conditions de la révolution – les profondes divisions entre les pouvoirs en place – et plus particulièrement au fait que, les conflits entre les forces dirigeantes devenant de plus en plus profonds et aigus, les gens réagissent à cette situation non pas en se rangeant derrière l’un ou l’autre camp des dirigeants oppressifs– non pas en agissant de manière à perpétuer et à renforcer la domination oppresseurs de ce système – mais en profitant de cette situation pour accumuler les forces pour la révolution.

Il est vrai qu’il y a beaucoup de choses très mauvaises liées à la polarisation actuelle et à la trajectoire que suivent les choses, et cela pourrait mener à quelque chose de vraiment terrible ; mais il est également vrai, et c’est d’une importance profonde, qu’il est possible que nous puissions en arracher quelque chose de vraiment positif – la révolution, pour mettre fin à ce système et apporter quelque chose de bien meilleur. Mais, une fois de plus, cela exige de reconnaître la situation, et la trajectoire actuelle des choses, pour ce qu’elles sont, et de réagir d’une manière et à un niveau qui y correspondent, en fonction de l’importance des enjeux –d’agir pour changer les choses, de toute urgence, dans le but de se débarrasser de tout ce système, et de le remplacer par quelque chose de radicalement différent et de bien meilleur.

La réalité actuelle est que la partie fasciste de la classe dirigeante, représentée par et concentrée dans le Parti républicain, est activement et agressivement engagée dans un mouvement à « deux volets » pour atteindre et consolider le pouvoir fasciste. Ces « deux volets » sont : la corruption et le contrôle du processus électoral et des institutions gouvernementales clés ; et la menace et l’utilisation de la violence, y compris par la mobilisation de foules violentes. Pour l’instant, ces fascistes s’appuient principalement sur le premier volet, le second (la violence) étant un « complément »– qui pourrait devenir leur principal moyen, si cela s’avère nécessaire pour eux. Dans tous les cas, s’ils réussissent, ils utiliseront tout le pouvoir du gouvernement – y compris le pouvoir exécutif de la présidence, les tribunaux et l’appareil judiciaire, les prisons, ainsi que la police et l’armée – pour écraser toute opposition effective au gouvernement fasciste et imposer par la force leur programme de « restaurer » la « grandeur » mythologique des États-Unis sur la base d’une suprématie blanche agressive, d’une suprématie masculine grossière et brutale et de la suppression des LGBT, la xénophobie (la haine et la persécution des étrangers et des immigrants, en particulier de ce que Trump a appelé de manière infâme les « pays de merde »), l’affirmation péremptoire et la clairon chauvine de la domination états-unienne et de « la supériorité de la civilisation occidentale », ainsi que le rejet délibéré de la science et de la méthode scientifique, surtout lorsqu’elle empêcherait le pillage effréné de l’environnement aussi bien que des gens.

Étant donné la nature, les objectifs et les actions des fascistes, il existe une vraie possibilité de guerre civile. Mais étant donné la nature, les objectifs et les actions du courant ‘dominant’ de la classe dirigeante (représentée par le Parti démocrate et des médias tels que MSNBC, le New York Times et CNN), et étant donné la situation actuelle de ceux, issus de différentes parties de la société, qui ont tendance à soutenir, et à suivre politiquement, ce courant ‘dominant’ de la classe dirigeante, il est possible que les fascistes puissent atteindre et consolider le pouvoir sans guerre civile, mais avec toutes les terribles conséquences qui suivraient cette consolidation fasciste du pouvoir. Ou, comme le souligne la « Déclaration et appel », dans ce qui serait une guerre civile unilatérale, ces fascistes pourraient massacrer ceux qu’ils détestent, y compris les Noirs et les autres personnes de couleur, les « immigrés illégaux », les « femmes effrontées» et ceux qui ne se conforment pas aux relations et aux « normes » sexuelles et de genre « traditionnelles ».

Dans tous les cas, c’est une réalité mortellement sérieuse que ces fascistes sont déterminés à écraser – aussi violemment que nécessaire – n’importe qui, n’importe quoi et n’importe où dans la société, qui s’oppose à la mise en œuvre de leurs monstrueux objectifs.

Cela met un point d’exclamation sur ce que la « Déclaration et appel » dit immédiatement après :

Il est nécessaire de changer cette situation radicalement, de manière que des masses soient prêtes à vaincre ces fascistes et à le faire dans le cadre de la destruction du système entier qui a engendré ces fascistes, ainsi que toutes les autres horreurs qu’il ne cesse de perpétrer.

Les Démocrates ne combattront jamais, et ne pourront jamais combattre ces fascistes de la manière dont ils doivent être combattus, parce que cela nécessite d’aborder la vraie nature de ce système, et de mettre en évidence le fait que ces fascistes, aussi grotesques soient-ils, sont en fait une expression grotesque du système même dont les Démocrates eux-mêmes sont l’expression, et qu’ils s’efforcent de perpétuer. Plus fondamentalement : l’intention et l’objectif ne peuvent pas être simplement de vaincre ces fascistes, comme une fin en soi, avec l’orientation de ramener les choses d’une manière ou d’une autre au fonctionnement « normal » de cet horrifique système de capitalisme-impérialisme depuis plus d’un siècle.

Ce n’est pas l’époque de la guerre civile des années 1860, lorsque l’objectif de ceux qui luttaient contre l’injustice était d’abolir l’esclavage, et –en ce qui concerne qui dirigeait la société – le seul résultat positif possible était la consolidation et le renforcement du pouvoir de la classe capitaliste en pleine ascension centrée sur le Nord. Cette époque est maintenant révolue depuis longtemps. Et ce système de capitalisme, qui s’est transformé en un système d’exploitation et d’oppression mondial, le capitalisme-impérialisme, est démodé depuis longtemps, sa date d’expiration est dépassée depuis longtemps, toutes les circonstances où il pouvait jouer un rôle positif sont révolues depuis longtemps. L’objectif actuel doit précisément être de se débarrasser de l’ensemble de ce système entier de capitalisme-impérialisme.

Le caractère d’une nouvelle guerre civile serait sensiblement différent de celui de la précédente guerre civile de 1861-65, où une partie géographique du pays, la Confédération du Sud, a tenté de faire sécession et de former un pays séparé sur ce territoire. Aujourd’hui, les forces du fascisme au sein de la population sont à nouveau concentrées dans le Sud, ainsi que dans les zones rurales à travers le pays ; mais, dans le Sud et dans tout le pays, elles sont étroitement liées, géographiquement, à des segments de la population qui s’opposent à ce fascisme. Toute nouvelle guerre civile se déroulerait entre des forces opposées qui seraient à proximité immédiate les unes des autres –en fait réellement imbriquées géographiquement –partout dans le pays. Cela aurait à la fois des avantages et des inconvénients pour les gens du côté positif d’une telle guerre civile, et il faudrait en tenir compte dans leur approche au combat au cours de cette guerre civile.

(L’image « États rouges/États bleus », constamment présentée dans les médias grand public, est bien trompeuse en ce qui concerne les divisions géographiques et politiques des États-Unis. Elle ne présente pas une image précise de la concentration de la population –quelles parties de la population sont réellement concentrées où, et en quels nombres, au sein des États existants. D’une importance particulière, elle minimise la concentration de la population de ce pays dans les zones urbaines, y compris les banlieues autour des quartiers défavorisés, et la concentration des masses opprimées, en particulier dans ces quartiers. Elle minimise la forte opposition aux fascistes qui existe parmi un grand nombre de personnes dans les zones urbaines. Cette présentation grand public des choses est destinée à renforcer le sentiment que la seule possibilité est la continuation de ce système de capitalisme-impérialisme, et que le seul choix est entre les deux partis représentant la classe dirigeante de ce système : le Parti républicain « rouge » ou le Parti démocrate « bleu ». Et, soit dit en passant, la couleur rouge étant historiquement associée au communisme, « l’appropriation » de cette couleur en association avec le Parti républicain fasciste est une abomination !).

La polarisation actuelle, même du côté positif, parmi ceux qui s’opposent aux fascistes, n’est pas celle dont on a besoin, et ne répondra pas au défi profond et urgent de cette période. Pour les raisons évoquées dans ce discours, il ne peut y avoir de défaite réelle et durable de ces fascistes selon les conditions des Démocrates, selon les « normes » du régime capitaliste « démocratique » qui ont existé pendant des générations aux États-Unis. Fondamentalement, il ne peut y avoir de solution à cela, dans le cadre de ce système, qui soit dans l’intérêt des masses, non seulement dans ce pays-là mais dans le monde entier. Une fois de plus, ce qu’il faut de toute urgence, c’est une polarisation très différente de celle qui existe aujourd’hui – une repolarisation pour la révolution.

Et, une fois encore – sans être absolu à ce sujet – il y a un délai limité dans lequel cette repolarisation doit être réalisée. Si les choses continuent comme ça, avec l’offensive fasciste du Parti républicain et de sa base devenant encore plus agressive et puissante, alors il est très probable que leur « offensive à deux volets » réussira, qu’ils utiliseront les changements qu’ils imposent aux gouvernements des États et aux parties clés du gouvernement fédéral, en particulier les tribunaux, pour reprendre et consolider le contrôle du pays dans son ensemble, avancer avec une vengeance pour mettre en œuvre leur programme fasciste, et supprimer avec force, aussi violemment que nécessaire, toute opposition active.

L’urgence de cette situation – et le besoin urgent de repolarisation, pour la révolution– devrait être clairement comprise, et transmise énergiquement aux gens. Il faut faire cela de manière convaincante, sans exagération (et il n’y a pas besoin d’exagération pour décrire la situation critique et les enjeux urgents). S’il est crucial de s’unir aux gens en se soulevant contre les terribles injustices et crimes perpétrés en permanence par ce système, et d’évoquer sans cesse la possibilité d’une alternative radicalement différente et émancipatrice, pour le souligner encore une fois: il est nécessaire de mener une lutte sans relâche pour arracher les gens aux modes de pensée et d’action qui, en fait, les maintiennent enchaînés à ce système et contribuent à le perpétuer, sous une forme ou une autre.

Le fatalisme et le défaitisme – la croyance que l’on ne peut rien faire  pour changer la terrible situation et l’avenir sombre auxquels l’humanité est actuellement confrontée, qu’aucun changement radical positif n’est possible – cette façon de penser elle-même doit être vaincue, surmontée à la fois par une lutte acharnée et en rendant vivante et faisant connaître la possibilité d’un monde radicalement différent et meilleur, par la révolution, qui est fondée sur une approche scientifique, matérialiste et une compréhension du monde concret et de la possibilité réelle de sa transformation radicale positive. Dans l’ensemble – et surtout en ce qui concerne les masses populaires, les personnes extrêmement opprimées qui doivent devenir la colonne vertébrale de cette révolution –le fait de surmonter ce défaitisme, et de procéder à la repolarisation nécessaire, doit être réalisé, et ne peut réussir que par une combinaison puissante de lutte idéologique acharnée au sein du peuple, pour gagner un nombre croissant de personnes à une compréhension scientifique de la situation à laquelle nous sommes confrontés et de la solution réelle à celle-ci, ainsi que d’une résistance déterminée contre ce système oppressif – tout cela doit être dirigé à contribuer à l’accumulation des forces et à la création de l’alignement politique nécessaire à la révolution.

Alors que des masses ont un besoin urgent de cette révolution, il n’est que trop vrai qu’à l’heure actuelle, la grande majorité d’entre elles ont de multiples façons de pensée erronées. Pour dire les choses franchement, ils ne savent rien et ont la tête dans le cul! Il est nécessaire de changer cela radicalement – et c’est faisable, mais seulement au prix de beaucoup, beaucoup de lutte acharnée. Comme je l’ai dit auparavant (dans «Moment rare »):

Il est de la responsabilité de tous ceux qui reconnaissent le profond besoin de révolution – et la rare possibilité, dans une période comme celle-ci, de faire réellement la révolution – de mener une lutte inlassable, et parfois féroce, pour amener de plus en plus de gens à faire une rupture radicale avec les conditions restrictives et dégradantes de ce système, et à adopter, et agir en fonction de l’orientation et de la motivation révolutionnaires de la « Déclaration et appel ».

Au lieu de « rester dans sa voie » et « d’aller pour soi-même », alors que ce système est en train d’écraser de manière encore plus décisive tout espoir d’un monde digne d’être vécu, les gens ont besoin de regarder la situation globale, de se concentrer sur les intérêts supérieurs de l’humanité et sur la possibilité d’un monde bien meilleur – et d’agir pour en faire une réalité.

Au lieu de trouver des excuses pour continuer à faire comme si de rien n’était, en se tenant à l’écart de la révolution (ou même en la dénigrant), il est nécessaire que les gens se joignent à cette révolution, et qu’ils ne laissent pas passer la rare occasion de participer à la création de quelque chose de bien meilleur.

Au lieu de se déchaîner avec des actes individuels de frustration, ou de tenter de s’attaquer à ce système avec de petites forces isolées qui n’ont aucune chance de réussir, les gens devraient déverser leur colère, et leur haine de l’injustice, dans la construction d’un mouvement de millions de personnes qui pourrait avoir une vraie chance de vaincre ce système et de faire une vraie révolution.

Au lieu de se battre et de s’entretuer, ce qu’il faut faire maintenant est de s’unir pour se défendre mutuellement – s’opposer à toute violence injuste, ne pas lancer d’attaques contre qui que ce soit, mais en même temps ne pas permettre à la police ou aux voyous fascistes « civils » de brutaliser et d’assassiner les gens gratuitement. Et il faudrait faire cela dans le cadre de l’accumulation des forces pour la révolution.

Au lieu de s’envoyer des piques et de se diviser par « identités », les gens devraient s’efforcer d’unir tout le monde, de toutes les parties de la société, qui peut être uni dans la lutte contre l’oppression et l’injustice, dans le but de mettre fin à ce système qui est la source de cette oppression et de cette injustice.

Au lieu d’être la queue de l’âne démocrate – qui tente d’assurer la continuité de ce système monstrueux et de faire face au danger fasciste croissant en s’appuyant sur les « procédures normales »du système et sur des efforts voués à l’échec pour « guérir les divisions » qui se creusent chaque jour –il faudra que les gens travaillent pour la révolution qui est nécessaire de toute urgence, et affrontent le danger fasciste dans ce cadre-là.

La situation actuelle est très marquée par le problème de l’individualisme–« aller pour soi » sans tenir compte de l’effet sur les autres personnes et sur l’humanité dans son ensemble –ce qui est encouragé et exprimé sous des formes extrêmes dans cette société particulière en ce moment, et qui est souvent combiné et entrelacé avec un manque d’espoir pour quelque chose de meilleur dans ce monde. Encore une fois, tiré de Hope for Humanity on a Scientific Basis :

Le manque d’espoir réel d’une vie meilleure dans ce monde est une lourde chaîne qui pèse, étouffe et marque profondément les grandes masses humaines, y compris les jeunes qui sont concentrés dans les ghettos et les barrios des États-Unis ainsi que dans ses prisons surpeuplées à salles de torture. Et l’individualisme extrême promu dans toute cette société, la focalisation obsessionnelle sur le « moi » a renforcé la chape de plomb sur les perspectives des gens, obscurcissant leur capacité à reconnaître la possibilité d’un monde radicalement différent et meilleur, au-delà des limites étroites et contraignantes de ce système, avec toutes ses horreurs bien réelles.

À côté d’autres tendances négatives, il y a la façon dont le sentiment des gens que le monde est foutu au-delà de toute réparation, et que les choses vont continuer à aller en enfer, les conduit à essayer d’obtenir ce qu’ils peuvent pour eux-mêmes maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Les gens ont donc besoin d’espoir – pas d’hyperbole, mais d’un véritable espoir basé sur une méthode et approche scientifique pour comprendre le monde tel qu’il est réellement et la possibilité de le changer, de la manière dont il peut être changé, pour faire naître un monde radicalement différent et bien meilleur, à travers une véritable révolution. Ils ont besoin d’une vision globale, scientifiquement fondée, et d’un plan concret pour une société radicalement différente et émancipatrice, tels qu’ils sont présentés dans la Constitution for the New Socialist Republic in North America, dont je suis l’auteur[Constitution pour la nouvelle République socialiste d’Amérique du Nord].

Ils ont besoin de l’approche fondamentale pour comprendre la réalité, et la base et la possibilité de la changer radicalement, ce qui est concentrée dans le passage suivant :

[L]es systèmes qui caractérisent les sociétés dans lesquelles les gens vivent … ont évolué historiquement. Cela signifie que les changements dans la société humaine sont basés, et ne peuvent être basés, que sur la transformation de ce qui existe déjà dans cette société-là, sur la base des forces de production qui ont été développées à un moment donné [les terres et les matières premières, les usines et autres installations de production, les machines et autres technologies, et les gens, avec leurs connaissances et leurs capacités].

Et même les changements révolutionnaires– un bond radical d’un système à un autre – ne peuvent se produire que sur la base de la transformation de ce qui existe. Cela ne peut se faire en proposant des idées ou des notions sur la façon dont la société « devrait » être, si ces idées ou notions n’ont aucun fondement dans la réalité existante.

Ce qu’il est crucial de comprendre, c’est que les bases existent aujourd’hui pour permettre aux milliards de gens sur cette planète d’avoir les moyens d’une vie décente, digne d’êtres humains – une vie qui s’enrichit continuellement, non seulement matériellement mais aussi socialement, intellectuellement et culturellement. Mais, en même temps, la façon dont la société humaine s’est développée sous la domination de ce système de capitalisme-impérialisme a conduit à un monde très « déséquilibré », où des milliards de gens dans le monde vivent dans d’horribles conditions d’oppression et de misère, avec des millions d’enfants du tiers-monde qui meurent chaque année de faim et de maladies évitables….

Ce sont les forces productives qui ont été développées sous le système capitaliste-impérialiste et qui fournissent en fait la base matérielle pour dépasser tout cela. Mais, en même temps, c’est ce système, avec son mode de production basé sur des rapports d’exploitation de la production, qui est l’obstacle direct à la réalisation de cet objectif – c’est une chaîne sur les masses à travers le monde, et sur l’humanité dans son ensemble.

C’est tiré de l’article Why the World is So Messed Up, and What can be Done to Radically change This – A Basic Scientific Understanding [Pourquoi le monde est si mal en point, et ce que l’on peut faire pour le changer radicalement – une compréhension scientifique de base]. Comme je l’ai souligné dans cet article-là : la résolution de cette contradiction flagrante entre les conditions actuelles des grandes masses humaines et ce qui est réellement possible – la seule résolution qui soit dans l’intérêt de ces masses et, en fin de compte, de toute l’humanité – passe par la révolution pour renverser ce système et le remplacer par un système socialiste sur la voie d’un monde communiste. Il est crucial d’apporter cette compréhension fondamentale aux gens afin qu’ils aient vraiment de l’espoir, sur une base scientifique.

Mais le fait est qu’il n’y a pas seulement un manque d’espoir chez beaucoup de gens, mais aussi un manque de volonté de chercher à comprendre pourquoi le monde est si mal en point et s’il est possible de faire quelque chose pour le vraiment changer. Cela devra être fortement et profondément remise en question, par la promotion d’un large débat sur ces questions de vie ou de mort, et par beaucoup de lutte autour de la grande question : quel est le problème fondamental auquel l’humanité est confrontée, et quelle est la solution ? ou, en termes simples, réforme contre révolution, travailler au sein de ce système, ou le renverser et le remplacer par un système radicalement différent. Cette question doit être reprise avec vigueur et faire l’objet d’un débat et d’une lutte acharnés entre les gens de toutes les parties de la société – y compris les étudiants, les universitaires et autres intellectuels, les gens travaillant dans les arts et les professions, ainsi que ceux n’ayant qu’une éducation formelle limitée – qui tous peuvent et ont besoin d’explorer sérieusement ces questions vitales et urgentes.

Pour en revenir au fait que les gens ne cherchent pas actuellement à comprendre : ceci est lié dans de nombreux cas à un individualisme égocentrique, soit aveuglément et allègrement inconscient, soit virulemment empoisonné. Encore une fois, dans Hope for Humanity :

L’individualisme est un facteur significatif et un « élément unificateur » dans bon nombre des tendances négatives qui jouent un rôle majeur en empêchant les gens de reconnaître la réalité et la profondeur des horreurs continuellement engendrées par ce système – et de reconnaître le besoin urgent d’agir, ensemble avec d’autres, pour abolir et déraciner tout cela, à sa source même.

Et :

[L]es terribles souffrances des grandes masses humaines et les défis urgents auxquels l’humanité dans son ensemble est confrontée en raison de la destruction croissante de l’environnement par ce système de capitalisme-impérialisme, ainsi que la possibilité d’une conflagration nucléaire qui continue de planer comme une menace existentielle sur l’humanité – tout cela ne peut pas être sérieusement abordé, et encore moins résolu, par chaque personne poursuivant ses intérêts individuels particuliers, et en fait, agir de cette manière constitue un obstacle majeur à la mise en place de la solution nécessaire.

Cet individualisme, à son tour, est fondé, dans une très large mesure, sur le parasitisme–le fait de vivre dans ce pays qui est assis au sommet de la chaîne alimentaire impérialiste, tirant des bénéfices de l’exploitation et de la misère de millions et de milliards de gens dans le monde. Cela ne s’applique pas seulement à la partie de la population des États-Unis qui est vraiment très aisée, mais aussi au grand nombre de gens se démenant pour survivre au jour, à la semaine ou au mois : pour eux en particulier, il y a une sorte de combinaison toxique entre le fait de devoir se battre et se démener pour s’en sortir, et le fait de bénéficier dans une certaine mesure du parasitisme impérialiste. L’effet de tout cela est qu’il semble possible, et/ou nécessaire, d’ignorer ce qui se passe dans le reste du monde. Mais, en réalité, il est impossible, et ce sera de plus en plus le cas, d’ignorer ce qui se passe dans le monde entier, et d’éviter les conséquences d’une incapacité à y faire face et à le transformer radicalement.

Oui, c’est vrai :« YOLO » [You only live once]. Mais, puisque vous ne vivez qu’une fois, vous devriez faire en sorte que cette vie compte pour quelque chose – quelque chose de bien plus grand que vous-même – en faisant partie d’une révolution historique pour libérer tous les opprimés, et apporter un nouveau jour pour toute l’humanité, avec de tout nouveaux horizons de liberté et de vie ayant un sens pour les êtres humains, bien au-delà de ce qui est possible maintenant, alors que nous sommes toujours forcés de vivre sous cette monstruosité d’un système qui refuse une vie décente à des milliards de gens sur cette planète et qui n’offre pas d’avenir décent, ou pas d’avenir du tout, pour les jeunes générations.

Il est nécessaire de remettre en question l’individualisme parasitaire de manière directe, nette et profonde, car il constitue un obstacle majeur empêchant les gens de chercher les réponses à la grave crise qui s’accélère et à la catastrophe potentielle auxquelles les gens, non seulement dans ce pays mais dans le monde entier, sont confrontés (qu’ils le reconnaissent ou non). Et cet individualisme empêche les gens d’agir ensemble, comme une force révolutionnaire, pour arracher quelque chose de positif à toute cette folie en cours.

Sur le plan stratégique immédiat et global, la remise en question de cet individualisme parasite est étroitement liée à la lutte conséquente, déterminée et implacable contre le chauvinisme nord-américain – la notion dégoûtante que les États-Unis et les États-Uniens sont meilleurs et plus importants que tous les autres. Comme je l’ai souligné auparavant, il s’agit d’un poison qui infecte très largement la population dans ce pays, même parmi les plus opprimés; et une résolution positive et révolutionnaire du cours actuel des choses ne peut être apportée que si des masses rompent avec ce chauvinisme. L’une des principales et des plus laides manifestations de ce chauvinisme américain est le soutien écœurant, même parmi un grand nombre de personnes « progressistes » et « éveillées », à l’armée états-unienne – avec tous ces nauséabonds « remerciements pour votre service » – un « service » qui consiste en d’atroces crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour faire respecter les intérêts et les objectifs de la pire force sociale du monde en termes d’exploitation, oppression et destruction : l’impérialisme capitaliste états-unien. Combattre cela, et amener les gens à rejeter et à répudier cela – dans tous les secteurs de la société – est crucial maintenant, et a des implications stratégiques certaines dans la préparation et ensuite la réalisation de la révolution qui est nécessaire de toute urgence.

Les gens ont donc besoin d’être réveillés en sursaut à la réalité – la réalité de ce système de capitalisme-impérialisme, la réalité de la direction que prennent les choses en ce moment, avec des conséquences terribles si les choses continuent sur cette voie –et la réalité de la possibilité, et du besoin urgent, d’arracher quelque chose de positif à cela, par le biais d’une véritable révolution.

Une autre dimension importante de la lutte franche et directe qu’il faudra mener avec les gens, y compris les personnes âprement opprimées, est évoquée dans la troisième partie de la Communication du Nouvel An (2021): [voir nouveaucommunisme.wordpress.com)]

Étant donné la nature, les objectifs et les actions des fascistes, il existe une vraie possibilité de guerre civile. Mais étant donné la nature, les objectifs et les actions du courant ‘dominant’ de la classe dirigeante (représentée par le Parti démocrate et des médias tels que MSNBC, le New York Times et CNN), et étant donné la situation actuelle de ceux, issus de différentes parties de la société, qui ont tendance à soutenir, et à suivre politiquement, ce courant ‘dominant’ de la classe dirigeante, il est possible que les fascistes puissent atteindre et consolider le pouvoir sans guerre civile, mais avec toutes les terribles conséquences qui suivraient cette consolidation fasciste du pouvoir. Ou, comme le souligne la « Déclaration et appel », dans ce qui serait une guerre civile unilatérale, ces fascistes pourraient massacrer ceux qu’ils détestent, y compris les Noirs et les autres personnes de couleur, les « immigrésillégaux », les « femmes effrontées» et ceux qui ne se conforment pas aux relations et aux « normes » sexuelles et de genre « traditionnelles ».

Étant donné le lien étroit entre le patriarcat militant et le fascisme, il n’est pas surprenant que certains Noirs et Latinos (bien qu’il s’agisse clairement d’une minorité) aient été amenés à soutenir Trump, malgré sa suprématie blanche manifeste. (Cela inclut certains d’entre eux qui sont ou ont été des figures de proue de la musique rap. Bien qu’il y ait eu des forces et des éléments positifs dans le rap et le hip-hop en général, ce qui a été de plus en plus promu est une culture chargée de, pour ne pas dire dominée par, le rabaissement misogyne des femmes, ainsi que de l’admiration pour le type de gangstérisme « arnaqueur » qui est l’une des « qualités »essentielles de Trump). Il n’est pas non plus surprenant que même un nombre important de femmes (principalement des femmes blanches, mais aussi latines et d’autres femmes de couleur) aient été attirées par ce fascisme, car le phénomène des opprimés s’accrochant aux « chaînes de la tradition » qui les oppriment n’est malheureusement que trop fréquent.

Une lutte résolue est nécessaire contre les conneries« machistes » de bien trop nombreux d’hommes noirs et latinos – une « mentalité de guerrier » de mauvais aloi, qui caractérise également beaucoup trop d’hommes amérindiens, à leur manière, avec leur fierté totalement déplacée, et franchement perverse, de faire partie de la même armée états-unienne qui a perpétré le génocide contre ces peuples originaires du pays. Il faudra également mener une lutte vigoureuse parmi l’autre moitié –féminine– de l’humanité, contre les comportements des opprimés renforçant leur oppression ; c’est-à-dire pour certaines femmes le fait que non seulement elles s’accrochent à une tradition religieuse patriarcale extrêmement oppressive, mais aussi se complaisent dans, et exhibent de façon agressive, ce qui n’est autre qu’une sexualisation dévalorisante et une marchandisation du sexe. Ce phénomène est activement encouragé parmi les femmes noires et latines et constitue une tendance négative certaine dans la culture populaire, y compris le hip-hop. Il convient également de noter que, aussi surprenant que cela puisse paraître à première vue, cette hypersexualisation volontairement dévalorisante va souvent de pair avec son « opposé en miroir » : l’obscurantisme religieux – une forme fondamentaliste de religion qui bloque, obscurcit la lumière de la raison. Il existe également un phénomène similaire parmi les membres de bandes, où le viol collectif et d’autres actes de rabaissement et de rabaissement de soi sont combinés avec un obscurantisme religieux lourd, sous une forme ou une autre.

Dans une mesure beaucoup trop importante, « l’éducation » que reçoivent les masses populaires et en particulier « l’éducation » qui tend à « coller » – passe par les institutions religieuses et la promotion d’une religion obscurantiste. C’est un vrai problème, une partie importante de la raison pour laquelle beaucoup trop de personnes opprimées sont sensibles aux idées anti-scientifiques, y compris les théories de conspiration folles.

Cette « impulsion religieuse » continue d’exercer une influence significative – c’est un phénomène significatif – chez de nombreux membres de la classe moyenne noire également, y compris chez ceux qui acquièrent une éducation plus « cosmopolite », même dans les universités plus « élitaires ».

Tout cela est encouragé et renforcé par la notion continuellement propagée que l’identité même des Noirs est en quelque sorte inextricablement liée à la religion et aux institutions religieuses, en particulier l’Église noire chrétienne (l’idée que cette religion et l’identité noire sont si étroitement et essentiellement tissées ensemble qu’elles ne peuvent être séparées) et que, sans la religion et l’Église noire, les Noirs ne pourraient pas survivre, ou prospérer, dans un États-Unis raciste. Mais, pour les masses populaires parmi les Noirs, « s’épanouir » dans ce système monstrueux est impossible– et la simple survie, tout en étant terriblement opprimées, tourmentées, torturées, brutalisées et assassinées de façon répétée par ce système, ne peut être, et n’est pas, le maximum que l’on puisse espérer ou atteindre.

Il est vrai que, si le christianisme en particulier a été imposé aux Noirs par le système esclavagiste, l’Église noire a parfois, et jusqu’à un certain point, joué un rôle positif dans la lutte des Noirs ; mais il est également vrai qu’elle a imposé des contraintes très précises à cette lutte, la canalisant et la confinant dans les limites de ce même système qui est la source de l’oppression et de la souffrance auxquelles les Noirs ont été soumis tout au long de l’histoire des États-Unis.

Une autre dimension de ce problème, en particulier avec le sapement et l’éviscération pure et simple des écoles publiques, notamment dans les quartiers défavorisés urbains, dans le domaine de l’athlétisme – l’une des très rares carrières aux quelles un certain nombre de Noirs des classes populaires peuvent atteindre la richesse et le prestige – est le fait que beaucoup de ces athlètes noirs passent maintenant par des écoles privées fondamentalistes chrétiennes pour leur « éducation » de base (en fait, leur mauvaise éducation). Et puis, même s’ils prennent position pour soutenir des luttes contre l’injustice, nombreux de ces athlètes utilisent également leur « plate-forme » pour promouvoir l’obscurantisme religieux avec lequel ils ont été endoctrinés – ce qui contribue à la situation où des masses influencées par ces personnalités sont vulnérables à toutes sortes de distorsions de la réalité.

Des célébrités noires influentes ont tenu des propos et pris des initiatives, tant dans le sport que dans les arts, qui reflètent et encouragent des modes de pensée anti-scientifiques, y compris la désinformation et le découragement des gens à se faire vacciner contre le COVID, alors que les Noirs (et d’autres personnes de couleur) meurent plus souvent que les autres du COVID, et que les vaccins se sont avérés sûrs et très efficaces contre les maladies graves et les décès dus au COVID. Cette diffusion de désinformation anti-scientifique est très nuisible, tant dans ses effets immédiats qu’en termes stratégiques.

Oui, il est vrai que, dans l’histoire des États-Unis, les Noirs ont été victimes d’expériences médicales horribles et qu’aujourd’hui encore, ils font l’objet de discriminations, et parfois d’un traitement peu attentif et même nuisible, dans le domaine des soins de santé. Et, oui, il est vrai que les Noirs ont été, et continuent d’être, soumis à une oppression vicieuse et souvent meurtrière de la part des autorités gouvernementales. Mais tout cela est certainement vrai aussi pour les Amérindiens. Pourtant, leur taux de vaccination contre le COVID est beaucoup plus élevé. Ce qu’ils ne semblent pas avoir parmi eux, du moins pas en tant que facteur significatif, c’est le phénomène des personnes éminentes et influentes qui diffusent une désinformation anti-scientifique sur les vaccins et découragent activement les gens de se faire vacciner.

En ce qui concerne les vaccins, et la lutte contre le COVID en général, comme pour tous les problèmes sociaux et leurs solutions, ce qu’il faudrait, c’est une approche scientifique fondée sur des preuves.

Outre le tort considérable qu’elle cause aux personnes les plus durement touchées par le COVID et aux efforts globaux visant à « maîtriser » cette pandémie de COVID, cette désinformation anti-scientifique et antivaccin a un autre effet très néfaste : elle fait directement le jeu des fascistes suprématistes blancs, qui n’ont pas tardé à s’en emparer, à en faire l’éloge et à la promouvoir. Comme je l’ai dit à ce sujet :

Quelle terrible situation où certains Noirs et autres opprimés peuvent en fait se retrouver du même côté que ces fascistes qui les considèrent comme des sous-hommes inférieurs et veulent leur refuser des droits fondamentaux, les enfermer définitivement ou carrément les exterminer !

Dans une large mesure, cette propagation de désinformations nuisibles, voire mortelles, est également l’expression d’un individualisme effréné– la notion selon laquelle « c’est mon droit, et une expression de ma liberté personnelle, de faire ce que je veux, et aucune autorité ne devrait être habilitée à restreindre cela ». Comme je l’ai également souligné :

C’est de la foutaise – mais de la foutaise nuisible ! La liberté individuelle n’est pas absolue – comme presque tout le monde en conviendra lorsqu’on lui posera la question en des termes qui ne se heurtent pas à son individualisme. Par exemple, peu de gens diront que quelqu’un devrait avoir la liberté de conduire à 160 km/h dans une zone scolaire lorsque des enfants traversent la rue. Et toute personne raisonnable conviendra qu’il n’est pas acceptable que des suprématistes blancs lynchent des Noirs – ou que la police assassine sans raison des Noirs – simplement parce qu’ils en ont envie – parce qu’ils le considèrent comme une expression de leur « liberté individuelle » (et de leur « choix personnel ») ….

Il serait impossible de vivre dans une société où la « liberté individuelle » (ou le « choix personnel ») serait absolue. La question qui se pose est la suivante : les expressions de la liberté individuelle, ou les restrictions de la liberté individuelle, sont-elles bonnes ou mauvaises –servent-elles à créer une société meilleure ou pire?

De la part d’au moins certaines de ces célébrités noires, cette propagation irresponsable d’absurdités antiscientifiques fait également partie de la promotion de soi – c’est une expression de la culture dominante dans son ensemble, où les opinions sont « rebaptisées » comme « ma vérité » et sont présentées comme étant les même la es (tout aussi bonnes, voire meilleures, que les faits), et où les gens cherchent à se faire des adeptes en émettant des opinions, beaucoup desquelles sont en contradiction totale avec la réalité.

Mais, encore une fois, l’influence de la religion, et surtout de la religion obscurantiste grossièrement antiscientifique, est également un facteur important dans ces positions néfastes prises par certaines célébrités noires influentes. En l’absence et surtout en opposition à une approche scientifique, les gens sont laissés à tâtons dans l’obscurité, incapables de déterminer ce que représentent réellement les différentes forces et où les différents chemins vont mener. Toute rébellion dans ces circonstances est une rébellion aveugle, croyant que vous vous battez contre les choses qui vous oppriment (et d’autres comme vous), alors qu’en réalité vous faites le jeu des oppresseurs les plus vicieux et renforcez en fin de compte tout le système d’oppression.

L’obscurantisme religieux qui est beaucoup trop répandu parmi les masses populaires est une autre chaîne d’oppression sur elles, contre laquelle il faut lutter vigoureusement et résolument.

Et, bien qu’il soit nécessaire de reconnaître qu’il y a de nombreuses personnes religieuses qui jouent un rôle positif dans la lutte contre de nombreuses injustices et formes d’oppression, et qu’il est important de s’unir à elles dans cette lutte, il est également important de lutter contre la vision religieuse en général. Pourquoi ? Parce que pour mettre fin à l’injustice et à l’oppression, et pour déraciner les fondements de tout cela, il faudra une révolution menée par une force puissante et croissante de gens qui se basent sur une méthode et approche scientifique, en particulier la méthode et approche scientifique du nouveau communisme.

Ce qui est dit dans le livre BAsics, from the talks and writings of Bob Avakian [BAsics, tiré des discours et des écrits de Bob Avakian], est une vérité fondamentale – et il est nécessaire de faire passer cette vérité sans ménagement : « Les opprimés qui ne peuvent ou ne veulent pas se confronter à la réalité telle qu’elle est réellement, sont condamnés à rester asservis et opprimés ». (Il s’agit de BAsics4:1.) Et la perspective et l’approche religieuse – avec sa croyance déplacée dans le rôle finalement décisif d’êtres et de forces surnaturels inexistants–constitue un obstacle à l’application d’une méthode constamment scientifique pour affronter la réalité telle qu’elle est réellement, et la transformer de manière émancipatrice.

Pour l’exprimer de manière délibérément provocatrice : il est temps de lâcher ces « histoires de dieu »– qui ne conduiront jamais personne à se libérer. Nous avons besoin de beaucoup moins de cette « parlotte sur dieu » et de beaucoup plus de discussion, et d’action, pour la révolution –une véritable révolution.

Certains n’apprécieront peut-être pas que je dise tout cela, mais je vais le dire quand même, parce que je ne suis pas ici pour faire plaisir aux gens, ou pour qu’ils se sentent mieux dans leur position asservie ou rabaissée– je suis ici pour leur apporter une méthode et approche scientifique pour faire la révolution, afin de se libérer et de libérer toute l’humanité, et je suis ici pour leur dire la vérité sur tout ce qui fait obstacle à cela.

Et l’une des principales raisons pour lesquelles je dis ce que je dis, que cela plaise ou non à certains, c’est parce que les Noirs, qui sont depuis si longtemps soumis à la plus atroce oppression de ce système, peuvent et doivent jouer un rôle décisif et extrêmement puissant dans la réalisation de la révolution qui mettra non seulement fin à leur oppression, mais portera un coup puissant à la fin de toute oppression, de tout le monde, partout. Comme je l’ai dit auparavant :

Il existe un potentiel pour que quelque chose d’une beauté sans précédent surgisse d’une laideur indescriptible : les Noirs jouant un rôle crucial pour mettre fin, enfin, à ce système qui, pendant si longtemps, ne les a pas seulement exploités, mais déshumanisés, terrorisés et tourmentés de mille façons. Mettre fin à cela de la seule façon possible – en luttant pour émanciper l’humanité, pour en finir avec la longue nuit pendant laquelle la société humaine a été divisée en maîtres et esclaves, et les masses ont été fouettées, battues, violées, massacrées, enchaînées et enveloppées dans l’ignorance et la misère.

Mais cela ne peut se produire que si un nombre croissant de Noirs, avec d’autres, adoptent un point de vue, une méthode et approche scientifiques et non religieux.

Alors, suis-je en train de dire qu’il n’y a pas de place dans cette révolution pour les personnes qui continuent à avoir des croyances religieuses ? Non. C’est un fait objectif à comprendre, que de nombreux gens qui participent à cette révolution auront encore des croyances religieuses, d’une sorte ou d’une autre – et bien sûr, les personnes religieuses qui veulent faire partie de cette révolution devraient être accueillies dans les rangs de la révolution. L’abandon de la croyance religieuse par les masses doit être un acte conscient et volontaire, qui progressera au rythme du développement global du processus révolutionnaire et de la transformation de la société, et du monde, vers l’objectif de mettre fin à toute oppression et exploitation, à toute division de la société en maîtres et esclaves. Mais, encore une fois, il faudra une force dirigeante, et une force croissante de la révolution qui constitue un noyau solide/un noyau dur basé sur un point de vue, une méthode et une approche scientifiques et non religieux, et il faudra une lutte à l’esprit généreux mais constante, déterminée, convaincante, menée à grande échelle – posant clairement la nécessité pour les gens d’adopter le point de vue, la méthode et l’approche scientifiques du nouveau communisme, en opposition à tout ce qui y fait obstacle, y compris la croyance en des dieux ou d’autres forces surnaturelles qui en réalité n’existent pas, et la tradition religieuse qui maintient des relations d’oppression.

Voici une autre vérité profonde : même avec toutes les façons dont les lourdes chaînes de centaines, voire de milliers d’années de tradition oppressive pèsent sur les masses – et font porter un lourd fardeau en particulier sur la moitié féminine de l’humanité – il existe un profond désir d’être libéré de tout cela, ce qui non seulement conduit à des espoirs imaginaires de salut surnaturel, mais qui éclate aussi en furie incontrôlée dans ce monde réel. Et il est nécessaire de convoquer cette furie dans toute son ampleur, de lui donner une expression scientifique, révolutionnaire – orientée vers l’émancipation de tous les opprimés et exploités du monde, et finalement de toute l’humanité –dirigée vers la lutte contre la source fondamentale de toute la souffrance : ce système de capitalisme-impérialisme, avec sa suprématie masculine patriarcale étouffante et brutale, ainsi que tous ses autres affronts. Cela prend un sens encore plus puissant et une importance plus urgente dans la situation actuelle des États-Unis (et d’autres pays), où l’affirmation avec force de la misogynie brute (haine des femmes) et de l’asservissement patriarcal des femmes devient plus flagrante et débridée, et se concentre à un degré important maintenant dans l’escalade des manœuvres visant à refuser encore plus aux femmes le contrôle de leur propre vie et de leur corps avec des attaques croissantes contre le droit à l’avortement et même le contrôle des naissances. À l’heure actuelle, il faudra reprendre ce slogan et appel à grande échelle et en faire une force matérielle puissante : Brisez les chaînes, déclenchez la furie des femmes comme une force puissante pour la révolution !

En relation avec tout cela, mes observations datant d’il y a plusieurs années, ont non seulement une grande importance en général et à tout moment, mais sont particulièrement importantes maintenant :

Les fondamentalistes religieux, de toutes sortes, mettent un point d’honneur à recruter dans les prisons, et ils viennent avec un lourd message idéologique…. Il n’est pas du tout vrai que les gens ne peuvent « perdre leur religion » qu’en la remplaçant par une autre religion sous une forme ou une autre. Mais il faudra une autre explication du monde et de l’existence, et pourquoi il en est ainsi, et comment il pourrait être différent…. Si vous voulez sortir les gens de la merde, pas seulement de celle qui les conduit en prison, mais de la merde quotidienne dans laquelle ils se sont empêtrés, dans la société, il vous faut une idéologie très forte à leur apporter…. [E]lle doit être cohérente et systématique. Elle doit expliquer le monde – et dans notre cas, nous pouvons l’expliquer de manière scientifique. C’est un avantage du communisme par rapport à la religion, même si la religion a certains avantages à court terme…. Mais nous avons l’avantage de pouvoir rendre compréhensible la réalité pour les gens. C’est une chose très puissante.

Nous ne devrions pas sous-estimer l’importance, non seulement avec les prisonniers mais en général, d’un travail idéologique conséquent pour permettre aux gens de voir le monde d’une manière totalement différente – tel qu’il est réellement. Prendre les pièces de ce puzzle qui sont toutes mal disposées et ne s’emboitent pas– c’est comme regarder à travers un kaléidoscope bizarre la façon dont la plupart des gens voient la réalité. Et ensuite, elle est mal interprétée par toutes ces idéologies et programmes bourgeois et réactionnaires, y compris diverses perspectives religieuses. Mais l’idéologie communiste et son application au monde est une façon de prendre la réalité et de la rendre compréhensible pour les gens.

En même temps, pour gagner les masses populaires, et en particulier les jeunes, à la révolution il est nécessaire de faire de nouvelles percées critiques dans ce que j’ai appelé la « question George Jackson »– le problème posé avec acuité par George Jackson, un prisonnier qui est devenu un révolutionnaire militant associé au Black Panther Party pendant le soulèvement des années 1960, et qui s’est attaqué profondément à la question de la possibilité révolutionnaire, avant d’être assassiné par les autorités. Pour un esclave qui ne s’attend pas à vivre au-delà du lendemain, disait Jackson, l’idée d’un changement progressif et d’une révolution dans un futur lointain n’a aucun sens et ne présente aucun intérêt.

Cela prend une signification particulière et spéciale à un moment rare comme celui-ci – un moment où la révolution pourrait réellement être possible, exactement non pas dans un vague futur lointain, mais dans le tourbillon des événements et des conflits qui s’intensifient en ce moment même.

Ici, encore une fois, se pose la question décisive de savoir dans quelle mesure les forces organisées de la révolution se construisent et ont un impact sur tout cela pour aller vers la révolution dont on a besoin si urgemment.

Pour attirer les masses, et en particulier la jeunesse populaire, la révolution doit devenir une force grandissante, organisée, disciplinée, audacieuse et intrépide qui, par sa méthode scientifiquement fondée, sa vision de grande envergure, son programme et ses objectifs émancipateurs, et ses actions, constituera un pôle de plus en plus puissant qui va attirer ces jeunes – et des combattants pour la révolution de toutes les parties de la société.

Il y a beaucoup à faire, et de manière urgente, ce qui exige une réelle audace et du cœur, en travaillant pour cette révolution : répandre puissamment le message à propos de cette révolution, mettre les gens au défi de prendre part à cette révolution, les recruter et les organiser dans cette révolution –contrer et dépasser toutes les conneries dans lesquelles les gens sont empêtrés qui vont à l’encontre de leurs propres intérêts réels– faire le travail qu’il faudra faire pour transformer la pensée des gens, et leurs actions –résister aux forces qui oppriment le peuple, mener la lutte qu’il faudra menée contre les atrocités de ce système – faire tout cela pour se préparer, et pour avoir la base, pour mener la lutte totale pour finalement renverser ce système, dès que les conditions nécessaires pour cela auront été créés.

Et, à mesure que la révolution se développe de cette manière : il y a beaucoup de choses à faire, et de manière urgente, ce qui demande une réelle audace et du cœur, pour tenir tête aux fascistes, et à toute autre force oppressive, dans leurs tentatives de menacer et d’intimider, de brutaliser et même d’assassiner des gens. Soyons clairs que je n’appelle pas à lancer des attaques non provoquées et injustifiées contre qui que ce soit ; mais il y a un droit, un besoin et il y a la responsabilité de prendre la défense des gens qui sont opprimés et brutalisés par ce système, et ceux qui représentent et défendent ce qui est juste, et qui sont attaqués à cause de cela.

Dans les six points d’attention pour la révolution – qui sont des principes de base sur lesquels les Clubs de la révolution, une forme clé d’organisation pour cette révolution, se fondent et pour lesquels ils se battent – le dernier point est le suivant :

Nous travaillons pour un véritable renversement de ce système et une bien meilleure façon de dépasser les conflits destructeurs et vicieux actuels entre les gens. Parce que nous sommes sérieux, à ce stade, nous ne cherchons pas à initier la violence et nous nous opposons à toute violence contre le peuple et au sein du peuple.

Oui, c’est quelque chose de très sérieux : aller vers un renversement réel de ce système et une bien meilleure voie. Et, oui, une grande partie de cela consiste à surmonter la façon dont les gens qui sont déjà malmenés, à bien des égards, par ce système, se laissent entraîner dans une autre façon encore dont ce système les malmène : en se battant et en s’entretuant. Il faudra que cela cesse.

Mais cela ne devra pas seulement cesser. Il faudra que les gens qui se sont laissé entraîner dans tout ça fassent partie de quelque chose de vraiment positif – il faudra qu’ils fassent partie des forces de la révolution dont le besoin est si urgent aujourd’hui.

La frustration et la colère que tant de gens ressentent, en particulier tant de jeunes, parce qu’ils sentent que la vie dans ce système n’a rien de bon pour eux – que, dès leur naissance, ils sont enfermés et entourés par des forces qui les regardent et les traitent comme des objets étrangers de peur et de haine – et que ceux qui ont le pouvoir les considèrent comme de la racaille qui ne méritent rien de plus qu’un coup de pied au cul et une balle dans la tête–il faudra réorienter cette frustration et cette colère vers la lutte contre le système qui les traite de cette façon, et qui les a privés, ainsi que tant d’autres comme eux dans le monde, d’une vie décente et d’un avenir décent, ou d’un avenir tout court.

Une fois de plus, il y a plein de choses qui demandent, de toute urgence, beaucoup de courage et d’audace pour faire ce qui est nécessaire : se joindre à ceux qui se soulèvent contre ce système et qui se préparent à aller jusqu’au bout de la révolution dès que le moment sera venu – et, comme une partie importante de cela, soutenir et défendre les personnes qui sont constamment soumises à des attaques injustes contre leurs droits et leur être même.

Il y a des attaques continues contre les gens et les mouvements qui se rebellent contre l’oppression raciste.

Il y a des menaces et des attaques physiques contre les responsables et le personnel de soins de santé, les fonctionnaires du gouvernement local (et leurs familles !), ainsi que les employés des magasins, etc., lorsqu’ils préconisent et mettent en œuvre des mesures de sauvegarde indispensables, telles que les masques et les mandats de vaccination pour faire face à la pandémie de COVID qui se poursuit. Il y a des attaques contre des membres des conseils scolaires non seulement pour avoir adopté ces mesures sanitaires de base, mais aussi pour des choses comme approuver l’enseignement d’une certaine vérité sur la suprématie blanche qui a toujours existé aux États-Unis, ou autoriser les droits des personnes trans.

Il y a les menaces, le harcèlement et les agressions contre les femmes qui cherchent à avorter, et contre les cliniques et le personnel médical qui travaillent pour pratiquer ces avortements, ainsi que l’offensive croissante contre le droit à l’avortement par le Parti républicain-fasciste, et par ceux qu’il a placés dans les tribunaux.

Les personnes LGBT font l’objet d’attaques brutales et souvent meurtrières.

Il y a des manœuvres continues, y compris avec la menace ou l’utilisation de la violence, pour empêcher une fois de plus les Noirs et d’autres personnes opprimées d’exercer ce qui est censé être des droits fondamentaux, comme le droit de vote. (Avec une méthode et approche scientifique, il est à la fois possible et important de s’opposer activement aux tentatives visant à priver les gens du droit de vote, et en même temps de leur faire comprendre qu’il faudra travailler, non pas dans le sens de voter pour les représentants de ce système qui les opprime, mais dans le sens de jeter les bases pour renverser ce système entier).

Une forte opposition à toutes ces attaques contre les gens et leurs droits est essentiel, ainsi qu’une protection et une défense active des gens qui sont du bon côté de cela, là où ils subissent des menaces et même des agressions physiques directes.

Il est nécessaire d’empêcher la police de brutaliser et d’assassiner froidement les gens. Souvenons-nous de ce qu’ont dit certaines personnes qui ont assisté, et même enregistré, l’exécution vicieuse au ralenti de George Floyd : elles se sont inquiétées de savoir si elles auraient dû faire plus, si elles auraient dû agir pour empêcher cet assassinat flagrant d’un homme noir sans défense. Maintenant, encore une fois, ce que je souligne est conforme au point 6 des six Points d’attention pour la révolution – et, dans ce que je dis ici, je n’appelle pas à lancer une attaque contre qui que ce soit. Mais il n’y a aucun droit pour quiconque, y compris la police, de simplement assassiner quelqu’un – et il y a un droit et une responsabilité de défendre et de protéger les gens contre les atteintes injustes à leurs droits, et à leur vie même.

Imaginez si, dans ces différents types de situations, il y avait une force de révolutionnaires solides, y compris des jeunes de milieux populaires, dont la présence dans une formation disciplinée et organisée signalait clairement qu’aucune attaque injuste contre les gens ne serait tolérée. Mais cela ne doit pas seulement être imaginé – cela doit être développé comme une partie importante du processus global de préparer et d’accumuler des forces organisées pour la révolution.

Il faudra s’y atteler de manière sérieuse et scientifique, sans essayer, à un moment donné, de faire ce qu’il n’y a pas encore de base pour le faire, mais en travaillant activement à créer les conditions dans lesquelles ce qui n’était pas possible auparavant devient possible, à mesure que les rangs organisés de la révolution continuent de grandir et se consolident en tant que force disciplinée. Cette approche pourra permettre de plus en plus d’effet dynamique – ayant une« résonance » et un impact bien au-delà de la situation immédiate, attirant plus de gens à cette révolution… qui, à son tour, permettra d’avoir un impact encore plus important… et d’attirer des forces encore plus grandes.

Tout ceci est une partie importante de l’approche globale que j’ai exposée au cours de cette présentation, qui permettra aux petites forces organisées de cette révolution aujourd’hui de continuer à croître – de plus en plus à pas de géants – en nombre, en force organisée et en impact sur la société dans son ensemble. C’est ce à quoi un nombre toujours plus grand de personnes devront être mises au défi et en capacité de prendre part.

Cela soulève une autre dimension importante du travail pour la révolution – et de l’opposition aux fascistes dans le cadre de cela : il est nécessaire de dénoncer et de s’opposer vivement– et de se battre pour surmonter politiquement et pratiquement – la réalité selon laquelle, pour les suprématistes blancs et les fascistes en général, le deuxième amendement, le « droit de porter des armes », a été régulièrement confirmé et soutenu par la loi et les tribunaux, ainsi que par la police et d’autres institutions de l’État ; tandis que pour les Noirs, les autres personnes opprimées, et en général ceux qui s’opposent à l’oppression et à l’injustice de ce système, le « droit de porter des armes », même en cas de légitime défense, a été activement opposé et supprimé.

Cela apparaît clairement dans le livre de Carol Anderson consacré au deuxième amendement –The Second: Race and Guns in a Fatally Unequal America [Le deuxième : Race et armes dans une Amérique fatalement inégale]. Ce livre contient (encore plus !) de révélations saisissantes de la violence dépravée exercée sur les Noirs tout au long de l’histoire des États-Unis, et montre comment le « droit de porter des armes » ne s’est jamais appliqué aux Noirs, mais plutôt le « droit de tuer » les Noirs, de la part du pouvoir en place et des Blancs racistes en général. On ne peut pas permettre que cela continue !

Et ce n’est pas seulement autour de ce qui est représenté par le « deuxième amendement » qu’il faut mener un combat déterminé, mais autour des multiples façons dont l’approche des droits qui sont censés être garantis aux gens est appliquée de manière très inégale, de sorte que les gens opprimés, et ceux qui agissent contre les relations oppressives de ce système, voient constamment leurs droits attaqués, « abrégés », ou carrément niés et supprimés. En menant cette lutte, il est important de reconnaître et, dans la mesure du possible, de tirer avantage de cette contradiction : en réalité, sous ce système de capitalisme-impérialisme, les droits et les libertés sont déterminés et limités en fonction de ce qui sert les intérêts de ce système et de sa classe dirigeante ; mais on nous dit constamment que, sous ce système, il y a « liberté et justice pour tous », et les dirigeants de ce système, ou du moins certains d’entre eux, estiment qu’il est important d’entretenir ce mythe. Encore une fois, dans la mesure du possible, il faudrait tirer parti de cette contradiction pour lutter contre les tentatives des responsables de ce système de violer des droits censés être fondamentaux, lors de leurs efforts pour réprimer les gens qui se soulèvent contre ce système et sa profonde injustice.

Mais, plus fondamentalement, cette lutte doit être menée avec une pleine conscience, une compréhension scientifiquement fondée, de la nature essentielle de ce système, avec l’orientation et l’objectif de travailler au renversement du système et au démantèlement de ses rapports et institutions d’exploitation vicieuse et d’oppression et de répression sanglantes.

Encore une fois, pour que tout cela devienne une réalité, au fur et à mesure que cette révolution se propage à un nombre croissant de jeunes de milieux populaires, et à d’autres, et qu’ils sont mis au défi d’y adhérer, il faudra lutter avec eux, vigoureusement, pour qu’ils se débarrassent des façons de penser et d’agir qui maintiennent ce système en place. Les gens ont besoin de se remettre les idées en place, de sortir la tête de leur cul, et d’adopter la méthode et approche scientifique du nouveau communisme pour comprendre la réalité, et transformer la réalité de manière fondamentale, par la révolution. Cela signifie ne pas se contenter de s’occuper de soi-même ou de ceux auxquels on peut s’identifier de manière étroite (quels qu’ils soient), mais de devenir des révolutionnaires au sens le plus large du terme –des communistes révolutionnaires, des émancipateurs de toute l’humanité–se joindre aux forces organisées et disciplinées pour cette révolution, et rien de moins.

Comme nous le disons, à « toutes les personnes qui ont le cœur de se battre pour quelque chose qui en vaut vraiment la peine : Vous devrez faire partie de cette révolution ».

Ainsi, sur la base de tout ce qui a été dit jusqu’à présent, et en allant vers la conclusion de ce discours, il est utile de revenir, de revoir et de développer brièvement certains aspects clés de ces grandes questions : pourquoi s’agit-il de l’un de ces rares moments et circonstances où la révolution devient possible, même dans un pays aussi puissant que les États-Unis, et comment tirer parti de cette rare opportunité pour faire réellement cette révolution.

* Il y a le conflit qui s’exacerbe au sommet, et à travers le pays, et la société et les « normes en vigueur » de ce système se déchirent, notamment sous l’effet de l’offensive incessante des forces fascistes. Oui, comme la « Déclaration et appel » l’indique clairement, il y a beaucoup de mauvaises choses liées à cela, et cela pourrait conduire à quelque chose de vraiment terrible ; mais, si les forces révolutionnaires organisées et croissantes s’en emparent et y travaillent correctement, guidées par la méthode et approche scientifique du nouveau communisme, il est également possible que nous puissions en arracher quelque chose de vraiment positif –la révolution, pour mettre fin à ce système et créer quelque chose de bien meilleur.

* Faire naître un peuple révolutionnaire par millions – avec une force organisée de milliers de personnes au cœur, dirigeant ces millions – est l’objectif clé et le point focal nécessaire du travail révolutionnaire maintenant, pour se préparer à une révolution totale, avec une vraie chance de gagner, dès que les conditions pour cela auront été créées.

Et voici une autre exigence très importante dans tout cela. Pour qu’il y ait la force nécessaire de milliers de gens, capables de diriger des millions – et plus particulièrement pour vaincre la répression vicieuse qui s’abattrait inévitablement sur une force révolutionnaire en plein développement, y compris la capacité de remplacer les dirigeants qui sont tués ou emprisonnés par la force répressive du pouvoir d’État existant :

Il est d’une importance stratégique de développer un grand noyau de dirigeants expérimentés et testés – pas seulement des « dizaines » mais au moins des centaines de ces dirigeants, à tous les niveaux– fermement ancrés dans la ligne, surtout la méthode et approche scientifique du [nouveau communisme], et capables, sur cette base, de prendre l’initiative de diriger, y compris dans les situations d’aggravation des contradictions et d’intensification de la répression et même des tentatives de répression violente de la part du pouvoir en place, tout au long du processus de faire avancer les « trois préparatifs » [préparation du terrain, préparation du peuple, préparation de la direction d’avant-garde pour la révolution] ; et ensuite, lorsque les conditions sont réunies, ce noyau de dirigeants testés doit être capable de donner une direction à des milliers, et à leur tour à des millions de gens, pour lutter à fond, de manière unifiée, pour la prise du pouvoir. Le développement ou non d’un tel groupe de dirigeants – des centaines, au moins – aura une influence considérable sur la question de savoir si tout le travail que nous faisons maintenant prépare réellement a révolution ou non, et s’il y aurait une vraie chance de gagner le moment venu.

(C’est un point crucial que j’ai souligné dans le livre The New Communism, partie IV, « The Leadership We Need »).

Ce développement de centaines de tels leaders doit être réalisé dans le creuset d’une lutte intense dans la période tumultueuse qui nous attend, comme une partie cruciale de faire émerger des milliers de gens pour diriger des millions. Et, alors que le travail de construction de la révolution se développe, ces centaines, ainsi que les milliers qu’ils dirigent, doivent être forgés en une force d’avant-garde disciplinée, capable de diriger le processus révolutionnaire global de préparation et ensuite, lorsque le moment est venu, de mener la lutte totale pour la prise du pouvoir.

* La transformation du peuple est décisive pour qu’il y ait un aboutissement positif de tout cela – et la transformation du mode de pensée des masses est cruciale, est primordial, pour y parvenir.

* En même temps, il est vraiment important de lutter contre le pouvoir, de construire une résistance puissante et massive aux atrocités continues de ce système, et de défendre activement et de s’opposer aux tentatives d’intimidation et d’attaque contre–ceux qui sont ciblés par les responsables « officiels » de ce système oppressif et les forces fascistes « civiles ».

* La clé, la chose la plus décisive : tout cela doit être pour la révolution–tout cela doit être réalisé pour construire et se mettre en position d’avoir une vraie chance de gagner, une lutte totale pour la révolution, dès que les conditions pour cela auront été réunies.

Encore une fois : Tout dépend de l’émergence d’un peuple révolutionnaire, issu des plus grands opprimés et de toutes les parties de la société, d’abord par milliers, puis par millions, en tant que force révolutionnaire puissante, organisée dès le départ et s’inscrivant toujours dans une perspective nationale, ayant un impact sur toute la société et changeant la manière dont les masses voient les choses et dont chaque institution doit réagir. Tout doit être concentré maintenant pour faire réellement émerger cette force et l’organiser.

Et ensuite, une fois que cette force révolutionnaire aura vu le jour, tout sera axé sur la manière de se battre pour gagner.

À ce moment-là, il faudrait mobiliser et employer cette force de millions de gens de manière à montrer clairement qu’elle vise un changement complet et révolutionnaire – qu’elle ne reculera pas devant cet objectif et n’acceptera rien de moins. De cette façon, elle constituerait un puissant pôle qui attirerait et activerait un nombre encore plus grand de gens de toutes les parties de la société – et elle poserait un défi certain et serait un appel aux gens partout dans la société, y compris dans toutes les institutions existantes de ce système, à passer du côté de cette révolution.

Et, à travers le tourbillon de ce processus intense, il faudrait effectuer un travail concret pour organiser, former et préparer les forces de combat initiales pour la révolution, tout en combattant activement, vigoureusement et en défaisant les tentatives de suppression violente.

Là encore, il s’agit d’une chose cruciale à comprendre, qui est la marque d’une approche sérieuse et scientifique de la lutte pour gagner, le moment venu : peu importe à quel point la situation de la société dans son ensemble est changée, et peu importe à quel point même les institutions les plus puissantes de répression violente de ce système sont affectées par cela, très probablement provocant de scissions majeures parmi elles, la révolution sera encore confrontée à de puissantes forces armées de la contre-révolution, en provenance de certaines parties des institutions officielles, ainsi qu’aux « forces civiles » fascistes alignées avec elles. Et il serait extrêmement improbable, surtout dans la phase initiale, que les forces de combat révolutionnaires soient en mesure d’affronter et de vaincre ces forces armées de la contre-révolution en s’en prenant directement et frontalement à tout ce qui s’approche de leur pleine puissance. C’est pourquoi, dans la doctrine et l’orientation stratégique qui ont été développées pour permettre aux forces révolutionnaires de combattre pour gagner, le moment venu, il est souligné que :

Il faudrait que les forces révolutionnaires se battent uniquement dans des conditions favorables et évitent les affrontements décisifs, qui détermineraient le dénouement de l’ensemble, jusqu’à ce que l’équilibre des forces ait basculé de façon accablante en faveur de la révolution.

Cette doctrine et cette orientation stratégique sont abordées de manière assez approfondie et expliquées plus en détail dans mon discours Why We Need An Actual Revolution And How We Could Really Make Revolution [Pourquoi nous avons besoin d’une véritable révolution et comment nous pourrions vraiment faire la révolution], avec des réflexions supplémentaires fournies dans mon article A Real Revolution –A Real Chance To Win, Further Developing the Strategy for Revolution [Une vraie révolution – une vraie chance de gagner, un approfondissement de la stratégie pour la révolution], tous les deux disponibles en anglais et espagnol sur le site revcom.us. Cela établit le travail préparatoire de base qui permettra, lorsque les conditions nécessaires ont été réunies, une force révolutionnaire, mobilisant des masses, d’aborder réellement le renversement de ce système de manière à neutraliser efficacement et par la suite surmonter ce qui serait presque certainement, au départ, la puissance écrasante des forces armées cherchant à vaincre et à pulvériser cette tentative de prise de pouvoir révolutionnaire. Le discours indique comment, lorsque la situation révolutionnaire aura mûri, des forces de combat révolutionnaires, dont la colonne vertébrale sera composée en particulier des jeunes qui ont été gagnés fermement à cette révolution, pourraient être organisées et entraînées, et équipées avec des moyens d’engager et de vaincre les forces de la contre-révolution dans des affrontements, en commençant à petite échelle, ce qui serait favorable aux forces révolutionnaires – et comment, sur cette base et au cours de ce processus, elles pourraient se renforcer et gagner un nombre croissant de personnes parmi celles qui avaient fait partie des forces contre-révolutionnaires, puis finalement vaincre les forces restantes de la contre-révolution.

En même temps, le développement de cette doctrine de base et de cette approche stratégique est un processus continu. Et tout au long de cette période de préparation du terrain, de préparation des masses et de préparation des forces dirigeantes pour cette révolution, cette doctrine de base et cette approche stratégique pour la lutte totale doivent être continuellement développées et rendues plus « opérationnelles » dans leur conception – c’est-à-dire qu’elles doivent être davantage élaborées et concrétisées, en particulier par rapport à ce qui constituera les voies réelles de la victoire– et, découlant de cela et en service de cela, ce qui devrait être la nature spécifique et les caractéristiques des affrontements avec l’autre côté, en particulier dans les phases initiales, et (autant que possible)en général.

Comme nous l’avons dit plus haut, un facteur important à cet égard est la possibilité réelle d’une guerre civile entre des parties opposées de la société, et l’impact que cela pourrait avoir sur les institutions clés du pouvoir d’État de ce système. Si une telle guerre civile devait éclater – ou même si les divisions croissantes de la société se dirigeaient plus directement vers une telle guerre civile – cela pourrait avoir un effet profond sur ces institutions, avec la perspective réelle de scissions entre elles, et même d’un éclatement de ces institutions, où certaines parties se rangent du côté des fascistes et d’autres du côté opposé aux fascistes.

Cette possibilité est une chose que la doctrine de base et l’approche stratégique des forces révolutionnaires de combat devraient prendre en compte et englober. Mais, pour que les forces révolutionnaires gagnent, et incorporent dans leurs rangs, un nombre considérable de membres des institutions dirigeantes et répressives de ce système, et pour le faire d’une manière qui maintiendrait réellement le caractère émancipateur des forces révolutionnaires, et les renforcerait sur cette base, il serait nécessaire que les rangs révolutionnaires soient « trempés et endurcis », non seulement en termes de capacité de combat mais en termes d’orientation idéologique et politique fondamentale, en tant que combattants pour l’émancipation de l’humanité.

Ici encore, on revient au point très important :

Nous ne sommes plus à l’époque de la guerre civile des années 1860, où l’objectif de ceux qui luttaient contre l’injustice était d’abolir l’esclavage…. L’objectif actuel doit précisément être de se débarrasser du ce système entier de capitalisme-impérialisme.… qui a engendré ces fascistes, ainsi que toutes les autres horreurs qu’il ne cesse de perpétrer, aux États-Unis et dans le monde entier.

Ainsi, dans l’éventualité et dans le contexte d’une nouvelle guerre civile, l’approche des forces révolutionnaires, dirigées par le nouveau communisme, consisterait à effectuer le travail politique nécessaire, en combinaison avec le combat concret, pour transformer une telle guerre civile en une révolution afin d’atteindre l’objectif de se débarrasser de tout ce système et de le remplacer par un système radicalement différent et émancipateur fondé sur la Constitution(Constitution for the New Socialist Republic in North America).

Par-dessus tout, en ce moment même, cela souligne encore plus l’importance cruciale de travailler activement, audacieusement et sans relâche à la repolarisation politique nécessaire de la société dans son ensemble, et parmi tous les secteurs de la société, dans une direction favorable à la révolution jusqu’au bout.

Dans cette même optique, il est également nécessaire de prendre en compte la manière dont une révolution aux États-Unis aurait d’importantes dimensions et interconnexions internationales. Tout d’abord, cette révolution ne serait évidemment pas limitée au territoire et aux frontières actuels des États-Unis, qui ont été forgés par des guerres de conquête et de génocide. Cette révolution sera inévitablement influencée par, et influencera à son tour de manière considérable, ce qui se passe dans les pays au sud (et au nord), avec lesquels les États-Unis a historiquement été étroitement interconnecté, et que dans de nombreux cas il a dominé et pillé.

Et plus généralement, il y aura des manières dont cette révolution sera perçue, et à laquelle répondront différentes forces, bien au-delà des frontières actuelles des États-Unis. Une lutte sérieuse pour la révolution dans ce pays–aux États-Unis– aurait l’effet d’un puissant tremblement de terre politique, envoyant des ondes sismiques à travers le monde. Il est vrai qu’une des réactions à cela serait que les forces et gouvernements oppressifs à travers le monde la verraient comme une menace sérieuse à leur position et à leurs objectifs, et il y a une vraie possibilité que certaines de ces forces se mobilisent pour aider, ou se joindre, aux tentatives d’écraser une telle révolution. En même temps, une telle révolution réveillerait en sursaut littéralement des milliards de gens partout et leur enverrait un puissant choc positif, brisant le sentiment qu’aucune alternative à ce monde terrible n’est possible. Globalement, elle contribuerait presque certainement, de manière très significative, à une repolarisation à l’échelle mondiale.

Il serait nécessaire que les forces dirigeantes de cette révolution prennent tout cela en compte, comme une partie importante de son orientation stratégique et de ses objectifs.

Dans tout cela, et dans tout ce dont j’ai parlé au cours de cette présentation, ce principe fondamental ressort : la révolution est une affaire très sérieuse, et elle doit être abordée avec sérieux et d’une manière constamment scientifique.

En conclusion : toutes celles et tous ceux qui veulent vraiment voir le monde changer, d’une manière profondément positive et émancipatrice, et toutes celles et tous ceux qui se demandent si cela est réellement possible, ou qui souhaitent que cela le soit, devraient s’engager sérieusement dans ce qui a été dit ici, adopter l’orientation, la méthode et approche révolutionnaire scientifique du nouveau communisme ; faire partie des forces organisées pour cette révolution, et travailler sans relâche à les développer, dont l’objectif n’est rien de moins que l’émancipation de tous les opprimés, partout, et finalement de toute l’humanité, des horreurs de ce système et de toutes les façons dont les gens sont exploités, opprimés, rabaissés et traités comme moins qu’humains.

Pour revenir à cette vérité cruciale et urgente :

C’est l’un de ces rares moments et circonstances où la révolution devient possible, non seulement parce que ce système est toujours une horreur, mais aussi parce que la crise et les profondes divisions de la société ne peuvent être résolues que par des moyens radicaux, d’une sorte ou d’une autre – soit des moyens radicalement réactionnaires, meurtriers, oppressifs et destructeurs, soit des moyens révolutionnaires radicalement émancipateurs.

Il y a un grand défi à relever, et une énorme quantité de travail et de lutte à mener, avec une détermination et une audace scientifiquement fondées, afin de rendre possible la résolution révolutionnaire émancipatrice.

Il n’y a aucune garantie d’atteindre tout cela, mais il y a une possibilité bien réelle. Et ce que nous faisons – ce que font tous ceux qui veulent voir un monde et un avenir dignes d’être vécus, où les êtres humains partout peuvent vraiment s’épanouir dans la plénitude de leur humanité – ce que nous faisons tous peut faire une énorme différence dans ce que sera le résultat de tout cela.

Il y a la possibilité, il y a le défi.

Osez faire partie des forces de cette révolution historique. Osez travailler résolument pour en faire une réalité. Osez lutter, osez gagner.

———-  

Écoutez ce discours de Bob Avakian en anglais:

https://soundcloud.com/tuneintorevcom/something-terrible-or-something-truly-emancipating?utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing

(Traduction retravaillée– un grand merci à tous ceux qui ont contribué à l’amélioration du projet de texte !)

Regardez l’émission Revolution Nothing Less tous les vendredis (horaire Europe) sur Youtube (The Revcoms)

À la Une

Etats-Unis : Le renversement de Roe v. Wade est ILLÉGITIME ! Nous avons besoin de résistance et de révolution !

le 24 juin 2022

La plus haute cour du pays le plus puissant – et le plus vicieux – du monde a statué que les états peuvent forcer les femmes à porter des enfants contre leur volonté.

Même si on vous a dit de vous attendre à cette décision et de l’accepter, quand elle est tombée rien ne vous prépare à la douleur. Choc, cynisme, colère, tristesse, indignation, fureur… Et si vous ne saviez pas que cela allait arriver, le choc est d’autant plus grand.

Encore une fois : La plus haute cour du pays a essentiellement dépouillé les femmes de leur statut légal d’êtres humains à part entière. Ces dictateurs religieux ont fait un bond en avant dans l’imposition de leur vision lunatique d’un Etats-Unis chrétien-fasciste. La maternité forcée réduit les femmes en esclavage !

Pouvons-nous tolérer le fait que TOUTES les femmes et les filles risquent désormais d’être traitées et classées légalement comme rien de plus que des reproductrices pour les hommes et une société suprématiste masculine ? Pouvons-nous tolérer le terrible avenir que cette décision ouvre à tous les membres de cette société ? Car ne vous y trompez pas, la logique qui a renversé l’avortement peut être utilisée pour « justifier » le fait de s’en prendre aux droits des personnes LGBTQ, y compris l’égalité du mariage, ainsi que le mariage interracial et même le droit d’utiliser la contraception!

NOUS NE DEVONS PAS TOLÉRER CET OUTRAGE !

En ce moment, toute personne ayant un peu de décence ou de cœur doit descendre dans la rue. En ce moment, il est nécessaire que toute personne qui se soucie de l’avenir dise : NON ! CETTE DÉCISION NE DOIT PAS ÊTRE MAINTENUE ! NOUS DESCENDRONS DANS LA RUE ET METTRONS NOS CORPS EN PREMIERE LIGNE POUR Y PARVENIR.

Ne ravalez pas votre colère. Ne laissez pas votre juste fureur être étouffée, ou votre esprit de combat entravé. Il y a des millions et des millions de personnes qui ressentent cela – maintenant ils doivent descendre dans la rue. Et vous devrez jouer un rôle à cet égard, en descendant dans la rue et en contribuant à réveiller des autres.

LE PROBLÈME EST PLUS PROFOND – CE QUE CELA SIGNIFIE VRAIMENT DE DIRE QUE C’EST LE SYSTÈME

Le problème est bien plus profond que cette indignation, aussi terrible et brutale soit-elle. IL EST PLUS PROFOND QUE CE TERRIBLE OUTRAGE. Ce n’est pas seulement que quelque chose ne va pas aux Etats-Unis. La vérité est que quelque chose ne va pas AVEC les Etats-Unis. L’oppression des femmes – qui vient d’atteindre un tout autre niveau – ainsi que l’histoire de l’esclavage, du génocide et de la guerre qui se manifeste encore aujourd’hui de mille et une façons, est intégrée dans ce système de capitalisme-impérialisme.

Nous pourrions dépasser ce système avec ses façons horribles et destructrices de faire les choses. Aujourd’hui, la base existe pour éradiquer l’exploitation et la pauvreté, pour guider et libérer les gens afin qu’ils travaillent à déraciner toutes les formes d’oppression et leur terrible héritage, pour commencer à soigner et, oui, à guérir l’environnement et à prévenir le futur catastrophique qui se profile à l’horizon. Mais pas sans déraciner le système d’exploitation et d’oppression qui a engendré cette folie et ne peut s’en passer.

En ce moment, les Etats-Unis est en train de se désagréger, les dirigeants eux-mêmes se battant pour savoir comment gérer leur système. Un côté de ces dirigeants se bat pour quelque chose de terrible : une forme de gouvernement carrément chrétienne-fasciste. Et ils sont sur l’offensive.

LE COMBAT POUR L’AVENIR FAIT RAGE– PRENEZ PARTIE AVEC LA RÉVOLUTION POUR ÉMANCIPER TOUTE L’HUMANITÉ

Mais nous ne sommes pas obligés d’accepter – et pour le bien de l’humanité, nous ne pouvons pas accepter quoi que ce soit de tout cela ! Le fait que cette crise soit si énorme et que la société soit divisée de bas en haut signifie que les choses qui sont restées fondamentalement les mêmes, pendant des décennies, peuvent changer radicalement en un temps très court. Et nous ne parlons pas non plus de décennies à venir ; les choses se dirigent soit vers une résolution radicalement réactionnaire, meurtrière, oppressive et destructrice de cette crise, soit vers une résolution révolutionnaire radicalement émancipatrice, fort possiblement dans les prochaines années.

Personne ne pourra – ou ne devrait vouloir – rester à l’écart de tout ceci. Si vous voulez que ce choix soit radicalement émancipateur, alors il est nécessaire de connaître, parler et travailler avec le Revolution Club. Vous avez besoin de connaître le leader révolutionnaire Bob Avakian. Bob Avakian a développé une compréhension des raisons pour lesquelles cela se produit et de ce qu’il faut faire – comment faire une révolution au milieu de cette situation. Vous pouvez lire à ce sujet dans « S’organiser pour une véritable révolution : 7 points clés »  https://nouveaucommunismefrance.wordpress.com/2022/06/26/sorganiser-pour-une-veritable-revolution-7-points-cles/. Et il est l’auteur de la Constitution for a New Socialist Republic in North America [Constitution pour une Nouvelle République Socialiste en Amérique du Nord] pour remplacer ce système par un système radicalement différent et émancipateur. Si vous voulez en savoir plus sur tout cela, écoutez l’émission hebdomadaire Revolution, Nothing Less! https://www.youtube.com/therevcoms, connectez-vous avec la révolution sur les médias sociaux @TheRevcoms, et allez sur notre site web,  https://revcom.us/en (ou pour espagnol https://revcom.us/es)

Il faut que vous sachiez qu’il y a des gens que vous pouvez rejoindre dès maintenant dans le Club de la Révolution, qui travaillent à la mise en œuvre de cette stratégie et à l’organisation de la révolution.

L’ANNULATION DU DROIT À L’AVORTEMENT NE DOIT PAS ETRE MAINTENUE

DANS LA RUE POUR L’AVORTEMENT LÉGAL À LA DEMANDE SUR TOUT LE TERRITOIRE MAINTENANT

IL EST TEMPS DE S’ORGANISER POUR UNE VÉRITABLE RÉVOLUTION

Revolution Club, EEUU

À la Une

S’organiser pour une véritable révolution : 7 points clés

le 15 juin 2022

1 Exposer et expliquer, dans les termes de base suivants, pourquoi il s’agit d’un “moment rare” où la révolution devient (plus) possible, même dans un pays puissant comme les Etats-Unis :

Toutes celles et tous ceux qui ne supportent pas ce monde, tel qu’il est, doivent être mis au défi de participer à la révolution qui permettra de sortir de cette folie. Et les gens ont besoin de savoir qu’il existe une véritable stratégie pour faire cette révolution, basée sur les points clés de la « fondation » et de la « feuille de route » de cette révolution dans l’ouvrage du leader révolutionnaire Bob Avakian : « Quelque chose de terrible, ou quelque chose de vraiment émancipateur ».Ce qui suit constitue le moyen de base pour mener à bien cette stratégie, afin de permettre aux forces actuellement peu nombreuses pour la révolution qui est nécessaire de toute urgence de croître en nombre et en force, rapidement de manière concentrée, et devenir la force puissante qui est nécessaire pour mener cette révolution. La diffusion et la popularisation de ces Points Clés est également une partie importante de la réalisation de cette stratégie.

La suprématie blanche brutale et meurtrière, la suprématie masculine et d’autres relations d’oppression, la crise croissante de la société et du monde en général, y compris les guerres constantes et la destruction continue de l’environnement : tout cela ne peut finalement pas être résolu, d’une manière positive, dans les limites du système qui domine dans ce pays et dans le monde – le système du capitalisme-impérialisme. Sous la domination de ce système, tout cela ne fera qu’empirer. Les divisions de plus en plus profondes au sein des Etats-Unis, du haut en bas de l’échelle, signifient que ceux qui gouvernent ce pays depuis si longtemps (la classe dirigeante capitaliste-impérialiste) ne peuvent plus gouverner, en tant que « force unifiée », de la manière « normale » que les gens ont été conditionnés à accepter – avec un système de gouvernement qui a une enveloppe extérieure de « démocratie » pour couvrir le fait qu’il s’agit d’une véritable dictature capitaliste à la base, s’appuyant fondamentalement sur la force armée des institutions de la « violence officielle », la police et l’armée. En raison des grands changements survenus aux Etats-Unis et dans le monde en général, une partie de la classe dirigeante, représentée par le Parti républicain, est devenue fasciste : elle ne croit plus en les « normes » du pouvoir capitaliste « démocratique » dans ce pays et ne se sent plus tenue par elles. Et l’autre partie de la classe dirigeante, représentée par le parti démocrate, n’a pas de vraie réponse à cela – sauf à essayer de maintenir la « manière normale » dont le pouvoir oppressif de ce système a été imposé pendant des centaines d’années, tandis que les fascistes sont déterminés à déchirer ces « normes » et à gouverner par des moyens oppressifs plus ouverts et plus agressifs, sans le déguisement traditionnel de la prétendue « démocratie pour tous ».

La crise et les profondes divisions de la société ne peuvent être résolues que par des moyens radicaux, d’un type ou d’un autre – soit des moyens radicalement réactionnaires, meurtriers, oppressifs et destructeurs, soit des moyens révolutionnaires radicalement émancipateurs. Et cette résolution pourrait très bien se produire, d’une manière ou d’une autre, dans les prochaines années. Cette situation rare, avec l’approfondissement et l’aggravation des conflits entre les pouvoirs en place, et dans la société en général, fournit une base plus solide et de plus grandes possibilités de briser l’emprise de ce système sur les masses populaires. Dans une telle situation, les choses qui sont restées fondamentalement les mêmes pendant des décennies peuvent changer radicalement en un temps très court. Ce temps rare ne doit pas être gaspillé – il faut en tirer partiafin d’avoir une réelle chance pour apporter une résolution révolutionnaire véritablement émancipatrice, et ne pas être soumis à une résolution terrible, réactionnaire, meurtrière, oppressive et destructrice.

2 Avec la reconnaissance de ce rare moment où la révolution devient (plus) possible : orienter les forces de la révolution maintenant pour impacter des masses de personnes, dans toutes les parties de la société – en apportant aux gens le message de la révolution, en particulier sous des formes courtes, puissantes et populaires, à la fois en ligne et « dans la vraie vie » – en exposant pourquoi cette révolution est nécessaire, et est possible, et comment participer aux efforts pour en faire une réalité. De manière percutante et convaincante, mener une lutte féroce contre les modes de pensée qui maintiennent les gens enchaînés à ce système, en amenant un nombre croissant de personnes à rompre avec tout cela, tout en mobilisant des masses pour lutter contre les injustices et les outrages qui sont continuellement commis dans le cadre de ce système et pour s’opposer aux forces qui perpétuent et imposent ces injustices et ces outrages. Diffuser largement la vision inspirante de l’amélioration de la vie pour la grande majorité de la population, si des millions de personnes soutenaient cette révolution et la menaient à bien – rendant possible la restructuration de toute la société sur une base complètement différente, avec un système économique (mode de production) radicalement différent et des relations émancipatrices entre les gens, comme l’explique très concrètement la Constitution for the New SocialistRepublic in North America, écrite par Bob Avakian [dispo à revcom.us].

3   Prenant le texte « Quelque chose de terrible, ou quelque chose de vraiment émancipateur » comme guide de base, et en se servant de l’émission sur YouTube RNL-Revolution, Nothing Less! ainsi que du site web revcom.us comme ressources clés, organiser les personnes qui sont attirées par cela pour se débattre avec les raisons pour lesquelles une véritable révolution est nécessaire, ce qu’une telle révolution implique, et quel type de société cela vise. Engager-les-les dans le processus de construction de la révolution, de manière organisée, en s’impliquant à la mise en œuvre du point 2. Permettre aux habitants des régions du pays où la révolution n’a pas encore une présence organisée de se lier avec d’autres et de faire partie de cette révolution.

4  Par ce processus, construire les forces de la révolution, d’abord par centaines, dans des régions à travers le pays, et les souder ensemble comme une force organisée. Développer et former des leaders révolutionnaires, sur la base de la méthode scientifique et de l’approche du nouveau communisme qui a été développé par Bob Avakian.

Orienter ces forces organisées pour répéter les points 1 à 4 à une échelle de plus en plus grande – en touchant un nombre beaucoup plus important de gens, dans toutes les parties de la société, en organisant des milliers de personnes dans le processus de construction de cette révolution, tout en développant et en formant un nombre croissant de leaders révolutionnaires de haut niveau. Créer un impact puissant sur la société dans son ensemble, en éveillant et en influençant des millions de personnes versla révolution. Garder clairement à l’esprit, vulgariser constamment et agir en fonction de la compréhension suivante :

Tout dépend de l’émergence d’un peuple révolutionnaire, issu des plus cruellementopprimés et de toutes les couches de la société, d’abord par milliers, puis par millions, en tant que force révolutionnaire puissante, organisée dès le départ et s’inscrivant dans une perspective du pays entier, ayant un impact sur l’ensemble de la société et changeant les termes de la vision des masses et la façon dont chaque institution doit réagir. Tout doit être concentré maintenant pour faire émerger et organiser réellement cette force révolutionnaire.

6  Une fois que cette force révolutionnaire aura vu le jour, avec un noyau toujours plus important de leaders révolutionnaires testés et expérimentés, et que la crise de la société et les divisions, du haut en bas, auront atteint un point de rupture, tout sera alors concentré sur la manière d’organiser et de déployercette force révolutionnaire pour lutter pour gagner, pour vaincre effectivement les forces qui cherchent à écraser la révolution. Cela signifie qu’il faudra mettre en œuvre l’approche de base sur la façon dont cela pourrait être fait, telle qu’elle est présentée dans « Quelque chose de terrible, ou quelque chose de vraiment émancipateur ».

7  Vulgariser continuellement ces Points Clés, tout en les mettant activement en œuvre, et en impliquant de plus en plus de personnes, de manière organisée, dans cette démarche.

Visitez le site: Revcom.us ; Regardez sur YouTube l’émission hébdomadaire Revolution Nothing Less (The Revcoms)

À la Une

UNE 3e GUERRE MONDIALE et LES IDIOTIES DANGEREUSES

par Bob Avakian, le 28 avril 2022

Dans certains écrits récents, surtout l’article majeur récent (« Ukraine : Le vrai danger c’est une 3e guerre mondiale, non pas une reprise de la 2e guerre mondiale » (Ukraine : World War 3 Is the Real Danger, Not a Repeat of World War 2 », disponible sur revcom.us), j’ai parlé des mensonges et des distorsions concernant la guerre en Ukraine – en particulier ceux qui servent les objectifs des dirigeants des Etats-Unis impérialiste dans la guerre en Ukraine – et de la façon dont ces mensonges et distorsions contribuent à accroître le danger d’une troisième guerre mondiale, impliquant un affrontement militaire directe entre les États-Unis/OTAN et la Russie et l‘utilisation probable d’armes nucléaires dans un tel affrontement, avec des conséquences potentiellement dévastatrices, voire la possibilité réelle de la destruction de la civilisation humaine.

Je ne tenterai pas ici de répéter tout ce qui est dit dans cet article-la, en termes d’analyse très importante et approfondie de ce qui se passe réellement avec cette guerre en Ukraine, des objectifs des impérialistes des deux camps opposés, des dangers très sérieux que cela implique, et de la nécessité pour les masses partout, d’agir dans leurs propres intérêts, en opposition à ceux des impérialistes des deux camps. Ce que je vais aborder ici, ce sont certaines espèces d’idioties qui ignorent, ou minimisent, les terribles dangers qu’implique un éventuel affrontement militaire direct entre les États-Unis/OTAN et la Russie.

Il y a l’argument selon lequel une guerre entre les États-Unis/OTAN et la Russie ne serait « pas grave », parce que les « gros durs » des États-Unis sont tellement plus forts et pourraient facilement et de manière décisive vaincre la Russie, sans grand coût – du moins pas pour « nous, les Américains ». Comme je l’ai souligné, chez certains types de chauvins américains, ivres de la puissance militaire invincible des États-Unis, cette notion vraiment ridicule et outrancière (que la guerre avec la Russie ne serait « pas grave ») a apparemment été encouragée par les difficultés des forces russes, du moins jusqu’à présent, à atteindre leurs objectifs en Ukraine – en grande partie grâce à la quantité massive d’armes fournie au gouvernement ukrainien par les États-Unis et l’OTAN. (Outre l’article mentionné dessus, voir« Sean Penn’s Delirious Madness and the Danger of Nuclear War », sur revcom.us.)

Mais il y a une réalité cruciale par rapport à tout cela : Dans cette guerre – où les impérialistes russes ont envahi l’Ukraine et où, d’autre part, les impérialistes états-uniens (et leurs « alliés » de l’OTAN) soutiennent et arment lourdement l’Ukraine – les deux parties sont profondément attachées à une « victoire » dans cette situation. Pour les impérialistes états-uniens, leur but et ce qui constitue pour eux une « victoire » nécessaire, est de provoquer une défaite de la Russie en Ukraine et d’affaiblir ainsi considérablement la Russie et sa capacité à contester la position dominante de l’impérialisme états-unien dans le monde. Pour les impérialistes russes, l’objectif est précisément de contester cette domination des Etats-Unis, et un but clé et immédiat est d’empêcher l’Ukraine d’adhérer à l’OTAN et de veiller à ce que l’Ukraine ne fasse pas partie de « l’encerclement » de la Russie par les États-Unis et l’OTAN, qui est déjà très avancé (plusieurs pays proches de la Russie, ou en fait limitrophes, étant déjà membres de l’OTAN). Chaque partie étant sérieusement engagée dans ses objectifs et s’étant sérieusement impliquée dans la guerre pour les atteindre (la Russie est directement en guerre en Ukraine et les États-Unis/OTAN sont à présent indirectement mais profondément impliqués), cela signifie que, tant que les conditions sont fixées par ces impérialistes en conflit, aucune partie ne peut facilement reculer. (Encore une fois, tant que les termes sont établis par ces impérialistes en conflit, et que le peuple, de tous côtés, n’agit pas en conséquence, dans sa masse, de manière à forcer les choses dans des termes différents, correspondant à son intérêt, en opposition aux intérêts des impérialistes de chaque côté).

Si aucune des deux parties ne recule, que se passera-t-il alors ?

Si aucune des deux parties dans ce conflit entre impérialistes n’est susceptible de reculer et d’accepter la défaite, qu’est-ce que cela signifiera – et, plus précisément, qu’est-ce que cela signifierait si, en fait, les États-Unis/OTAN devaient s’impliquer directement dans la guerre avec la Russie, et si cela devait entraîner de sérieux revers pour la Russie ? Poutine/les impérialistes russes diraient-ils simplement : « D’accord, vous gagnez, on abandonne, on fera demi-tour et battra en retraite en défaite pour rentrer en Russie » ? Est-ce qu’une personne sérieuse qui réfléchit croit vraiment que c’est probable ?! Non, dans cette situation, la réponse beaucoup, beaucoup plus probable de Poutine/des impérialistes russes serait d’intensifier la guerre, très probablement en utilisant des armes nucléaires, très probablement pas (au début) les bombes nucléaires les plus puissantes, mais des « armes nucléaires tactiques », qu’ils pourraient utiliser non seulement en Ukraine, mais aussi sur le territoire des pays de l’OTAN qui avaient été impliqués dans la guerre (y compris peut-être non seulement les pays proches de l’Ukraine, mais aussi les pays d’Europe occidentale, comme la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni).

Et, d’autre part, que se passerait-il si – contrairement aux attentes des chauvins américains – il s’avérait que, dans une guerre directe avec la Russie (et où Russie engagerait alors beaucoup plus de ses forces dans ce conflit), les États-Unis/OTAN ne s’en sortaient pas si bien, et qu’ils étaient au moins frustrés dans leurs tentatives d’infliger une sorte de défaite décisive aux forces russes, ou même subissaient de sérieux revers eux-mêmes ? Les dirigeants impérialistes des États-Unis – qui est le seul pays à avoir utilisé des armes nucléaires et qui n’a jamais reconnu qu’il avait tort de le faire – admettraient-ils simplement qu’ils n’ont pas réussi à vaincre la Russie et accepteraient-ils une résolution à cet effet ? Quelqu’un pense-t-il vraiment que cela serait probable?

Non, la « dynamique » d’une guerre directe entre les États-Unis/OTAN et la Russie conduirait très probablement à un processus d’escalade continue, sans qu’aucune des parties ne veuille – ou ne puisse – reculer face à la perspective d’une quelconque défaite dans cette guerre.

La guerre nucléaire est bien grave, une perspective vraiment terrible

Cela nous amène à l’autre grande espèce d’idiotie (et en fait de folie dangereuse) concernant la perspective d’une guerre directe entre les États-Unis, l’OTAN et la Russie : l’idée vraiment démente que si des échanges nucléaires entre les parties en conflit dans cette guerre se produisaient, ce ne serait « pas bien grave » – ou du moins que cela se limiterait à des « armes nucléaires tactiques » qui, oui, causeraient des dommages réels, mais pas quelque chose d’aussi terrible que la mise en garde des « alarmistes » (cet argument a été avancé par des personnes sérieusement dérangées et apparemment écervelées !).

Tout d’abord, même les armes nucléaires tactiques provoqueraient elles-mêmes une terrible dévastation, non seulement pour les combattants sur le champ de bataille, mais de manière beaucoup plus générale, en causant d’horribles souffrances humaines et une destruction de l’environnement. Et, au-delà de cela, pour les raisons évoquées ici, la dynamique même qui conduirait à l’utilisation d’armes nucléaires tactiques conduirait ensuite très probablement à l’utilisation d’armes nucléaires encore plus puissantes – et même à la possibilité réelle que de telles attaques nucléaires soient dirigées contre les pays des principaux adversaires dans ce conflit, la Russie et les États-Unis. Si l’une ou l’autre des parties, ou les deux, dans ce conflit estimait que l’introduction d’armes nucléaires tactiques était nécessaire pour obtenir un avantage décisif dans cette guerre – ou pour empêcher un revers inacceptable, ou une défaite réelle – alors la même logique pourrait pousser les choses au-delà des seules armes nucléaires tactiques, vers une utilisation plus complète d’armes nucléaires stratégiques, et même éventuellement des attaques nucléaires directes contre le « territoire national » du principal adversaire (en d’autres termes, des échanges nucléaires entre les États-Unis et la Russie visant directement le « territoire national » de l’un et de l’autre), ce qui, avec ses dévastations massives et ses « retombées » de radiations dans le monde entier, pourrait même conduire à la destruction de la civilisation humaine.

Cette dynamique doit être changée de toute urgence et radicalement dans l’intérêt de l’humanité, et non dans celui des impérialistes rivaux et en conflit

Tout cela souligne pourquoi il est d’une importance vitale pour les masses aux Etats-Unis, et dans les autres pays alignés avec lui, ainsi qu’en Russie – pour les gens partout dans le monde – de se réveiller toute de suite, et complètement, de reconnaître les enjeux réels et profondément lourds, et d’agir conformément à nos intérêts réels – les intérêts de l’humanité entière : exiger que cette guerre en Ukraine, et l’implication (directe et indirecte) des impérialistes des deux côtés dans cette guerre, soit ARRÊTÉE, avant qu’elle ne cause non seulement des souffrances encore plus grandes pour le peuple ukrainien, mais qu’elle ne dégénère en un conflit bien plus terrible provoquant des morts et des destructions massives à un tout autre niveau, et qui pourrait même menacer l’existence de l’humanité.

>>Allez à Revcom.us pour d’autres analyses de Bob Avakian et ne ratez pas les émissions Revolution Nothing Less sur youtube : theRevcoms 

À la Une

Alors que le monde brûle, et ses dirigeants bidouillent et paradent à Glasgow…

UN APPEL À CELLES ET À CEUX QUI VEULENT UN AVENIR RADICALEMENT DIFFÉRENT POUR L’HUMANITÉ

Être jeune aujourd’hui dans le monde signifie être privé d’un avenir décent, voire d’un avenir tout court. Un aspect évident est la crise existentielle à laquelle l’humanité et la planète sont confrontées: Les vagues de chaleur mortelles exposant les êtres humains à des températures bien supérieures à ce qui est considéré comme respirable… feux de forêt massifs… extermination massive menaçant les espèces végétales et animales… des centaines de millions de personnes vivant dans des zones côtières en danger suite à la montée des eaux, la fonte des glaciers et des calottes glaciaires, les phénomènes météorologiques extrêmes, les sécheresses et les inondations plus fréquents… notre planète, telle que nous l’avons connue, est en train d’être détruite. Les preuves scientifiques sont écrasantes : cette crise climatique pose une réelle, et croissante, menace pour la civilisation, la planète et ses écosystèmes de flore et de la faune.

Pour faire face au changement climatique, nous avons besoin d’un changement de SYSTÈME. Nous avons besoin d’une révolution – rien de moins ! un véritable renversement du système capitaliste-impérialiste, et son remplacement par un système radicalement différent, véritablement socialiste.

Nous disposons de très peu de temps, et le temps qu’il reste ne doit pas être gaspillé.

Ceci est d’autant plus flagrant que le monde a les yeux rivés sur Glasgow, le sommet sur le climat des représentants officiels des gouvernements et des dirigeants oppresseurs de ce système, lieu aussi de protestations populaires massives et justes, qui doivent se répandre, continuer et s’intensifier. Nous sommes confrontés à une crise existentielle, pour les sept milliards de personnes et pour la planète. Le récent rapport du GIEC[1], reflétant le consensus des scientifiques du monde entier, a dépeint des prévisions encore plus sombres pour le climat, avec une augmentation de la température globale pendant des générations à venir. Cette année – 2021 – devrait marquer la deuxième plus grande augmentation des émissions de CO2 dans l’histoire. Le temps est écoulé pour ce système, ainsi que pour les promesses et les paroles mielleuses crachées par ses dirigeants en réponse à la crise environnementale que leur système a causé, et qui continue à s’aggraver et s’intensifier. Nous avons besoin d’une révolutionrien de moins !

Une véritable révolution aux États-Unis changerait la donne pour la planète ; elle aurait un impact qualitatif et disproportionné au niveau mondial, car ce pays se situe au sommet de la chaîne alimentaire du système capitaliste-impérialiste et est le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre. Cette révolution EST possible, et pas dans un futur lointain – et elle est possible dans ce moment rare[2] dans lequel nous vivons actuellement. Ce système est en difficulté. La société est en train de se déchirer. Les dirigeants sont profondément divisés, les démocrates et les républicains fascistes se battant entre eux sur la façon de maintenir ce système et la domination et le pouvoir des États-Unis, clivage qui ne peut être résolu de la façon dont la société a été organisée. Tout ceci révèle le potentiel pour la révolution, une issue positive de cette situation horrible, mais saisir ce moment et faire de ce potentiel une réalité nécessite que les gens – des millions – rompent avec les illusions et les fausses « solutions ».


[1] Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est l’organisme des Nations unies chargé d’évaluer les données scientifiques relatives au changement climatique. Il a publié son sixième rapport d’évaluation (AR6) le 9 août. Ce rapport du GIEC est un avertissement encore plus rigoureux et alarmant sur le plan scientifique sur les dangers catastrophiques du changement climatique pour l’humanité et les écosystèmes de la planète. Pour en savoir plus, voir « The new UN climate change report : A more rigorous and alarming wake-up call » sur le site revcom.us.

[2] Voir Bob Avakian, « Ceci est un moment rare lorsque la RÉVOLUTION devient possible – pourquoi il en est ainsi et comment tirer parti de cette rare OPPORTUNITÉ ». Dans cet article, disponible sur ce même site, Le nouveau communisme en France, il écrit :

Pour tirer parti de la rare occasion de faire la révolution, il faut reconnaître la situation à laquelle nous sommes confrontés pour ce qu’elle est réellement : Les gens doivent lever la tête et élargir leurs champs de vision, regarder au-delà de ce qui les entoure immédiatement, rompre avec les illusions et les « solutions » bidons, et adopter la méthode scientifique du nouveau communisme pour acquérir une connaissance de base, et continuer à approfondir cette compréhension, de ce qui se passe réellement, quels sont les enjeux très lourds dans tout cela, et quelles sont les possibilités non seulement très négatives mais aussi très positives de changement radical qui existent dans tout cela.

Ceci, et rien de moins, est ce qui est nécessaire pour nous donner une chance de sauver l’humanité et la planète.

C’est la voie nécessaire et possible. NON PAS « en agissant localement » pendant que cette crise globale s’accélère, NON PAS en suppliant les politiciens de ce système d’agir d’une manière dont ils ne sont pas capables, NON PAS en nous fiant à davantage de conférences internationales comme Glasgow où les grandes puissances capitalistes font des promesses et fixent des objectifs qu’elles n’ont pas l’intention de tenir ou ne peuvent pas tenir… NON PAS en cédant au désespoir, et évitant la responsabilité… NON PAS en nous concentrant individuellement sur nous mèmes… PAS alors que la planète brûle, que les espèces disparaissent et que les écosystèmes s’effondrent, que les glaciers fondent et que le niveau des océans monte, que les événements climatiques extrêmes s’intensifient et deviennent plus fréquents. Des centaines de millions de personnes sont rejetées en tant que « réfugiés climatiques », et ce sont les plus désespérés, les plus pauvres qui sont les plus durement touchés, principalement dans les pays du Sud – un résultat du fonctionnement de ce système de capitalisme-impérialisme.

La chose la plus irréaliste – la définition de la folie – est de compter sur et de travailler dans les limites du système qui est la source et la cause même de ce problème. Ce système capitaliste-impérialiste place les ressources et les connaissances que l’humanité a développées entre les mains des capitalistes et de leurs États-nations, poussés à « s’étendre ou mourir », à rivaliser pour obtenir davantage de profits, à exploiter l’humanité et la planète dans ce besoin d’accumuler du capital. Si les politiciens essayaient de violer ces lois fondamentales du capitalisme, la société ne pourrait pas fonctionner, et c’est pourquoi le réchauffement climatique s’accélère sous ce système.


Nous avons besoin d’un système radicalement différent, véritablement socialiste, engendré par la révolution. Le plan pour cela est exposé dans la Constitution for a new socialist republic in North America, écrite par le leader révolutionnaire et auteur du nouveau communisme, Bob Avakian.

Cette vision concrète est un facteur positif énorme et quelque chose que nous pouvons mettre en œuvre et utiliser immédiatement après la révolution, tout comme le document Quelques principes clés du développement durable socialiste. Avec ce nouveau système et ce nouveau pouvoir d’État, nous socialiserions la propriété des moyens de production, réorganiserions radicalement l’économie et la société, sur la base d’une planification consciente et scientifique, en donnant la priorité aux besoins des gens et de la planète, à la place du profit – et en jouant un rôle crucial dans l’arrêt de la destruction globale des espèces et des écosystèmes par le capitalisme-impérialisme, dans le cadre du processus mondial pour arriver à dépasser toute l’oppression, l’exploitation et les divisions sociales antagonistes, pour arriver au communisme.

Si vous vous inquiétez pour l’avenir et vous voulez voir non seulement une planète vivable pour les générations futures, mais aussi un monde où l’humanité voudrait réellement vivre, pourquoi ne pas vous consacrer à l’apprentissage et au travail dès maintenant pour la seule solution à cette crise – une véritable révolution. Rejoignez les Revcoms maintenant, travaillez avec ceux qui, comme vous, veulent un meilleur avenir, pas seulement pour eux-mêmes, mais pour l’humanité et le beau réseau de vie dans lequel nous vivons… apprenez-en plus sur cette révolution et sa direction, Bob Avakian, en faisant passer le message et allez sur revcom.us.

 
Le temps presse pour la planète sous ce système, mais un avenir potentiellement prometteur et libérateur nous attend si nous relevons la tête.

Rejoignez cette révolution, et osez. 

Regardez le RNL Show -Revolution Nothing Less- tous les vendredis sur Youtube

À la Une

CECI EST UN MOMENT RARE LORSQUE LA RÉVOLUTION DEVIENT POSSIBLE – POURQUOI IL EN EST AINSI, ET COMMENT TIRER PARTI DE CETTE RARE OPPORTUNITÉ

Bob Avakian, dirigeant révolutionnaire, auteur du Nouveau Communisme

Beaucoup de gens ont vu le très important texte des revcoms, A Declaration, A Call to Get Organized Now for a Real Revolution, qui est disponible sur revcom.us, et qui est affichée et distribuée aux gens dans les quartiers et dans d’autres endroits à travers le pays, comme un élément clé pour faire passer le message sur cette révolution et organiser les gens dans cette révolution. Beaucoup plus de gens ont besoin de recevoir, et de s’impliquer profondément, dans cette « Déclaration et Appel ». Ici, je vais parler de quelques grandes questions liées à cela.

D’ABORD, QUELQUES VÉRITÉS DE BASE

1. Nous vivons sous un système – le système du capitalisme-impérialisme (le capitalisme est un système économique et politique d’exploitation et d’oppression, et l’impérialisme fait référence à la nature mondiale de ce système).

Ce système cause d’énormes souffrances aux gens, partout dans le monde, et il représente une menace croissante pour l’existence même de l’humanité.

Il s’agit d’un système dominé par des sociétés capitalistes, des banques et d’autres institutions financières contrôlant de vastes sommes d’argent, le tout basé sur l’exploitation des gens – des masses de gens aux Etats-Unis et des milliards de gens à travers le monde, y compris énormément d’enfants.

Ces capitalistes se livrent à une concurrence féroce, ce qui les pousse à pénétrer dans toutes les régions du monde, en particulier dans les pays plus pauvres, afin d’exploiter les gens encore plus cruellement, tout en laissant beaucoup de gens sans aucune possibilité de travailler dans l’économie formelle.

La suprématie blanche et la suprématie masculine sont intégrées dans les structures mêmes du système.

Ce système provoque continuellement des situations où la vie devient extrêmement désespérée et souvent très dangereuse pour un nombre croissant de personnes dans leur pays d’origine – les obligeant à se déraciner et à migrer à travers les pays et les continents – et les traite ensuite comme des criminels lorsqu’ils demandent l’asile ou un soulagement de leurs conditions insupportables.

Ce système conduit à des guerres – des guerres pour conquérir des nations et des peuples, des guerres pour le contrôle de régions clés du monde, et potentiellement même des guerres entre pays capitalistes-impérialistes dotés d’armes nucléaires, qui se battent pour déterminer lequel sera l’oppresseur le plus puissant du monde (s’il reste quelque chose de ce monde après une telle guerre).

Ce système détruit rapidement l’environnement mondial.

Tout ceci est la réalité, et personne ne peut échapper à cette réalité. Soit nous la changeons radicalement, de manière positive, soit tout sera modifié de manière très négative.

2. Ce système ne peut pas être réformé pour devenir un « meilleur » système – il doit être renversé.

Le système du capitalisme ne pourrait pas exister sans exploiter des masses de gens, et rendre la vie misérable pour la grande majorité de l’humanité, en même temps qu’il constitue une menace croissante pour l’avenir de l’humanité. (J’ai analysé les raisons fondamentales pour lesquelles il en est ainsi dans l’article « Commodities & Capitalism – and the Terrible Consequences of this System », que l’on peut trouver sur revcom.us).

Le système de gouvernement politique – la « démocratie » – qui a existé dans ce pays est, et a toujours été, la démocratie selon les termes de ce système et de ceux qui le dirigent. Cette « démocratie » capitaliste est une couverture, et un moyen, pour ce qui gouverne réellement dans ce pays la dictature de la classe capitaliste – sa domination du pouvoir politique et de la force et de la violence officielles (prétendument « légitimes »), comme lorsque la police assassine de façon répétée surtout les Noirs, les Amérindiens et d’autres personnes de couleur.

Les capitalistes contrôlent le système des élections, ainsi que toute autre institution dominante, aux Etats-Unis. Voter sous ce système, que ce soit pour les démocrates ou les républicains, c’est voter pour des partis de la classe dirigeante – représentants de ce système de capitalisme-impérialisme – qui sont déterminés à maintenir ce système en place, malgré le coût terrible pour les masses de l’humanité, et même avec la menace très réelle que cela représente pour l’existence de l’humanité.

Quelles que soient les promesses faites par ces politiciens et quels que soient les stratagèmes que les gens essaient d’inventer pour rendre les choses plus « justes » ou « égalitaires » dans ce système, rien de tout cela ne peut changer sa nature fondamentale et la façon dont il doit fonctionner en raison de sa nature même.

Les relations d’exploitation et d’oppression qui font partie intégrante de ce système sont mises en œuvre par ses institutions de pouvoir officiel et de violence – le Congrès et la présidence, les tribunaux, et surtout la police et l’armée.

Seule une révolution – une vraie révolution, pour finalement vaincre et démanteler ces institutions de violence et de pouvoir officiels, et mettre en place un système économique et politique radicalement différent, dans le but d’éliminer l’exploitation et l’oppression – seule cette révolution peut traiter tout cela d’une manière qui soit vraiment dans l’intérêt des masses populaires et de toute l’humanité.

(Dans The Constitution for a New Socialist Republic in North America, dont je suis l’auteur, il y a une vision d’ensemble et un plan concret pour cette société radicalement différente et meilleure – un plan réel de ce qu’il faut faire après la prise du pouvoir et de la façon de réorganiser la société sur une base complètement différente et émancipatrice).

POURQUOI C’EST L’UN DE CES RARES MOMENTS OÙ LA RÉVOLUTION DEVIENT POSSIBLE, MÊME DANS UN PAYS PUISSANT COMME LES ETATS-UNIS

1. Une révolution devient possible, même dans un pays puissant comme les Etats-Unis, lorsque trois facteurs principaux ont émergé :

— Un peuple révolutionnaire de millions et millions de personnes dont « l’allégeance » à ce système est brisée, et dont la détermination à lutter pour une société plus juste est plus grande que la peur de la répression violente de ce système.

— Une crise de la société et du gouvernement si profonde et si perturbatrice de la « manière habituelle des choses » que ceux qui nous gouvernent depuis si longtemps ne peuvent plus le faire de la manière « normale » que les gens ont été conditionnés à accepter.

— Une force révolutionnaire organisée – composée d’un nombre sans cesse croissant de personnes, parmi les plus opprimés mais aussi dans de nombreux autres secteurs de la société – une force qui est fondée sur, et travaille systématiquement à appliquer, l’approche la plus scientifique pour construire et ensuite réaliser la révolution, et vers laquelle les masses de personnes se tournent de plus en plus pour les diriger à réaliser le changement radical qui est nécessaire de toute urgence.

2. Ces facteurs de révolution n’existent évidemment pas à l’heure actuelle, mais c’est l’un des rares moments où il sera possible de faire naitre ces facteurs de révolution.

Une raison fondamentale pour laquelle cela est vrai est qu’il y a maintenant de très grandes divisions au sein de la classe dirigeante du pays, et dans le pays dans son ensemble – et, plus que cela :

Ces divisions au sein des pouvoirs en place, et dans la société dans son ensemble, ne peuvent être résolues dans le cadre qui a existé et qui a maintenu la cohésion du pays pendant près de 150 ans, depuis peu après la fin de la guerre civile qui a conduit à l’abolition de l’esclavage – elles ne peuvent être résolues sur la base de la « démocratie » capitaliste qui a été la forme « normale » de gouvernement capitaliste (dictature) pendant si longtemps.

Quelque chose de radicalement différent va remplacer le cadre qui a existé pendant tout ce temps – et comme la « Déclaration et l’Appel » le souligne avec force :

la crise et les profondes divisions de la société ne peuvent maintenant être résolues que par des moyens radicaux, d’une sorte ou d’une autre – soit des moyens radicalement réactionnaires, meurtriers, oppressants et destructeurs, soit des moyens révolutionnaires radicalement émancipateurs.

3. Voici les raisons fondamentales pour lesquelles les choses en sont arrivées là.

Même si la « démocratie, avec la liberté et la justice pour tous » est un mensonge cruel, ce mensonge a été crucial pour les dirigeants des Etats-Unis de maintenir une cohésion sous ce système – et surtout pour que les personnes opprimées par ce système continuent à croire en la possibilité de rendre ce système plus juste. C’est pourquoi les deux partis de la classe dirigeante ont généralement accepté, pendant longtemps, de travailler dans le même cadre pour gouverner ce pays – ils se sont mis d’accord pour accepter les résultats des élections et pour assurer « le transfert pacifique du pouvoir » entre les différents représentants de ce même système, qu’ils soient démocrates ou républicains.

Avec l’évolution des conditions aux Etats-Unis, et dans le monde entier, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale (il y a 75 ans), il a été nécessaire pour la classe dirigeante, afin de maintenir « l’ordre et la stabilité » dans ce pays, de faire certaines concessions à la lutte contre la suprématie blanche, la suprématie masculine et d’autres relations oppressives, tout en insistant sur le fait que tout cela fait partie de la « création d’une union plus parfaite » et du « perfectionnement de la grande démocratie qui a toujours existé aux Etats-Unis ». Cela a également été nécessaire pour que les dirigeants du pays continuent à le promouvoir comme « le leader du monde libre », qui, selon eux, doit rester la puissance dominante dans le monde – mais qui, en réalité, est la puissance la plus oppressive et la plus destructrice, pillant des masses de gens ainsi que la terre.

Mais une partie de la classe capitaliste dominante, représentée par le Parti républicain, a toujours résisté à ces concessions, même partielles, à la lutte contre l’oppression, et est convaincue que ces changements sont allés trop loin, qu’ils menacent de détruire ce qui a permis à ce pays de rester uni et de dominer le monde.

Les républicains sont devenus un parti fasciste – un parti fondé sur la suprématie blanche ouverte et agressive, la suprématie masculine et d’autres relations d’oppression – un parti convaincu qu’il est le seul à mériter de gouverner, qui s’active pour manipuler les élections et supprimer les votes afin d’obtenir et de conserver le pouvoir, refusant d’accepter le résultat des élections qu’il ne remporte pas, déterminé à vider et à pervertir « l’État de droit », à piétiner les droits des gens et à adopter ce qui équivaut à une dictature capitaliste non déguisée, prêt à recourir à la violence non seulement contre les masses mais aussi contre ses rivaux au sein de la classe dirigeante.

Ces républicains ont mobilisé une partie importante de la population qui croit, avec une passion intense et irrationnelle, qu’il faut défendre et imposer fermement la suprématie blanche, la suprématie masculine et d’autres relations oppressives (ainsi que le pillage effréné de l’environnement). Ils ont été conduits à un état de folie vicieuse, embrassant toutes sortes de théories de conspiration lunatiques, ainsi qu’un fondamentalisme chrétien dément, en réponse à la menace qu’ils considèrent à leur ‘position de privilège’ (ou « ordonnée par Dieu ») et à leur insistance sur le fait que d’autres concessions à la lutte contre l’oppression détruiront ce qui a « fait la grandeur de l’Amérique ».

Ces divisions sont déjà profondément enracinées dans les principales institutions des Etats-Unis, y compris les forces armées, et elles vont s’accentuer de plus en plus et éclateront au grand jour, à mesure que les choses continueront à s’aggraver dans la société en général et au sein de la classe dirigeante.

Ces divisions profondes, cette intensification du conflit, ne peuvent pas être surmontées – tout cela ne peut pas être « reconstitué » – dans les conditions et de la manière dont la cohésion du pays a, jusqu’à présent, été maintenue sous la domination d’une classe capitaliste plus ou moins unifiée.

4. Les républicains ont certains avantages importants sur les démocrates dans ce conflit.

Les démocrates se sont engagés à « jouer selon les règles » et à « s’appuyer sur les normes » de la dictature capitaliste « démocratique », tandis que les républicains sont en train de déchirer ces normes et à gouverner par le biais d’une dictature capitaliste ouverte et non déguisée.

La nature particulière des Etats-Unis – avec son histoire de génocide, d’esclavage, de suprématie blanche continue, et de « compromis » répétés qui ont donné un pouvoir disproportionné (un pouvoir supérieur à celui représenté par leurs populations) aux états du Sud de l’ancienne Confédération, et à d’autres états avec des populations rurales composées d’un grand nombre de personnes « de tendance conservatrice » – est un autre avantage dont disposent les républicains fascistes.

Si cette bataille reste sur les termes de ce système, non seulement il y aura des conséquences horribles en général, mais cela pourrait très probablement conduire à un triomphe pour les fascistes républicains, ce qui accentuerait et accélérerait le désastre imminent, pour l’humanité dans son ensemble.

Mais il n’est pas obligatoire que les choses continuent – et il ne faut surtout pas qu’elles continuent – selon les termes de ce système.

CE QU’IL FAUT FAIRE POUR TIRER PARTI DE CETTE RARE OPPORTUNITÉ DE FAIRE LA RÉVOLUTION

1. Comme nous l’avons souligné dans « Une déclaration, un appel à s’organiser maintenant pour une vraie révolution », nous avons vu le potentiel de cette révolution dans les soulèvements massifs, aux Etats-Unis et dans d’autres à travers le monde, contre le racisme institutionnalisé et la terreur policière, et dans le déferlement de protestation dans de nombreux pays contre l’oppression et l’avilissement des femmes.

Mais ce potentiel de révolution doit être transformé en la réalité d’une vraie révolution, en menant le travail et la lutte nécessaires pour faire prendre conscience aux masses de gens de l’urgence et de la réelle possibilité d’une révolution – et pour les organiser en une force consciente et déterminée pour cette révolution.

2. Pour tirer parti de la rare occasion de faire la révolution, il faut reconnaître la situation à laquelle nous sommes confrontés pour ce qu’elle est réellement :  Les gens doivent lever la tête et élargir leurs champ de vision, regarder au-delà de ce qui les entoure immédiatement, rompre avec les illusions et les « solutions » bidons, et adopter la méthode scientifique du nouveau communisme pour obtenir une connaissance de base, et continuer à approfondir les connaissances, de ce qui se passe réellement, quels sont les enjeux très lourds dans tout cela, et quelles sont les possibilités non seulement très négatives mais aussi très positives de changement radical qui existent dans tout cela.

En particulier, cela signifie qu’il faut se réunir avec les revcoms – et un nombre croissant de personnes qui sont attirées par ce que signifie cette révolution – se lancer sérieusement dans « Une déclaration, un appel à s’organiser maintenant pour une vraie révolution » et se joindre à la révolution qui es sollicitée.

3. Cette situation rare, avec l’approfondissement et l’aggravation des conflits entre les pouvoirs en place, et dans la société en général, fournit une base plus solide et de plus grandes ouvertures pour briser l’emprise de ce système sur les masses de personnes.

Il est extrêmement important de comprendre ceci en profondeur :

Au fur et à mesure que cette situation se développe, et que la classe dirigeante est de plus en plus incapable de gouverner à l’ancienne, la société et la vie quotidienne des gens, issus de différentes parties de la société, peuvent devenir de plus en plus instables et chaotiques, avec de fréquentes « perturbations » de la manière « normale » dont les choses se sont passées.

Et comme « la manière normale » dont la société a été gouvernée ne parvient pas à maintenir la cohésion des choses et que la société est de plus en plus déchirée, cela peut ébranler la conviction des gens que « la manière dont les choses ont toujours été » est la seule manière dont les choses peuvent être. Cela peut rendre les gens plus ouverts à la remise en question – dans un sens réel, cela peut les forcer à remettre en question la manière dont les choses ont été, et si elles doivent rester ainsi. Et cela a d’autant plus de chances de se produire si les forces révolutionnaires sont présentes parmi les gens, éclairant la réalité profonde de ce qui se passe, et pourquoi, et montrant QU’IL Y A une alternative à cette manière de vivre.

La « Déclaration et l’Appel » souligne le point très important que les divisions et les conflits entre les pouvoirs en place (et dans la société dans son ensemble) ont

fait de gros trous dans le camouflage de ce système, exposant davantage sa vraie nature et le mensonge selon lequel il s’agit du « meilleur pays du monde », du « phare de la liberté » et du « leader du monde libre ».

Il est de la responsabilité de tous ceux qui reconnaissent le profond besoin de révolution – et la rare possibilité, dans une période comme celle-ci, de faire réellement la révolution – de mener une lutte inlassable, et parfois féroce, pour amener de plus en plus de gens à rompre radicalement avec les termes restrictifs et dégradants de ce système, et à adopter, et agir en fonction de l’orientation et de la motivation révolutionnaires qui est présentée dans la « Déclaration et l’Appel ».

Au lieu de « s’occuper de ses affaires » et d’« aller pour soi-même », alors que ce système est en train d’écraser de manière encore plus décisive tout espoir d’un monde digne d’être vécu, les gens ont besoin de regarder l’ensemble du tableau, de se concentrer sur les intérêts supérieurs de l’humanité et sur la possibilité d’un monde bien meilleur – et agir pour en faire une réalité.

Au lieu de trouver des excuses pour continuer à faire comme si de rien n’était, en se tenant à l’écart de la révolution (ou même en la dénigrant), les gens doivent se joindre à cette révolution et ne pas laisser passer la rare opportunité de participer à la création de quelque chose de bien meilleur.

Au lieu de se déchaîner par des actes individuels de frustration, ou de tenter de s’attaquer à ce système avec de petites forces isolées qui n’ont aucune chance de réussir, les gens doivent déverser leur colère, et leur haine de l’injustice, dans la construction d’un mouvement de millions de personnes qui pourrait avoir une vraie chance de vaincre ce système et de faire une vraie révolution.

Au lieu de se battre et de s’entretuer, ce qu’il faut faire maintenant est de s’unir pour se défendre mutuellement –s’opposer à toute violence injuste, ne pas lancer d’attaques contre qui que ce soit, mais en même temps ne pas permettre à la police ou aux voyous fascistes « civils » de brutaliser et d’assassiner les gens gratuitement. Et les gens doivent faire cela comme une partie d’accumuler des forces pour la révolution.

Au lieu de s’envoyer des piques et de se diviser par « identités », les gens devraient s’efforcer d’unir tout le monde, de toutes les parties de la société, qui peuvent être unies dans la lutte contre l’oppression et l’injustice, dans le but de mettre fin à ce système qui est la source de cette oppression et de cette injustice.

Au lieu d’être la queue de l’âne démocrate – qui tente d’assurer la continuité de ce système monstrueux et de faire face au danger fasciste croissant en s’appuyant sur les « procédures normales » du système et sur des efforts voués à l’échec pour « guérir les divisions » qui se creusent chaque jour – il faudra que les gens travaillent pour la révolution qui est nécessaire de toute urgence, et affrontent le danger fasciste dans ce cadre-là.

Voici un autre point très important de la « Déclaration et l’Appel » :

Ces jours-ci, on entend parler beaucoup d’une autre guerre civile, en particulier de la part des fascistes, au sein du gouvernement et de la société en général, qui pensent qu’ils pourraient simplement procéder à un massacre unilatéral de ceux qu’ils détestent, y compris les Noirs et les autres personnes de couleur, les « immigrants illégaux », les « femmes insoumises » et ceux qui ne se conforment pas aux relations et aux « normes » sexuelles et de genre « traditionnelles ». Il faut changer cette situation radicalement, de sorte que des masses de personnes soient prêtes à vaincre ces fascistes et à le faire dans le cadre de l’élimination du système entier, qui a engendré ces fascistes, ainsi que toutes les autres horreurs qu’il ne cesse de perpétrer.

Ce dont nous avons besoin, c’est d’une « repolarisation pour la révolution » faire de la véritable révolution une force active et de plus en plus puissante composée d’abord de milliers, puis de millions de personnes organisées pour travailler et gagner de plus en plus de personnes à cette révolution – en changeant radicalement le « terrain » sur lequel la révolution sera menée.

4. En agissant sur la base scientifique, et l’approche stratégique scientifiquement fondée de la révolution, qui a été développée avec le nouveau communisme, il nous faut travailler sans relâche pour construire les forces organisées pour, créer les meilleures conditions possibles pour, et ensuite réaliser la révolution qui est si urgente.

Comme il est souligné dans « Une déclaration, un appel à s’organiser maintenant pour une vraie révolution » :

Organiser les gens pour cette révolution signifie s’adresser à toutes sortes de personnes – pas seulement là où il y a des protestations et des rébellions contre l’oppression et l’injustice, mais partout dans la société – en faisant passer le message de la révolution et en rassemblant les gens (dans la vie réelle et en ligne) pour débattre des raisons pour lesquelles une véritable révolution est nécessaire, de ce qu’une telle révolution implique, et du type de société qu’elle vise. Cela permettra aux personnes qui commencent à connaître la révolution de devenir elles-mêmes des organisateurs de cette révolution et de recruter de plus en plus de personnes pour faire de même.

Et :

Sur cette base, et grâce aux rangs croissants de la révolution agissant ensemble comme une force de plus en plus puissante, il sera possible d’attirer et d’organiser le nombre de personnes nécessaire, et d’accumuler la force nécessaire, pour être en position de faire ce qu’il faut faire.

Au fur et à mesure que les forces révolutionnaires se renforcent en nombre et en organisation, en combattant le pouvoir et en transformant le peuple pour la révolution, elles pourront attirer un nombre encore plus grand dans leurs rangs et influencer de plus en plus la société dans son ensemble, en gagnant plus de gens de différentes parties de la société et en changeant, d’une manière plus positive, les termes selon lesquels les choses dans la société sont comprises et débattues. Cela fournira un terrain encore plus favorable pour exposer la vraie nature de ce système et ce qui est réellement impliqué dans les divisions au sein de la classe dirigeante, et pour faire comprendre que les intérêts des masses opprimées et les personnes éprises de justice partout sont en opposition directe et fondamentale avec tout ce système.

Les forces révolutionnaires, par l’impact de leur force grandissante, peuvent créer une situation où il devient de plus en plus difficile pour les pouvoirs en place, profondément divisés comme ils le sont, de compter sur leurs institutions de violence organisée pour agir de manière unifiée afin de réprimer le juste soulèvement du peuple, et où chaque geste qu’ils font pour écraser ce soulèvement conduit à une plus grande indignation parmi le peuple, avec plus de personnes rejoignant les rangs de la révolution, et les institutions en place elles-mêmes encore plus déchirées par des divisions internes. La force de cette révolution, en particulier lorsqu’elle passe de milliers à des millions de personnes, peut exercer une influence croissante de sorte que, au sein des institutions clés du pouvoir organisé et de la violence de ce système, de plus en plus de leurs rangs – dont beaucoup sont issus des plus opprimés de la société – sont amenés à s’identifier aux masses populaires qui luttent pour mettre fin à l’injustice et à l’oppression, et à refuser de faire partie des attaques et la répression injustes contre elles.

5. Tout cela créera les conditions les plus favorables pour mener à bien l’approche stratégique qui a été développée pour lutter pour gagner une révolution réelle – la lutte totale pour le pouvoir dans la société toute entiere. (Cette approche stratégique est présentée dans le texte « On the possibility of revolution », davantage élaborée dans mon discours « Why we need an actual revolution and how we can really make revolution », ainsi que dans l’article « A real revolution – a real chance to win, further developing the strategy for revolution » ; tous ces documents sont disponibles en anglais et en espagnol sur http://www.revcom.us).

CONCLUSION

Il existe une base pour tirer parti de la rare possibilité de faire la révolution, même dans un pays puissant comme les Etats-Unis – il peut y avoir une réelle chance de gagner –SI, parmi un nombre croissant de personnes qui ne supportent plus de vivre sous ce système qui tue les gens et étouffe les esprits, il y a la compréhension, la détermination et l’audace scientifiquement fondées de faire de cela une réalité.

À la Une

L’Afghanistan ravagé par l’impérialisme états-unien et les talibans

Cette présentation est adaptée du commentaire d’Andy Zee dans l’épisode 66 du 19 août du Show RNL- Revolution, Nothing Less!

Tout d’abord, pour ceux qui ne prêtent pas attention à ce qui se passe en Afghanistan, comme pour ceux qui le font, C’EST IMPORTANT, C’EST TRES IMPORTANT. Ces événements auront évidemment de profondes implications pour le peuple afghan, et pour le monde entier, car une défaite du pays impérialiste le plus puissant du monde a de grandes répercussions. Et le fait que cette défaite ait ramené les talibans et leur forme de régime réactionnaire théocratique hautement répressif va répercuter au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Afrique du Nord, inspirant et alimentant les mouvements fondamentalistes islamiques tout en intensifiant les rivalités inter-impérialistes.

Il y a quatre points que nous allons aborder aujourd’hui et en couvrant cette situation en plein développement au cours des prochaines semaines. Ils sont : [1] Brièvement, cette défaite humiliante pour les États-Unis peut avoir des ramifications importantes pour les perspectives de révolution ; [2] Les États-Unis n’a pas été un libérateur et n’est pas les « bons » ; [3] Les talibans sont une force réactionnaire qui apportera un cauchemar au peuple, et en particulier aux femmes d’Afghanistan ; et [4] Il y a une bien meilleure façon dont le monde pourrait être à travers une révolution guidée par et pour les objectifs du nouveau communisme. Et cette voie nécessite que vous vous engagiez dans les revcoms et le leadership de Bob Avakian.

N°1 : La défaite des États-Unis en Afghanistan et le conflit virulent au sommet de la société américaine : ramifications pour la révolution

L’humiliante défaite des États-Unis en Afghanistan est façonnée par, et façonne, le grand clivage entre les fascistes et les libéraux qui se battent vicieusement sur qui est à blâmer. Et ce n’est pas le jeu des reproches de la politique partisane du passé, comme d’habitude. Il s’agit plutôt de l’intensification du conflit entre deux parties de la classe dirigeante et deux parties du peuple à propos de l’avenir. Les fascistes républicains sont déterminés à changer radicalement la forme de gouvernement des États-Unis en une forme terroriste ouverte de dictature fasciste, tandis que les démocrates cherchent à maintenir l’empire états-unien sous ce qui a été la forme de gouvernement de ce pays depuis sa fondation – la démocratie bourgeoise, avec quelques droits démocratiques et civils – alors que son essence est une dictature vicieuse sur ceux qu’elle exploite et dirige – ici et dans le monde entier.

LA DÉFAITE DES ÉTATS-UNIS EN AFGHANISTAN NE PEUT QU’INTENSIFIER CE CLIVAGE 

Ce qu’il est critique de comprendre est ce qu’avance le document capital écrit par les revcoms, « Une déclaration, un appel à s’organiser dès maintenant pour une véritable révolution » :

CES DIVISIONS NE PEUVENT ÊTRE SURMONTÉES DE LA MANIÈRE DONT LE PAYS A ÉTÉ MAINTENU ENSEMBLE, ET CELA OUVRE LE RARE POTENTIEL D’UNE VÉRITABLE RÉVOLUTION.

En bref, la défaite des États-Unis en Afghanistan pourrait faire partie d’une combinaison de facteursqui renforce le pôle et le mouvement organisé pour une vraie révolution, rapprochant le moment où une révolution pourrait se faire. C’EST L’UNE DES PRINCIPALES RAISONS POUR LESQUELLES NOUS SALUONS LA DÉFAITE DES ÉTATS-UNIS EN AFGHANISTAN.

Mais une révolution ne peut avoir lieu que si les gens acquièrent une connaissance scientifique des raisons nécessitant une révolution, ce qu’elle implique réellement et à quoi elle sert.

N°2 : Les États-Unis n’est pas les « bons » et nous devrions saluer sa défaite

Pour que cela prenne forme, il est essentiel de comprendre que les États-Unis n’est pas ‘les bons’ dans le monde. Alors que vous regardez la vénérable armée états-unienne tenter d’évacuer son personnel, ainsi que les Afghans qu’elle a trompés ou soudoyés au cours des 20 dernières années en leur faisant croire qu’elle apporterait un véritable changement et qui sont aujourd’hui trahis, vous ne devez pas vous laisser embobiner par le blabla les médias, y compris une grande partie des médias alternatifs, qui affirment qu’il y avait une meilleure façon de procéder à cette évacuation.

Pour en arriver là, Bob Avakian, dans son livre The New Communism, cite le grand révolutionnaire V.I. Lénine, qui a dirigé la révolution russe en 1917, et qui a dit : Les gens ont toujours été et seront toujours en politique les dupes naïves des autres et d’eux-mêmes, tant qu’ils n’auront pas appris, derrière les phrases, les déclarations et les promesses morales, religieuses, politiques et sociales, à discerner les intérêts d’une classe ou d’une autre. Les partisans des réformes et améliorations seront toujours dupés par les défenseurs du vieil ordre, aussi longtemps qu’ils n’auront pas compris que toute vieille institution, si barbare et pourrie qu’elle paraisse, est soutenue par les forces de telles ou telles classes dominantes…

Nous devons examiner des événements comme la défaite en Afghanistan, et en fait tous les phénomènes politiques et sociaux avec une méthode et une approche scientifiques – quelle est la réalité plus profonde, pourquoi les États-Unis est-il en Afghanistan ? Qui et quels intérêts sont servis par l’occupation d’un pays par les États-Unis ? Est-il possible que les États-Unis – où la misogynie et le patriarcat sont endémiques, où les abus sexuels, les viols, la discrimination ne cessent de se multiplier et où le droit à l’avortement ne tient qu’à un fil – soit en Afghanistan pour libérer les femmes ? On vous ment systématiquement et votre pensée est façonnée par les institutions dominantes, telles que les médias et le processus politique, ainsi que le fonctionnement de ce système lui-même. Et, tant que nous ne verrons pas à travers les mensonges qu’ils nous racontent, et tant que nous ne lutterons pas, parfois avec acharnement, avec ceux qui croient à ces mensonges, non seulement nous serons complices des crimes de ce système, mais nous ne serons pas en mesure de construire les forces et de saisir le moment où la révolution pourrait être lancée et gagnée.

Alors, que disent les médias et les politiciens aux Etats-Unis, et quelle est la réalité ?

Les États-Unis déclare avoir envahi l’Afghanistan il y a 20 ans pour éradiquer le « terrorisme », apporter la démocratie et libérer les femmes.

Mais qu’en est-il du terrorisme qu’il a voulu éradiquer ? Lorsque Al-Qaïda a fait voler des avions détournés vers le World Trade Center le 11 septembre 2001 (9/11), ils ont pris la vie de près de 3 000 personnes. Les États-Unis a ensuite lancé sa soi-disant « guerre contre le terrorisme », qui s’est rapidement étendue à l’Irak et à d’autres points à l’Est et au Sud. Il a causé la mort de plus d’un million de personnes, pour la plupart des civils, et d’au moins 110 000, voire 210 000 personnes, rien qu’en Afghanistan. La violence déchaînée par les États-Unis a été stupéfiante. Entre 2004 et 2018, il a largué plus de 38 000 bombes sur l’Afghanistan. Jusqu’au mois de mars 2020, il avait effectué plus de 12 000 frappes de drones. Plus de la moitié du pays est en situation d’insécurité alimentaire et la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition grave.

Et en fait, ce soi-disant combattant contre le terrorisme, les États-Unis, a tué près de 10 millions de personnes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale dans ses guerres et coups d’État et guerres par procuration en Corée, au Vietnam, au Guatemala, en Iran, en Irak, au Chili, au Salvador… la liste est sans fin.

Qu’en est-il de la « démocratie » apportée par les États-Unis ? Une démocratie de marionnettes au service des intérêts des États-Unis, une coalition de seigneurs de la guerre et d’opportunistes soutenus par une armée afghane financée par les États-Unis, qui a commencé à s’effondrer lorsque l’armée états-unienne s’est retirée. Il s’agissait d’une société et d’une « armée » forgées par les États-Unis par le biais d’alliances avec une série vilaine de despotes régionaux qui ont été « ralliés » aux États-Unis par une combinaison de pots-de-vin, de possibilités perçues d’accroître leur pouvoir sur le peuple afghan, et/ou de rivalités et de querelles avec les forces talibanes tout aussi réactionnaires.

Qu’en est-il de la libération des femmes ? Il est vrai qu’une minorité de femmes et de jeunes filles afghanes, en particulier dans la capitale Kaboul et dans quelques autres endroits plus urbains, ont eu la chance d’obtenir certains droits très basiques. Ces droits seront maintenant presque certainement arrachés sous le régime barbare du fondamentalisme islamique fanatique.

Mais ces droits ont toujours été très partiels. Revcom.us a rapporté l’année dernière que les deux tiers des filles afghanes ne vont toujours pas à l’école et que 87 % sont analphabètes. Au moins 70 à 80 % d’entre elles sont contraintes au mariage, souvent avant l’âge de 16 ans. L’Afghanistan a l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde. Près de 90 % des femmes afghanes sont victimes de violences domestiques. Amnesty International considère l’Afghanistan comme l’un des pires endroits au monde pour être une femme.

La « libération des femmes » menée par les États-Unis n’a pas pu et ne pouvait pas s’attaquer aux racines des relations patriarcales oppressives en Afghanistan, et ce n’était pas son intention. Le changement fondamental de la situation des femmes ne peut résulter que d’une révolution communiste en profondeur, dans laquelle l’oppression de genre est ciblée dès le départ et dans laquelle les racines économiques, sociales, politiques et idéologiques sont déterrées.

Les vraies raisons de l’invasion états-unienne

En réalité, la VRAIE RAISON pour laquelle les États-Unis a envahi puis occupé l’Afghanistan est celle-ci : Alors que cette mission était drapée dans toutes sortes de phrases mielleuses sur la « diffusion de la démocratie » et la « libération des femmes », dans son essence, il s’agissait essentiellement de deux choses.

Premièrement, délivrer un message de style mafioso à toutes les autres forces dans le monde que si elles osaient attaquer les États-Unis ou même permettre qu’une attaque ait lieu à partir de leur sol, elles seraient détruites avec une vengeance cent fois pire.

Deuxièmement, essayer d’étendre radicalement et violemment la puissance des États-Unis d’une manière beaucoup plus large et profonde au Moyen-Orient et en Asie centrale et, au-delà, dans le monde. Un pouvoir qui existe pour défendre un empire mondial d’exploitation, de terrible oppression et de pillage destructeur de l’environnement.

Donald Rumsfeld, alors Secrétaire à la Défense, a explicitement dit après le 11 septembre : « Allez-y massivement. Balayez tout. Les choses liées et non liées. »

L’USA n’était pas, n’est pas et ne pourrait jamais être les « bons ».

La défaite de l’oppresseur numéro un dans le monde actuel est une très bonne chose. Ce qui a été vaincu n’est pas la « démocratie ». C’est la défaite d’une tentative vicieuse et ambitieuse de la classe dirigeante capitaliste-impérialiste des États-Unis d’étendre de plus en plus sa domination sur le monde. C’est pourquoi nous nous réjouissons de cette défaite, et pourquoi vous, et tous les peuples opprimés – tous ceux qui aspirent à se libérer de l’empire capitaliste-impérialiste états-unien – devriez vous aussi vous réjouir de cette défaite.

N°3 Les talibans réactionnaires sont une horreur réactionnaire pour le peuple, en particulier pour les femmes ; ils ne peuvent apporter que la répression et l’horreur… PAS de libération d’aucune sorte

Mais attendez, vous dites, regardez qui arrive derrière eux. Les talibans. Et le fait est que le pouvoir des talibans SERA une horreur. Ne vous laissez pas bercer par les promesses de modération des talibans et par le blabla des médias libéraux des États-Unis selon lequel « à l’heure de l’Internet, ils ne peuvent pas revenir au 9ème ou au 14ème siècle ». Si, ils le peuvent. Le régime théocratique fondamentaliste islamique est un cauchemar épouvantable, surtout pour les femmes. Déjà, dans une interview avec une femme journaliste, un représentant des talibans a déclaré que les femmes devraient avoir le visage complètement couvert derrière la burqa.

Sous le régime taliban, de 1996 à 2001, les femmes étaient obligées de porter des burqas, n’avaient pas le droit d’aller à l’école après l’âge de huit ans, étaient exclues de la plupart des emplois et ne pouvaient même pas sortir de chez elles sans la surveillance d’un homme. L’apartheid sexuel était pratiqué dans toute la société, et les femmes « coupables » d’infractions, même mineures, étaient soumises à des flagellations publiques, voire tuées. Les atrocités commises par les talibans – comme la lapidation de femmes dans des stades pour des « crimes » tels que l’adultère – ont révolté les gens dans le monde entier. Les talibans ont pris pour cible des personnes d’autres religions, même d’autres branches de l’islam.

Et non, l’ennemi de mon ennemi n’est pas mon ami ou mon allié. Et non encore, qu’un mouvement réactionnaire ait vaincu l’impérialisme états-unien n’en fait pas une force anti-impérialiste positive. En fait, les talibans, comme la République islamique d’Iran, chercheront à travailler avec l’impérialisme et à en tirer profit, et imposeront un ordre social oppressif du 9e siècle sur une base capitaliste du 21e siècle. Le fondamentalisme islamique est une fausse voie qui attire certains qui sont en colère et qui cherchent, mais c’est une partie importante du maintien du monde tel qu’il est.

Les talibans ne se battent en aucune façon pour la libération de l’Afghanistan contre l’oppression impérialiste. Ils représentent les intérêts et les aspirations de ces propriétaires terriens féodaux et patriarches arriérés qui veulent désespérément une place au sein de ce système impérialiste pour leur mode de vie dépassé.

Bob Avakian a caractérisé cette dynamique de la manière suivante :

Ce que nous voyons en concurrence ici avec le djihad d’une part et McWorld/ McCrusade [l’impérialisme occidental de plus en plus mondialisé] d’autre part, ce sont les couches historiquement démodées de l’humanité colonisée et opprimée contre les couches dirigeantes historiquement démodées du système impérialiste. Ces deux pôles réactionnaires se renforcent mutuellement, même s’ils s’opposent l’un à l’autre. Si vous prenez parti pour l’un ou l’autre de ces « démodés », vous finissez par les renforcer tous les deux.

Bien qu’il s’agisse d’une formulation très importante et qu’elle soit cruciale pour comprendre une grande partie de la dynamique motrice du monde à l’heure actuelle, nous devons en même temps être clairs quant à savoir lequel de ces « démodés historiques » a fait le plus de ravages et constitue la plus grande menace pour l’humanité : Ce sont les couches dirigeantes historiquement démodées du système impérialiste, et en particulier les impérialistes états-uniens. -BAsics 1:28

N°4 Forgeant une autre voie : L’humanité a besoin de la révolution et du nouveau communisme

Pour cela vous êtes nécessaire

Pensez-y : Deux classes dirigeantes démodées qui se renforcent mutuellement, même si elles s’opposent. Elles enferment le peuple dans ce qui semble être un horrible soit l’un, soit l’autre.

Mais ce n’est PAS tout ce qu’il y a. Il existe une alternative libératrice, le nouveau communisme développé par Bob Avakian, qui propose une voie d’émancipation pour toute l’humanité. Il n’y a pas besoin de choisir entre l’asservissement ouvert et la brutalité envers les femmes par le djihadisme fondamentaliste islamique et un empire impérialiste qui promet pour quelques-uns une « libération » vide de sens.

Il n’est pas nécessaire de continuer à faire la paix avec un monde dans lequel 6 milliards de personnes souffrent, triment et font face à la menace constante de la répression ou de la mort, souvent obligées de fuir en haute mer ou à travers le désert pour trouver la sécurité ou de la nourriture, afin qu’une poignée relative de ceux qui vivent dans les pays impérialistes puissent vivre une vie de privilèges, tandis que des masses populaires, même aux États-Unis, luttent pour s’en sortir et endurent le poids de l’exploitation et de l’oppression qui vole la vie et brise l’esprit. Un monde où, comme en Afghanistan, en Irak et dans trop d’autres endroits pour les nommer, ce système est défendu par une force militaire meurtrière. Et où la monstruosité capitaliste-impérialiste de ce système détruit l’environnement, rendant sans doute la terre invivable – peut-être au cours de ce siècle !

Il existe une autre voie. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour la rendre réelle en faisant la révolution ici et en répandant le nouveau communisme non seulement dans ce pays mais dans le monde entier. Et vous devez vous engager dans cette voie, vous en informer, soutenir la révolution, participer à la faire connaître ; et rejoindre la révolution. C’est un véritable espoir – un espoir sur une base scientifique – mais cela ne restera qu’un espoir et une possibilité, et non une réalité, et l’horreur dominera, étouffera et mutilera les corps et les esprits, menaçant toujours plus directement notre existence même, à moins que VOUS ne vous impliquiez.

Engagez-vous dans le travail de Bob Avakian. La Constitution pour une nouvelle République socialiste en Amérique du Nord [en anglais et espagnol], dont il est l’auteur, présente une vision et un plan pour une nouvelle société qui, dès le premier jour, libérera la créativité des masses de personnes pour qu’elles se mettent au travail afin de vaincre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, de protéger l’environnement, tout cela dans le but d’émanciper l’humanité dans le monde entier.

Alors que nous regardons avec indignation l’horreur de ce que les États-Unis a fait à l’Afghanistan, alors que nous reculons à juste titre devant le régime des talibans, et alors que nous reconnaissons que cette défaite du plus grand oppresseur du monde, l’impérialisme états-unien, a le potentiel d’ouvrir davantage la possibilité d’une révolution pour un monde radicalement différent et bien meilleur, sachez aussi : pour qu’une résolution positive puisse naître de tout cela, il faut que vous vous engagiez dans le nouveau communisme scientifiquement fondé et que, sur cette base, vous intégriez le mouvement pour une véritable révolution afin d’apporter un avenir digne de l’humanité.

Nous voulons conclure avec ces mots tirés de The New Communism de Bob Avakian :

Il est urgent que cette nouvelle synthèse soit reprise, à grande échelle, dans cette société et dans le monde entier : partout les gens se demandent pourquoi les choses sont ce qu’elles sont et si un monde différent est possible ; partout les gens parlent de « révolution » mais n’ont aucune compréhension réelle de ce que signifie la révolution, aucune approche scientifique pour analyser et traiter ce à quoi ils sont confrontés et ce qu’il faut faire ; partout, les gens se révoltent mais sont enfermés, abandonnés et laissés à la merci d’oppresseurs meurtriers, ou égarés sur des chemins qui ne font que renforcer, souvent avec une brutalité barbare, les chaînes asservissantes de la tradition ; partout, les gens ont besoin d’un moyen de s’extraire de leur conditions désespérées, mais ne voient pas la source de leur souffrance et le chemin à suivre pour sortir de l’obscurité.

Écoutez le Show RNL n° 66 entier et d’autres présentations sur YouTube : the revcoms

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Biden qualifie l’Afghanistan de « guerre juste », les troupes états-uniennes de « valeureuses, courageuses et intègres » ? Rien n’est plus éloignée de la réalité :


Le 16 octobre 2015 : Un employé de Médecins sans Frontières marche dans les ruines carbonisées de l’hôpital de l’organisation qui avait été touché par une frappe aérienne effectuée par les États-Unis à Kunduz, en Afghanistan, tuant 42 Afghans. En août 2016, quelque 111 000 personnes avaient été tuées et plus de 116 000 blessées dans cette guerre.


Des enfants afghans jouent près des débris d’une maison endommagée après un drone des États-Unis s’est écrasé à Jalalabad, à l’est de Kaboul. Jusqu’au mois de mars 2020, les États-Unis avaient fait plus de 12 000 frappes de drones en Afghanistan, tuant des milliers d’Afghans



À la Une

UNE DÉCLARATION, UN APPEL À S’ORGANISER MAINTENANT pour une VÉRITABLE RÉVOLUTION

Allons à l’essentiel : Nous avons besoin d’une révolution, rien de moins!

À toutes celles et tous ceux qui ne supportent pas le monde tel qu’il est… qui en ont assez que tant de gens soient traités comme des moins que rien… qui savent que la prétendue « liberté et justice pour tous » est un mensonge cruel… qui sont légitimement furieux que l’injustice et l’inégalité persistent, encore et encore, malgré les fausses promesses et les paroles mielleuses des gens au pouvoir (ou de ceux qui cherchent le pouvoir)… à toutes celles et tous ceux qui s’inquiètent de la direction que prennent les choses et du fait qu’être jeune aujourd’hui signifie être privé d’un avenir décent, voire d’un avenir tout court… à toutes celles et tous ceux qui ont déjà rêvé de quelque chose de bien meilleur, ou qui se sont même demandé.es si c’était possible… toutes celles et tous ceux assoiffé.es d’un monde sans oppression, sans exploitation, sans pauvreté et sans destruction de l’environnement… toutes celles et tous ceux qui ont le cœur de se battre pour quelque chose qui vaut vraiment la peine d’être défendu : vous devez faire partie de cette révolution.

Cette révolution n’est pas seulement « une bonne idée » – elle est réellement possible.

Pour de vrai ? Sommes-nous sérieux, et pouvons-nous l’étayer ? OUI. Nous ne sommes pas ici pour répéter des bêtises qui peuvent être « populaires » ou pour répandre les mensonges que nous disent constamment les gens au pouvoir et leurs porte-parole dans les médias et ailleurs. Nous sommes ici pour apporter la vérité. Voici donc quelques vérités fondamentales que nous devons comprendre et respecter. LISEZ le TEXTE ENTIER en Espagnol ou en anglais à : revcom.us 7 avril 2021

À la Une

La vie des prisonniers politiques en Iran est en jeu – Nous devons AGIR maintenant

Un appel d’urgence

Le 20 mars 2021 https://www.freeiranspoliticalprisonersnow.org

The Emergency Campaign to Free Iran’s Political Prisoners (Campagne d’urgence pour la libération des prisonniers politiques en Iran) a diffusé cet appel.

Il y a actuellement une campagne brutale d’arrestations, de tortures et d’exécutions en Iran. C’est une urgence. La vie et la dignité de centaines de prisonniers politiques sont en danger imminent et mortel.

Il faut que toutes celles et tous ceux qui défendent la justice et aspirent à un monde meilleur se joignent à la cause de la libération des prisonniers politiques en Iran MAINTENANT.

À partir d’octobre 2020, la République islamique d’Iran (RII) a lancé une nouvelle vague massive d’arrestations arbitraires à l’encontre de militants syndicaux, de défense des femmes et des droits humains,ainsi que d’intellectuels et d’artistes dissidents, de manifestants et derévolutionnaires et de membres de minorités religieuses et opprimées.Nombre d’entre eux sont aujourd’hui torturés, placés en isolement et privés de leurs droits légaux, d’assistance ou d’aide médicale, alors que la RII tente de leur extorquer des « aveux », organise des simulacres de procès et procède à des flagellations brutales.

Amnesty International met en garde contre une « augmentation alarmante des exécutions », 49 prisonniers ayant été exécutés entre décembre 2020 et février 2021. Ce régime a un passétaché de sang avec ses tentatives d’écraser violemment toute forme de dissidence ou de résistance –allant jusqu’à des exécutions massives et soudaines de prisonniers politiques, comme ce fut le cas en 1988.

Nous ne pouvons pas permettre que cela se reproduise.

Cette répression a été accueillie avec un héroïsme suscitant l’inspiration. De nombreux prisonniers, leurs familles, lessympathisants et diverses organisations iraniennes se sont exprimés et ont exigé la libération de TOUS les prisonniers politiques en Iran, au péril de leur propre sécurité.

The Iranian Writers Association (Association des écrivains iraniens) a dénoncé l’exécution de prisonniers d’opinion, alors même qu’elle subit une répression extrême. Plusieurs de ses membres sont emprisonnés, dont Arash Ganji, condamné à 11 ans pour avoir traduit un livre sur la lutte des Kurdes en Syrie. Narges Mohammadi, journaliste et membre du Centre des ‘Defenders of Human Rights’, a été emprisonnée pendant huit ans et demi. Elle appelle à protester contre l’isolement des deux frères de Navid Afkari, le champion de lutte iranien exécuté l’année dernière pour avoir participé à la rébellion de masse de 2018. Les frères sont condamnés à 54 et 27 ans de prison.

Le film documentaire Nasrin (portant sur l’avocate emprisonnée Nasrin Sotoudeh) est un exemple de ce cauchemar des détentions et de cet implacable esprit de résistance.

Les prisonniers politiques en Iran sont confrontés à une grave urgence vitale et immédiate. Voici quelques autres exemples :

Un certain nombre de personnes ayant la double nationalité européenne, australienne ou américaine sont détenues dans le « quartier politique » de la tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran. Amnesty International a récemment envoyé des alertes d’action urgente concernant deux de ces prisonniers :

– Nahid Taghavi, défenseure des droits, architecte à la retraite et citoyenne irano-allemande, souffre de diabète et d’hypertension. Sa fille Mariam Claren indique que sa mère a été maintenue en isolement pendant 151 jours et a été interrogée 80 fois différentes pour un total de 1 000 heures au cours de ses 147 premiers jours d’emprisonnement.

– MehranRaoof, citoyen irano-britannique et militant des droits des travailleurs, est « détenu en isolement prolongé », selon Amnesty. Raoof s’est vu refuser l’accès à ses propres avocats en Angleterre, n’a pas de famille proche en Iran et sa sécurité n’a pas été vérifiée depuis cinq mois.

Les femmes détenues sont de plus en plus souvent transférées dans des prisons plus éloignées, ce qui limite l’accès de leur famille et de leurs avocats. Parmi elles figurent :

– Sepideh Gholian, une journaliste indépendante arrêtée pour avoir fait des reportages et avoir prétendument participé à des grèves ouvrières. Début mars 2021, elle a été brusquement transférée enchaînée de la prison d’Evin à Téhéran à la prison de Bushehr, dans le sud de l’Iran, à plus de 400 kilomètres de ses parents.

– Somayeh Kargar, militante kurde et diplômée en philosophie de l’université de Tabriz, détenue arbitrairement depuis le 16 octobre, a été transférée de la prison d’Evin à celle, encore plus sale, de Quarchak, à l’extérieur de Téhéran. Le régime refuse qu’elle reçoive à Paris les traitements médicaux prévus qui pourraient la sauver de la cécité.

Tous les prisonniers politiques en Iran doivent être libérés immédiatement et sans condition.

Les gouvernements des États-Unis et de l’Iran agissent en fonction de leurs intérêts nationaux. Et, dans ce cas, nous, les peuples des États-Unis et de l’Iran, ainsi que les peuples du monde, avons NOS intérêts communs, dans le cadre de la réalisation d’un monde meilleur : nous unir pour défendre les prisonniers politiques en Iran. Aux États-Unis, nous avons la responsabilité particulière de nous unir très largement contre cette répression ignoble de la République islamique, et de nous opposer activement à touteaction belliqueuse du gouvernement états-unien, cequi infligerait encore plus desouffrances insupportables au peuple d’Iran.

Nous exigeons à la République islamique d’Iran LIBÉREZ TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES MAINTENANT. Au gouvernement des Etats-Unis nous disons : PAS DE MENACES OU D’ACTIONS BELLIQUEUSES CONTRE L’IRAN, LEVEZ LES SANCTIONS IMPOSÉES PAR LES ETATS-UNIS.

CE QUE NOUS POUVONS FAIRE

– Soutenir et diffuser cet appel d’urgence. Partager vos idées et/ou collaborer avec la Campagne – la Emergency Campaign to Free Iran’s Political Prisoners- pour publier cet appel d’urgence afin de mettre en lumière cette situation désastreuse et d’amplifier la campagne pour libérer TOUS les prisonniers politiques en Iran MAINTENANT. Aux États-Unis, nous agissons en solidarité avec le mouvement burn_the_cage en Europe pour libérer les prisonniers politiques en Iran. 

– Prendre la parole et envoyer des messages de soutienpour les prisonniers politiques en Iran. Se joindre à l’appel d’Amnesty pour transmettre des demandes exigeantla libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers d’opinion qui ont la double nationalité. Écrireau Responsable du pouvoir judiciaire, Ebrahim Raisi c/o Ambassade de l’Iran auprès de l’Union européenne, Avenue Franklin Roosevelt No 15, 1050 Bruxelles, Belgique (mettre en copie Amnesty International à ContactUs@Amnesty.org et la campagne à FreeIransPoliticalPrisonersNOW@gmail.com.

– Organiser des réunions, des forums et des manifestations en solidarité avec les prisonniers politiques en Iran. Regarder et diffuser ou projeter le film Nasrin. www.nasrinfilm.com/the-trailer ou https://www.youtube.com/watch?v=UHW1ltS7xVE

– Suivre les alertes, mises à jour et les informations sur le site https://www.freeiranspoliticalprisonersnow.org,surYouTube et Twitter: https://twitter.com/IranPrisonEmerg.

Écrivez à la Campagne à FreeIransPoliticalPrisonersNOW@gmail.com

Emergency Campaign to Free Iran’s Political Prisoners

À la Une

Une nouvelle année, le besoin urgent pour un monde radicalement nouveau – Pour l’émancipation de l’humanité entière

Communication du NOUVEL AN par BOB AVAKIAN

1 Dans ma communication du 1er août 2020, j’ai avancé l’analyse selon laquelle, dans les circonstances particulières de cette élection présidentielle et les enjeux vraiment profonds qu’elle a posés, si le régime Trump/Pence se trouvait encore au pouvoir au moment de cette élection, il serait nécessaire et important de voter pour Biden afin de livrer une défaite électorale décisive au fascisme représenté par ce régime. En même temps, j’ai souligné que le simple fait de se fier au vote conduirait vraisemblablement au désastre, et qu’il était d’une importance vitale que les gens descendent dans la rue, dans une mobilisation de masse non violente mais soutenue et croissante, suivant l’appel lancé par RefuseFascism.org que ce régime fasciste soit chassé tout de suite – OUT NOW !

Il s’est avéré que les électeurs ont voté en grand nombre pour évincer ce régime fasciste – et, ce faisant, ont infligé une défaite électorale suffisamment décisive au régime Trump/Pence pour que sa tentative de coup d’État progressive, devenue extrêmement violente, soit plus difficile à réaliser et soit finalement vaincue, Trump étant contraint de partir (tout en refusant de reconnaître sa perte aux élections), alors même que l’inauguration de Biden ait dû avoir lieu dans une capitale devenue un camp armé verrouillé.

Dans l’immédiat, la catastrophe a été évitée de justesse qui se serait produite si ce régime fasciste avait été réélu (ou était resté au pouvoir d’une autre manière) et, sur cette base, avait consolidé davantage son pouvoir fasciste et aurait été davantage enhardi et libre pour mettre en œuvre son horrible programme. Le fait que le régime Trump/Pence ait dû quitter ses fonctions est d’une grande importance et mérite en soi d’être célébré ! Pourtant, la réalité est que, non seulement par rapport à cette élection, mais tout au long des quatre années du mandat de ce régime et ses atrocités croissantes, il n’y a pas eu la mobilisation non violente massive appelée par Refuse Fascism pour chasser ce régime et, au lendemain de l’élection, les rues ont été dominées par les mobilisations fascistes, et non pas par l’opposition au fascisme. Il en est résulté une situation où, malgré la défaite électorale du régime Trump/Pence, les forces du fascisme continuent à gagner du terrain à bien des égards, et l’opposition est restée beaucoup trop passive et tributaires des conditions fixées par le Parti démocratique.

Il faut se rendre à l’évidence que, comme l’a montré l’élection, près de la moitié de la population états-unienne a accueilli avec passion, agressivité et belligérance ce que représente le « Trumpisme ». La vérité incontournable est que les Etats-Unis, la très célèbre « cité qui brille sur la colline » est remplie de fascistes ! – au sein du gouvernement à tous les niveaux et dans de larges parties de la société. Et une caractéristique déterminante de ces fascistes est leur allégeance fanatique à des distorsions démentes de la réalité, ce qui est extrêmement difficile (et dans de nombreux cas impossible) de pénétrer avec la raison et les faits, parce que ces distorsions servent à renforcer leur sentiment que leurs privilèges « mérités » sont menacés et à rendre les préjugés et les haines de longue date encore plus virulents. Ce fascisme est profondément enraciné dans la dynamique sous-jacente du système capitaliste-impérialiste qui gouverne aux Etats-Unis et dans toute son histoire depuis sa fondation dans l’esclavage et le génocide. Il y a une autre vérité essentielle liée à cela : Biden échouera lamentablement lors de sa tentative de faire « guérir » et « d’unir le pays ». Comme je l’ai écrit précédemment :

Biden et les Démocrates ne peuvent pas « unir le pays », comme ils le prétendent à tort, car il ne peut y avoir de « réconciliation » avec ces fascistes – dont les « griefs » sont fondés sur un ressentiment fanatique contre toute limitation de la suprématie blanche, de la suprématie masculine, de la xénophobie (haine des étrangers), du chauvinisme américain enragé, et du pillage effréné de l’environnement, et s’expriment de plus en plus en termes littéralement lunatiques. Il ne peut y avoir de « réconciliation » avec cela, si ce n’est selon les termes de ces fascistes, avec toutes les terribles implications et conséquences de cela !

Il ne fait aucun doute que plusieurs politiques de l’administration Biden/Harris seront différentes des atrocités flagrantes du régime Trump/Pence, et on aura certainement « le sentiment que les choses sont différentes » avec Biden et Harris, mais la manière dont ils tenteront « d’unir le pays » – conformément aux intérêts et aux exigences de ce système de capitalisme-impérialisme – est quelque chose qu’aucune personne décente ne devrait vouloir, ou agir pour en faire partie. En cherchant à rétablir et à renforcer la « stabilité » des Etats-Unis et de le maintenir comme la première puissance oppressive du monde, Biden, Harris, et les Démocrates (ainsi que d’autres institutions « traditionnelles », comme le New York Times et CNN), feront des efforts déterminés pour maintenir les masses, qui à juste titre ont détesté le fascisme de Trump/Pence et qui aspirent à un monde plus juste, fermement liées à ce système – en réduisant leur vision politique, et activités, aux confins de ce système, les empêchant d’agir dans leurs propres intérêts fondamentaux et ceux de l’humanité dans son ensemble. Et dans la mesure où les choses sont maintenues dans les limites de ce système, cela aura en réalité pour effet la poursuite des horreurs pour l’humanité qui sont intégrées dans ce système, tout en renforçant et donnant un nouvel élan aux forces économiques sous-jacentes, ainsi qu’aux forces sociales et politiques qui raffermiront le fascisme ayant déjà fait preuve d’une grande vigueur aux Etats-Unis (et dans un certain nombre d’autres pays).

2 Même s’il est essentiel que le vote lors de cette élection ait abouti à une défaite décisive pour le gouvernement Trump/Pence et ses tentatives de consolider davantage le régime fasciste, il ne faut pas que cela occulte cette vérité cruciale : la manière de défendre et de poursuivre les intérêts du système capitaliste-impérialiste et le pouvoir de la classe capitaliste reste une source de discorde dans la polarisation entre les Démocrates et les Républicains, telle qu’elle s’exprime à travers le processus électoral aux Etats-Unis. Elle ne représente pas les divisions fondamentales de la société et du monde, ni les intérêts fondamentaux des masses, aux Etats-Unis et dans le monde entier. De même, les problèmes profonds auxquels l’humanité est confrontée ne peuvent pas être résolus – en fait, ils ne peuvent que s’aggraver – dans les limites de ce système d’exploitation et d’oppression meurtrière, ainsi que dans le chaos et la destruction qu’il continuera à déclencher à grande échelle, tant qu’il continuera à dominer le monde.

C’est une vérité fondée sur des faits et scientifiquement établie. Ignorer, nier ou essayer de poursuivre une évasion individuelle de cette réalité ne fera qu’empirer les choses et accélérer le désastre.

La défaite électorale du régime Trump/Pence ne fait que « gagner du temps » – à la fois par rapport au danger imminent posé par le fascisme que ce régime représente, et plus fondamentalement en termes de la crise potentiellement existentielle à laquelle l’humanité est de plus en plus confrontée du fait qu’elle est liée à la dynamique de ce système de capitalisme-impérialisme. Mais, en termes essentiels, le temps n’est pas du côté de la lutte pour un meilleur avenir pour l’humanité. Il ne faut donc pas gaspiller le temps qu’il y a, s’embourber dans l’individualisme inconscient et la paralysie politique ou gâcher le temps par des activités mal orientées qui ne font que renforcer ce système perpétuant des horreurs sans fin pour les masses de l’humanité et qui a amené les choses au bord d’une catastrophe bien réelle.

Une polarisation profondément différente doit être mise en place, en accord avec le potentiel d’un monde radicalement différent et meilleur, représentant les intérêts réels des masses et, en fin de compte, de l’humanité tout entière. Il faut adopter une approche radicalement différente pour comprendre les relations et les problèmes de la société et pour agir en conséquence – une méthode et approche rigoureusement et toujours scientifique.

3 Parmi les nombreuses personnes qui ont été scandalisées par la façon dont Trump s’est constamment engagé dans des mensonges pathologiques et intentionnels, on a vu un fort accent sur l’importance de la science et de la vérité, sur les faits et un raisonnement fondé sur des preuves. Cela s’est concentré dans une large mesure sur l’approche cruellement anti-scientifique que Trump et Pence ont adopté envers la pandémie de COVID-19, et l’encouragement de cette folie anti-scientifique parmi la « base » fasciste dans la société en général – ce qui a conduit à des dizaines de milliers (voire des centaines de milliers) de décès inutiles ainsi que des difficultés et des souffrances inutiles pour les masses. Cet accent sur la science et la méthode scientifique est d’une importance vitale, mais il est également nécessaire de souligner le besoin palpable et la grande importance de d’être cohérent à cet égard, et de suivre la vérité scientifiquement déterminée où qu’elle mène, afin de comprendre correctement la réalité, dans tous les domaines de la vie et de la société.

Cela signifie qu’il faut rompre complètement avec et aller plus loin que l’approche qui consiste simplement à accepter les vérités – ou les supposées vérités – avec lesquelles on se sent à l’aise, tout en rejetant, écartant ou éludant la vérité réelle qui peut nous rendre mal à l’aise. Une dimension importante de cette situation est de dépasser et de refuser méthodologiquement le relativisme philosophique de la « politique d’identité », qui fait beaucoup de mal par sa propre version de la réduction de la « vérité » à l’expérience partielle, non systématisée et au sentiment subjectif (« ma vérité »… « notre vérité »…) en opposition à la vérité réelle et objective, qui est correctement, scientifiquement établie par un processus fondé sur des preuves, pour déterminer si une chose (une idée, une théorie, une affirmation, etc.) correspond ou non à la véritable réalité matérielle. Alors que politiquement cette « politique identitaire » peut être le fruit d’une volonté de s’opposer à diverses formes d’oppression – même si c’est souvent caractérisée, et dénaturée, par des personnes d’identités différentes cherchant à revendiquer la « propriété » de l’opposition à l’oppression – en termes d’épistémologie (l’approche pour comprendre la réalité et arriver à la vérité des choses) la « politique de l’identité » a beaucoup en commun avec le recours à des « faits alternatifs » (des affirmations qui s’opposent à des faits réels, souvent de manière délirante) qui est l’incontournable marque des fascistes. Même s’il est important de reconnaître les distinctions politiques en jeu, la situation est bien trop grave et les enjeux bien trop importants pour se laisser convaincre par ou concilier avec, toute forme d’opposition que ce soit à la méthode scientifique et à sa recherche d’une vérité objective sur la réalité.

Pour comprendre pourquoi nous sommes confrontés à la situation dans laquelle nous nous trouvons, il ne faut pas se contenter de réagir à – et même de se laisser ballotter par – ce qui se passe en surface à un moment donné, il faut creuser sous la surface pour découvrir les ressorts et les causes sous-jacentes des choses, et parvenir à appréhender le problème fondamental et la véritable solution. Cela signifie qu’il faut arriver à comprendre de manière scientifique que nous vivons sous un système, et ce que ce système est réellement (le système du capitalisme-impérialisme) ; travailler à saisir les relations et la dynamique plus profondes de ce système et comment cela définit le cadre de la manière dont les différentes couches de la société pensent et réagissent spontanément aux événements de la société et du monde, et quelle est la voie possible pour transformer tout cela dans l’intérêt des masses de l’humanité et, en fin de compte, de l’ensemble de l’humanité. Il s’agit en partie d’une compréhension scientifique des changements majeurs, résultant de la dynamique et du fonctionnement même de ce système qui ont conduit à des bouleversements dans la société et ont alimenté sensiblement ce fascisme : les changements dans l’économie capitaliste-impérialiste et respectivement dans la structure sociale et la « composition sociale » des Etats-Unis, ainsi qu’au niveau international, qui ont miné les formes « traditionnelles » d’oppression sans toutefois conduire à y mettre fin mais au contraire à l’établir et à l’imposer sous de nouvelles formes, tout en provoquant ce qui est vraiment une réaction insensée, sadique et souvent violente de la part des secteurs de la société qui ont identifié leurs intérêts, jusque dans leur être même, avec les formes traditionnelles d’oppression.

En guise d’introduction, et de point global, en ce qui concerne certains de ces changements importants, il est important de souligner que ces changements, et en particulier ceux qui se sont produits au cours des dernières décennies, sont liés au parasitisme accru du capitalisme-impérialisme dans le monde contemporain. Comme je l’ai expliqué dans Percées :

La percée historique réalisée par Marx et la nouvelle percée du nouveau communisme, Un résumé basique, le parasitisme désigne le fait qu’un capitalisme de plus en plus mondialisé s’appuie fortement, pour la production et pour maintenir le taux de profit, sur un vaste réseau d’ateliers de misère, notamment dans le Tiers Monde d’Amérique latine, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie, tandis que l’activité capitaliste dans les « pays d’origine » capitalistes-impérialistes se situe de plus en plus dans le domaine de la finance et de la spéculation financière, et « du haut de gamme » de la haute technologie (et non pas de la production des matériaux physiques de base pour cette technologie), ainsi que le secteur des services et le domaine commercial (dont le rôle croissant de la commercialisation en ligne).

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (il y a 75 ans), la situation des Noirs a radicalement changé. Ces changements étaient initialement basés sur une mécanisation accrue et d’autres transformations de la production agricole, et l’économie en général ; ils ont été accélérés par une puissante recrudescence de la lutte des Noirs, qui a arraché des concessions à la classe dirigeante états-unienne soucieuse de conserver son image de « champion de la démocratie » et « leader du monde libre », notamment dans sa confrontation avec l’Union soviétique pendant plusieurs décennies après la Seconde Guerre mondiale. En raison de ces facteurs et d’autres encore, l’oppression des Noirs n’est plus centrée sur l’exploitation brutale dans le Sud rural, dans des conditions de quasi-esclavage (et dans certains cas d’esclavage réel) soutenue par la terreur du Ku Klux Klan, mais il s’agit au contraire d’une situation où des Noirs sont ségrégés et concentrés dans les zones urbaines à travers le pays et soumis à une discrimination systématique et à une brutalité continue et des meurtres par la police. Au cours des dernières décennies, en raison de l’intensification de la mondialisation et de l’automatisation de la production, en interaction avec la discrimination persistante, on a assisté à l’élimination d’un grand nombre d’emplois en usine qui avaient permis aux hommes noirs (et à certaines femmes) d’obtenir du travail mieux rémunéré dans les zones urbaines. En même temps, en conséquence des luttes pour les droits civils et la libération des Noirs des années 1960/début des années 1970, ainsi que d’autres facteurs, il y a eu une croissance de la classe moyenne noire. Mais il y a eu également une augmentation de ce qu’on appelle la « sous-classe », concentrée et enfermée dans des ghettos urbains et plus ou moins définitivement exclue de l’emploi stable au sein de l’économie « formelle ».

Incapables d’apporter une résolution positive aux contradictions aiguës liées à ces changements – incapables de mettre fin au racisme systémique, y compris la discrimination dégradante à l’encontre de segments de la population noire même économiquement plus aisés – incapables d’intégrer un grand nombre de Noirs dans l’économie « formelle » – les forces dirigeantes de la société ont répondu à cette situation par l’incarcération massive de millions d’hommes noirs (et un nombre croissant de femmes), par des arrestations, des procès, des condamnations et des peines qui incarnent encore plus de discrimination et d’injustice, et par le déchaînement et le soutien d’une terreur policière systématique, qui vise particulièrement les Noirs dans les milieux urbains défavorisés mais peut cibler n’importe quelle personne noire, n’importe où et n’importe quand. La tentative de faire respecter brutalement « l’ordre public », étant donné qu’une solution plus juste est impossible sous ce système, accroît la volatilité de la situation et provoque des nouveaux bouleversements – dont des protestations et rébellions, justifiées et justes – qui à son tour sont exploités par les forces fascistes en propageant leur grotesque représentation suprématiste blanche des masses noires comme « criminels » et « animaux non enfermés ».

Le fait qu’avec tous ces changements, et indépendamment de qui occupe les sièges du pouvoir, la discrimination systématique et l’oppression meurtrière ont persisté, a conduit certains Noirs à conclure que le Parti démocratique est le problème, puisqu’il a toujours cherché à obtenir le soutien des Noirs, mais a agi de manière répétée contre leurs intérêts. Alors même que le Parti républicain est devenu le véhicule d’une suprématie blanche manifeste et agressive, il est vrai que les Démocrates, et pas seulement les Républicains, ont présidé à l’oppression des Noirs. Mais quelle en est la vraie raison, et quelle est la véritable réponse à cette question ? La réalité est que la suprématie blanche est intégrée dans ce système de capitalisme-impérialisme, et aucun de ces partis de la classe dominante ne pourrait y mettre fin, même s’il le voulait. La réponse n’est pas de se rallier au Parti républicain fasciste, ni d’essayer de jouer ces partis bourgeois l’un contre l’autre, ou d’adopter le « capitalisme noir » et demander une meilleure « place à la table » – tout cela ne fera que renforcer le système d’oppression existant et profitera peut-être à quelques-uns au détriment du plus grand nombre. La réponse est la révolution, et l’établissement d’une société radicalement différente qui a la base ainsi que l’orientation pour déraciner et abolir la suprématie blanche, et toutes les relations oppressives.

La situation et la position sociale d’un grand nombre de femmes ont profondément changé, tant au sein des Etats-Unis qu’au niveau international. Pour en citer une dimension importante, une grande partie de la main-d’œuvre des ateliers de misère dans le Tiers Monde est composée de femmes, contraintes de travailler dans des conditions horribles. Aux Etats-Unis, les changements dans le fonctionnement et la structure de l’économie (dans le cadre d’une économie mondiale de plus en plus globalisée) ont entraîné une forte croissance de l’emploi, et de l’exploitation, de femmes noires (et d’autres femmes de couleur), notamment dans les secteurs des services et du commerce de détail. En même temps, non seulement il y a plus de possibilités pour un grand nombre de femmes (en particulier les femmes blanches, mais aussi pour certaines femmes de couleur) de trouver des postes dans les professions et dans les affaires, mais c’est également devenu une nécessité afin de permettre leurs familles de maintenir un « mode de vie de classe moyenne ». Cette situation où plus de femmes sont employées en dehors du foyer, y compris un accroissement significatif du nombre de femmes occupant des postes de classe moyenne mieux rémunérés, a sérieusement mis à rude épreuve et considérablement miné la famille patriarcale « traditionnelle » (dominée par les hommes) ainsi que les relations patriarcales dans la société en général.

Tout cela a créé des conditions plus favorables pour – et a été très influencé par – la lutte contre l’oppression des femmes, qui s’est exprimée avec force dans le cadre de la recrudescence générale de la lutte radicale des années 1960 et a continué sous diverses formes depuis lors. Comme je l’ai dit dans mon livre Away With All Gods ! [titre complet – Adieu à tous les dieux ! Désenchaîner l’esprit et changer radicalement le monde] :

Avec les soulèvements des années 1960, beaucoup de choses ont été remises en cause, et pas seulement dans le domaine des idées, bien que cela soit extrêmement important, mais aussi dans la pratique, dans le domaine de la lutte politique – des choses qui sont fondamentales pour cette société. Et de nombreux changements se sont produits en partie à la suite de la lutte politique de masse et en partie à cause de l’évolution des caractéristiques et des besoins de l’économie. Encore une fois, l’une des dimensions les plus importantes de cette question portait sur le rôle des femmes, en particulier parmi les professionnels et d’autres secteurs de la classe moyenne, où il est devenu à la fois possible et nécessaire pour les femmes de travailler à plein temps, dans le but de maintenir un niveau de vie de classe moyenne. Associé aux expressions politiques et idéologiques du féminisme, et d’autres mouvements apparus dans les années 1960, cela a posé un défi très direct aux formes d’oppression traditionnellement institutionnalisées dans cette société.

Pourtant, l’élimination de la suprématie masculine est impossible dans les limites de ce système. Cela est vrai parce que la suprématie masculine a été profondément entrelacée dans le tissu de cette société, et parce que ce système est fondé sur les rapports marchands et l’exploitation capitalistes – les choses sont produites pour être échangées (vendues), par un processus dans lequel des masses travaillent pour un salaire pour créer un profit accumulé par des capitalistes qui les emploient et contrôlent leur travail – un système dans lequel l’unité familiale patriarcale reste une composante et une exigence économique et sociale essentielle, même si elle est soumise à des tensions croissantes. Et la partie fasciste de la classe dirigeante a, depuis plusieurs décennies maintenant, mené une attaque implacable contre les droits constitutionnels, et a mobilisé sa base sociale de fanatiques fondamentalistes religieux, pour affirmer avec force et souvent violemment l’oppression patriarcale « traditionnelle » – avec l’attaque contre le droit à l’avortement, et même à la contraception, un point majeur de cette tentative d’asservir essentiellement les femmes. Ce que j’ai écrit, il y a 35 ans, est aujourd’hui plus vrai que jamais :

Au cours des dernières décennies aux États-Unis, la situation des femmes et les relations au sein de la famille ont connu de profonds changements. Dans une seule famille sur dix, on trouve la situation « modèle » où le mari est le seul soutien de famille et l’épouse une « femme au foyer » totalement dépendante. Ces changements économiques se sont accompagnés de changements significatifs dans les attitudes et les attentes – et de tensions très importantes non seulement dans le tissu familial mais aussi dans les relations sociales en général…. Toute la question de la position et du rôle des femmes dans la société se pose avec de plus en plus d’acuité dans les circonstances extrêmes actuelles – c’est une poudrière aux États-Unis aujourd’hui. Il n’est pas concevable que tout cela trouve une autre solution que dans les termes les plus radicaux et par des moyens extrêmement violents. La question qui reste à déterminer est la suivante : s’agira-t-il d’une résolution réactionnaire radicale ou révolutionnaire radicale, signifiera-t-elle le renforcement des chaînes d’asservissement ou l’éclatement des maillons les plus décisifs de ces chaînes et l’ouverture de la possibilité de réaliser l’élimination complète de toutes les formes de cet asservissement.

Tout cela a permis une possibilité et un « espace » accrus pour l’affirmation de « l’identité » de genre et de relations qui vont à l’encontre des relations de genre traditionnelles oppressives – et, encore une fois, il y a eu la tentative souvent violente de réaffirmer et de renforcer les relations traditionnelles et de supprimer tout ce qui n’est pas conforme à cela.

La religion, et en particulier le fondamentalisme religieux, est un facteur puissant favorisant et renforçant la subordination patriarcale des femmes, ainsi que d’autres formes « traditionnelles » d’oppression. Voici un aperçu important de Kristin Kobes Du Mez, qui a grandi dans une ville de l’état d’Iowa remplie de fondamentalistes chrétiens blancs (« évangéliques blancs », selon l’auteure) qui sont la colonne vertébrale du fascisme américain actuel. Dans son livre Jesus and John Wayne: How White Evangelicals Corrupted a Faith and Fractured a Nation, [Jesus et John Wayne : comment les évangéliques blancs ont corrompu une religion et fracturé une nation], elle écrit :

Les évangéliques blancs ont reconstitué cette mosaïque de questions, et un engagement nostalgique envers une masculinité blanche militante, coriace et agressive sert de fil conducteur pour les relier en un tout cohérent. La domination d’un père au foyer est inextricablement liée à un leadership héroïque sur la scène nationale, et le destin de la nation dépend de ces deux éléments. [italiques ajoutés]

Étant donné le lien étroit entre le patriarcat militant et le fascisme, il n’est pas surprenant que certains (bien que clairement minoritaires) Noirs et Latinos aient été amenés à soutenir Trump, malgré sa suprématie blanche manifeste. (Cela inclut certains qui sont ou ont été des figures de proue du rap. Bien qu’il y ait eu des forces et des éléments positifs dans le rap et le hip-hop en général, ce qui a été de plus en plus promu est une culture chargée de, pour ne pas dire dominée par, la dégradation misogyne des femmes, ainsi que de l’admiration pour le type de gangstérisme « arnaqueur » qui est l’une des « qualités » définissant Trump). Il n’est pas non plus surprenant qu’un nombre même important de femmes (principalement des femmes blanches, mais aussi latines et d’autres femmes de couleur) aient été attirées par ce fascisme, car le phénomène des opprimés s’accrochant aux « chaînes de la tradition » qui les oppriment n’est malheureusement que trop fréquent. (Pensez aux mères dans la patrie, dont Claudia Koonz parle dans son livre portant ce titre – des femmes qui ont travaillé activement pour le suprémaciste masculin agressif Hitler, et les NAZI en Allemagne pendant la montée du fascisme dans ce pays dans les années 1930. Ou encore, écoutez les mots de la fasciste noire Candace Owens, qui a fait l’éloge d’Hitler pour ses efforts visant à « rendre la grandeur à l’Allemagne » : « Il n’y a pas de société qui puisse survivre sans hommes forts…. En Occident, la féminisation constante de nos hommes en même temps que le marxisme est enseigné à nos enfants n’est pas une coïncidence. C’est une attaque directe. Ramenez des hommes virils. » Bien sûr, pour les fascistes comme Owens, les hommes « forts » et « virils » sont ceux qui incarnent et imposent les relations traditionnelles entre les sexes, en exerçant une domination sur les femmes qui se soumettent à cette domination –et les hommes qui ne se conforment pas aux rôles et aux relations traditionnelles entre les sexes, les hommes qui soutiennent l’égalité entre les hommes et les femmes sont en quelque sorte « faibles », « efféminés », « émasculés »). Et pour les femmes blanches qui font partie de ce phénomène fasciste, dans lequel la virulente suprématie masculine est un élément déterminant et de cohérence, il y a aussi le fait que ces femmes peuvent s’associer à la suprématie blanche qui, en particulier dans un pays comme les États-Unis, est aussi un élément déterminant et décisif de ce fascisme et est étroitement entrelacée à la virulente suprématie masculine – comme le reflète la formulation de Kristin Kobes Du Mez : une masculinité agressive et militante blanche.

Un résultat de l’intensification de la crise climatique, de la guerre et de la répression – et, en tant que force motrice dans tout cela, des changements majeurs dans l’économie mondiale dominée par le capitalisme-impérialisme, y compris la poursuite de la croissance et l’impact accru au niveau international de l’agro-industrie et des technologies entraînant le déplacement de la main-d’œuvre, ainsi que l’impact du contrôle de plus en plus monopolisé des semences et des produits chimiques, la monopolisation accrue de la commercialisation et les vastes investissements dans l’accaparement de terres – est une dislocation et un bouleversement massifs, affectant particulièrement les populations du Sud global (les pays d’Amérique latine, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie – le Tiers Monde). Une caractéristique importante de tout cela est l’urbanisation de masse : plus de la moitié de la population mondiale vit maintenant dans des zones urbaines, avec d’énormes bidonvilles abritant plus d’un milliard de personnes dans les villes du Tiers Monde, alors même que des dizaines de millions de personnes du Tiers-Monde ont été forcées de migrer vers les États-Unis et les pays d’Europe. Et la situation s’est développée de telle sorte que, dans certains de ces pays – les États-Unis en est un bon exemple – l’économie ne pourrait pas fonctionner sans l’exploitation d’un grand nombre d’immigrants, alors que beaucoup sont soumis à la menace constante de l’expulsion, ce qui les rend encore plus vulnérables à une exploitation extrême.

La ruine d’une grande partie de l’agriculture traditionnelle à petite échelle dans les pays du Tiers Monde et l’augmentation spectaculaire d’une population urbaine (ainsi qu’aux États-Unis et dans certains autres pays impérialistes) qui, en grand nombre, n’arrive pas à trouver du travail dans « l’économie formelle » – cela a également favorisé la croissance d’une économie illégale et de gangs (et, en particulier dans les pays du Tiers Monde, de cartels) basés sur cette économie illégale, surtout le trafic de drogue, mais aussi la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des jeunes filles victimisées violemment dans la prostitution, « l’industrie du sexe » et l’esclavage sexuel au sens propre. Cette situation considérablement changée et souvent très instable a aussi été un facteur majeur dans la montée du fondamentalisme religieux, dans le Tiers Monde et notamment aux États-Unis, où le fondamentalisme chrétien est une force sociale et politique négative puissante. La défaite, ou l’abandon, des mouvements dans le Tiers Monde dirigés par les communistes ou les nationalistes révolutionnaires contre les colonialistes de la vieille école et les oppresseurs néocoloniaux, surtout les États-Unis, dans la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, est interconnecté et interagit avec ces changements économiques et les changements sociaux correspondants d’une manière qui a contribué à l’influence accrue du fondamentalisme religieux, en particulier dans le Tiers Monde ; le plus grand revers a été le renversement du socialisme et la restauration du capitalisme en Chine dans les années 1970, qui a transformé la Chine d’un puissant pays socialiste et d’un phare et bastion de soutien à la lutte révolutionnaire dans le monde entier, en une puissance impérialiste en pleine ascension et en un exploiteur des masses en Afrique et dans d’autres parties du Tiers Monde.

La montée du fondamentalisme religieux s’est produite parallèlement et en opposition à la croissance du sécularisme (personnes qui ne sont pas religieuses, ou du moins qui ne font pas partie des religions traditionnelles), surtout parmi les populations urbaines les plus instruites. Ce sécularisme n’est pas en soi conçu ou prévu comme une attaque contre les personnes qui continuent à avoir des croyances religieuses, mais il sape objectivement la religion – et il est considéré comme une attaque « contre tout ce qui est saint » par les fondamentalistes religieux qui refusent même de tenter de concilier les croyances religieuses avec les résultats de la recherche scientifique, comme le reflète fortement leur attaque irrationnelle contre le fait scientifique solidement établi de l’évolution.

Dans cette division il s’agit essentiellement de l’acceptation, ou la négation et le rejet, de la pensée rationnelle fondée sur des preuves, y compris l’importance de la pensée critique, qui a été, dans un sens large, le prolongement des Lumières, apparues en Europe (en particulier en France) il y a plusieurs siècles. À cette époque, et depuis lors, les progrès de la science et les découvertes importantes qu’elle a produites ont donné une impulsion à la remise en question de la religion d’une manière qui n’était pas vraiment possible auparavant, puisque nombre de ces découvertes scientifiques contredisent clairement des écritures et des dogmes religieux bien ancrés depuis longtemps, et puisque la méthode scientifique rejette la reconnaissance des choses comme « réelles » si des preuves concrètes de leur existence ne peuvent être apportées, dans le monde matériel réel. Et, comme le souligne Ardea Skybreak, auteure du très important livre The Science of Evolution and the Myth of Creationism : Knowing What’s Real and Why It Matters, [La science de l’évolution et le mythe du créationnisme : Savoir ce qui est réel et pourquoi c’est important], la science fournit d’amples preuves que les êtres humains ont inventé toutes les religions qui existent dans le monde. (Dans un livre constitué d’un entretien avec Skybreak, Science and Revolution, elle souligne également que, bien que la « mauvaise science » ait parfois été utilisée à des fins très négatives, notamment pour promouvoir le racisme, la méthode scientifique elle-même fournit les moyens pour réfuter ceci : « on peut utiliser des méthodes scientifiques rigoureuses pour prouver que tout cela n’était que de la mauvaise science »).

Il est vrai que la science elle-même ne peut pas mettre fin à la croyance religieuse, comme le démontre le fait qu’un grand nombre de personnes religieuses se considèrent comme des partisans des Lumières et acceptent les découvertes et les conclusions de la science (jusqu’à un certain point au moins) mais insistent sur le fait qu’il existe un domaine de l’existence – impliquant un ou plusieurs êtres surnaturels – qui dépasse le champ d’application de la science. Et c’est un fait qu’en général, les représentants de la classe dirigeante des Etats-Unis, qu’ils soient « libéraux » ou « conservateurs » – et qu’ils croient personnellement en dieu ou non – considèrent la religion comme un élément crucial du maintien de la « cohésion sociale » du pays sur une base capitaliste, et travaillent à promouvoir la religion, en particulier le christianisme, sous une forme ou une autre. (Ils sont tous essentiellement des adeptes de l’affirmation attribuée à Napoléon : la société est impossible sans inégalité ; l’inégalité est impossible à maintenir sans une morale pour la justifier ; et une telle morale est impossible sans religion). Néanmoins (pour paraphraser une affirmation importante du physicien Steven Weinberg), bien que la science elle-même n’élimine pas la croyance religieuse, elle fournit une base pour ne pas croire en dieu et pour rejeter la religion. Cela constitue un conflit avec ceux qui croient que la religion est nécessaire pour une société ordonnée et « morale », et à plus forte raison avec ceux qui insistent sur un fondamentalisme religieux qui est totalement en décalage avec la réalité et avec une approche rationnelle à la réalité.

Cependant, s’il est vrai que, pour gagner leur pleine émancipation, les masses dans le monde devront finalement se débarrasser de la croyance religieuse en général, il est important de souligner que, dans le monde d’aujourd’hui, la polarisation ne se résume pas simplement à ceux qui ont rejeté la religion au nom des Lumières contre ceux qui s’accrochent à la croyance religieuse. Une polarisation importante se crée aujourd’hui entre d’une part ce que l’on peut appeler à juste titre des personnes décentes (y compris un grand nombre de personnes religieuses) qui s’opposent à l’injustice, et d’autre part ceux qui sont déterminés à faire revivre et à faire respecter les formes traditionnelles d’oppression. À cet égard, l’une des questions importantes est de savoir si les gens en viennent à adopter ou à rejeter deux qualités distinctives : la largeur d’esprit et la générosité d’esprit.

4 Tout cela apporte une fondation et un contexte pour comprendre ce qui s’est passé lors des élections récentes, pourquoi et quelles en sont les implications, à présent et à l’avenir. L’extrait suivant d’un article de Leonard Pitts Jr du 9 novembre 2020 (“The election of 2020 has ended at last, but the celebration has caveats”) [« L’élection de 2020 est enfin terminée, mais il y a des réserves quant à la célébration »° contient des éclairages importants. Le résultat de cette élection, écrit-il, « met à nu toutes les prétentions lustrées sur ce que nous sommes en tant que pays, soulignant le fait que dans un sens significatif, nous ne sommes plus du tout un seul pays, mais deux qui partagent les mêmes frontières. » Il continue :

La dernière fois que cela s’est produit [au moment de la Guerre civile], il a fallu quatre ans et 750,000 vies pour nous forcer à retrouver un semblant d’unité. Même à cette époque, les coutures de la fracture étaient toujours visibles.

Contrairement à cette rupture-là, celle-ci n’est pas nettement géographique : le Sud contre le Nord. Non, c’est la ville contre la campagne, ceux ayant fait des études universitaires contre ceux ayant un niveau d’études secondaires et, plus important encore, l’avenir contre le passé. Cela signifie qu’hier, c’était une nation où les blancs étaient majoritaires, et que demain, ce sera une nation où ils ne le sont plus.

Bien que Pitts ait raison que la division aujourd’hui est plus rurale contre urbaine que strictement le Sud contre le Nord, il est vrai que l’ancienne (et la nouvelle) confédération – et en particulier les blancs ruraux du Sud – restent le point d’ancrage d’une tentative mal fondée et mal intentionnée de restaurer le passé (au nom de « Rendre la grandeur à l’Amérique »). Comme je l’ai souligné dans le discours The Trump/Pence regime must go! en 2017 :

Il y a une ligne directe entre la Confédération et les fascistes d’aujourd’hui, et un lien direct entre leur suprématie blanche, leur dégoût et leur haine ouverts pour les personnes LGBT ainsi que pour les femmes, leur rejet délibéré de la science et de la méthode scientifique, leur chauvinisme primaire « l’Amérique d’abord » et leur claironnement de « la supériorité de la civilisation occidentale » ainsi que leur manière belliqueuse d’exercer le pouvoir militaire, y compris leur volonté exprimée et menaces flagrantes d’utiliser des armes nucléaires, pour détruire des pays.

En même temps, le clivage, et le choc, entre le passé et l’avenir sont plus profonds que les changements démographiques et la perspective d’une population états-unienne majoritairement non blanche. Les forces qui se battent pour le passé visent à inverser, avec virulence, même les modestes concessions qui ont été faites à la lutte contre l’injustice sociale et l’inégalité et l’oppression institutionnalisées, et à imposer une forme de dictature capitaliste qui est ouverte et non entravée par la Constitution et l’État de droit (ou qui transforme la Constitution et lÉtat de droit en de simples instruments de tyrannie et d’atrocité fascistes).

Comme je l’ai dit dans ma communication du 1er août, le fascisme est « une dictature ouverte et agressive, piétinant et pervertissant l’État de droit, s’appuyant sur la violence et la terreur, au nom du système capitaliste prédateur et en tant que tentative extrême pour gérer une division sociale profonde et des crises aiguës (tant au sein du pays que dans l’arène mondiale) ». Bien que cela puisse maintenir les choses en place, de manière extrêmement négative, pendant un certain temps, en fin de compte, cela ne peut pas réussir – ne peut pas préserver indéfiniment ce système de capitalisme-impérialisme et ne peut pas conduire à un autre avenir que celui des horreurs pour l’humanité, si tant est que nous ayons un avenir. Et la prétendue « alternative », telle que représentée par exemple par le Parti démocratique aux États-Unis, impliquant un moyen « plus démocratique » d’exercer le pouvoir de ce système, continuera également à incarner et à imposer une souffrance terrible et totalement inutile aux masses de l’humanité et à constituer une menace existentielle pour l’humanité dans son ensemble, même si ce n’est pas toujours par le biais de la même brute et le rouleau compresseur d’horreurs sans concession que la forme fasciste de la dictature capitaliste.

Ce qui s’est exprimé à travers cette récente élection – ce qui, en fait, s’exprime à travers toutes les élections sous ce système – n’est pas la « démocratie » et la « volonté du peuple » dans un sens abstrait, mais spécifiquement un choix qui est fait entre les différents représentants de ce système de capitalisme-impérialisme, ce qui est le seul choix « réaliste » qui est, ou pourrait être, proposé sous ce système. Dans cette situation particulière et extraordinaire, ce choix – entre le pouvoir capitaliste par un régime fasciste ou bourgeois démocratique – a en fait constitué une vraie différence, au point qu’il était juste de soutenir un côté, les Démocrates, afin de faire échouer la tentative de consolider davantage le fascisme. Mais cela ne change rien au fait qu’il s’agissait d’un vote selon les conditions du même système qui a produit ce fascisme et qui continuera à fournir un terreau fertile à ce fascisme en même temps qu’il continue à générer horreur après horreur pour l’humanité – des horreurs qui ne sont cachées qu’à ceux qui ne regardent pas, ou refusent de regarder. La version « libérale » (ou « grand public ») du mode de gouverner de ce système s’intègre dans l’imposition de l’exploitation et de l’oppression des masses populaires aux Etats-Unis et à travers le monde (y compris les plus de 150 millions d’enfants du Tiers Monde qui sont cruellement surexploités dans des ateliers clandestins et des mines). Faire respecter tout cela, et faire échouer les tentatives par des rivaux pour obtenir une plus grande part de ce pillage et remplacer les États-Unis en tant que puissance dominante du monde – voilà ce que les représentants « libéraux » (et d’autres) de ce système veulent dire lorsqu’ils parlent des « intérêts nationaux » américains. Et c’est là le fondement de l’approche « progressiste » consistant à permettre plus de « diversité » et « d’inclusion » pour les couches de cette société auparavant exclues, et à promouvoir certains aspects de la science, sur la base et surtout aux fins de ce pillage international, des humains comme de l’environnement.

5 Pour souligner une fois de plus ce point crucial : Il faut faire face à la réalité fondamentale selon laquelle il n’y a pas d’avenir digne d’être vécu pour les masses de gens et, en fin de compte, pour l’humanité dans son ensemble sous ce système, qui a engendré un fascisme puissant ; qui est la source de souffrances atroces et inutiles, non seulement pour des masses des Etats-Unis mais pour des milliards de personnes à travers le monde ; et qui constitue une menace croissante pour l’existence même de l’humanité, en raison de ses stocks massifs d’armes nucléaires ainsi que de la destruction accélérée de l’environnement. Il est vrai – et c’est une vérité importante – que le régime Trump/Pence (et des régimes semblables, comme celui de Bolsonaro au Brésil, par exemple) a beaucoup aggravé la crise environnementale, qu’il a, pour ainsi dire, accéléré l’accélération de la destruction de l’environnement. Mais la dynamique et les exigences de ce système sont les moteurs de la crise climatique vers le point de non-retour, indépendamment de la personne ou du régime qui en est le représentant politique dominant. On vante souvent le capitalisme comme étant un système « dynamique », qui apporte constamment des changements. Mais il s’agit d’un « dynamisme » basé sur l’exploitation pour un profit privé accumulé, un dynamisme impulsé par l’anarchie (et la concurrence anarchique entre les capitalistes), et cette même anarchie propulse les choses rapidement vers un seuil existentiel – au-delà duquel l’humanité pourrait bien être poussée de manière irréversible – si ce système de capitalisme, dans son expression impérialiste mondialisée, continue à dominer le monde.

Étant donné à quel point la base sociale fasciste aux Etats-Unis a été conditionnée à identifier faussement et ridiculement les Démocrates (même les Démocrates « centristes » comme Biden) comme « socialistes radicaux » (ou même « communistes ») et à les haïr viscéralement pour cela – en grande partie à cause des concessions limitées des Démocrates à la lutte contre l’oppression raciale et de genre, à la nécessité de s’occuper de la crise climatique, et à une prise de conscience de l’histoire véridique du pays – il est extrêmement ironique que seul un puissant mouvement visant le socialisme réel, en tant que société radicalement nouvelle et émancipatrice et la transition vers l’objectif fondamental du communisme à l’échelle mondiale, puisse créer la base pour un nombre important de gens, les jeunes en particulier, qui se sont empêtrés dans ce fascisme de s’en détacher et de participer à la lutte visant une résolution positive des contradictions que ce système de capitalisme-impérialisme intensifie continuellement. (Comme toute personne rationnelle peut facilement le constater, le nombre relativement restreint de « socialistes démocratiques » qui font partie du Parti démocratique ne sont en aucun cas des « socialistes radicaux » – ou de vrais socialistes tout court – mais sont des social-démocrates qui visent non pas l’abolition du système capitaliste et son remplacement par un système socialiste, mais des réformes au sein du système capitaliste qui ne changeraient pas, ou n’auraient pas d’effet significatif sur, sa nature fondamentale et son fonctionnement).

Le fait est qu’il n’est pas possible de restaurer (ou de créer à nouveau) un mode de vie idéalisé qui aurait existé à la fin du 19e siècle et dans la première partie du 20e siècle aux Etats-Unis, ni de retourner à une Amérique idyllique imaginée, caractérisée par des « valeurs traditionnelles » qui récompensent en quelque sorte assez bien les « vertus » telles que le travail dur, et où les gens occupaient la place qu’ils méritaient (ou que dieu voulait qu’ils occupent) dans la société – un passé qui n’a réellement existé que dans l’esprit de ceux qui cherchent une « restauration » illusoire de cela, et qui ont été conditionnés à haïr irrationnellement tout le monde et tout ce qui est censé l’avoir détruit. Et il n’est pas possible de revenir à la situation qui a existé pendant plusieurs décennies après la Seconde Guerre mondiale, où un grand nombre de personnes (surtout, mais pas seulement, des hommes blancs) sans formation universitaire pouvaient avoir des emplois dans les grandes industries comme l’automobile et l’acier à un salaire qui rendait possible un « niveau de vie de classe moyenne ». Il est vrai qu’il n’y a pas de base pour cela, non pas à cause des conspirations de « libéraux sataniques qui boivent le sang d’enfants victimes de trafics », mais, encore une fois, à cause des rouages de ce système de capitalisme-impérialisme, qui ont conduit ce monde à être façonné tel qu’il est, et à se diriger vers le désastre environnemental que ce système est en train de créer à toute allure, s’il n’éteint pas l’humanité d’abord par une guerre nucléaire déclenchée par les puissants détenteurs d’arsenaux nucléaires massifs.

Et personne ne devrait vouloir revenir au vrai passé : à un monde marqué par la pauvreté et des maladies à grande échelle, au-delà même du terrible bilan que cela représente aujourd’hui, en particulier dans le Tiers Monde ; avec les destructions et les souffrances atroces provoquées par les deux guerres mondiales du 20e siècle, au cours desquelles des dizaines de millions de personnes ont été massacrées, et les attaques à la bombe atomique déclenchées par les États-Unis sur deux villes japonaises à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui ont immédiatement incinéré des centaines de milliers de Japonais et ont inauguré « l’ère nucléaire » ; avec des États-Unis caractérisé par une ségrégation ouverte et institutionnalisée, une discrimination et un statut de « seconde classe » pour les personnes de couleur et les femmes, et une existence brutalement réprimée pour les LGBT, et les Noirs en particulier soumis à une terreur continuelle, marquée par des lynchages répétés et d’autres actes dépravés qui les accompagnent. L’avenir ne réside pas dans le passé (réel ou imaginé), mais dans le fait d’aller de l’avant vers une société socialiste réelle et, finalement vers un monde communiste, où l’orientation fondamentale et la politique pratique est de répondre aux besoins matériels, intellectuels et culturels de la population, tout en donnant une place croissante à l’initiative individuelle, sur la base et dans le cadre du fondement et de l’éthique collectifs et coopératifs de la société, où les très anciens rapports économiques et sociaux d’exploitation, d’inégalité et d’oppression sont dépassés, et où le bien-être des uns ne repose plus sur la misère des autres.

Il doit être clair que la polarisation actuelle et les problèmes profonds auxquels il faut faire face ne peuvent pas être résolus en essayant « d’ajuster » les choses dans les limites de ce système. L’exemple du mouvement « Occupy » de la dernière décennie en est une autre illustration. Cette tentative de repolariser effectivement les 99 % contre le 1 % de super-riches a échoué, en grande partie parce que les relations sociales (telles que les relations oppressives entre les différentes « races » et les genres), et pas seulement les rapports économiques, sont des forces matérielles puissantes, et une bonne partie de ces « 99 % » est déterminée à maintenir ces relations sociales inégales et oppressives dont elle bénéficie (ou croit fortement qu’elle en bénéficie), surtout dans cette société capitaliste qui oppose les gens les uns aux autres dans une compétition souvent impitoyable.

Ce n’est que sur la base d’un système économique radicalement différent – un système économique (mode de production) socialiste, où les ressources productives de la société sont collectivisées, mobilisées et utilisées, de manière planifiée, pour répondre aux besoins matériels, intellectuels et culturels de la population, sur une base sans cesse croissante – qu’il peut y avoir une base favorable pour déraciner et transformer les relations sociales qui incarnent l’oppression, et les modes de pensée qui accompagnent et renforcent cette oppression, en allant au-delà de la situation où (comme Lénine l’a si bien dit) les gens ne sont pas simplement encouragés mais sont contraints de calculer avec l’avarice d’un radin, quelle est leur position par rapport aux autres.

6  Tout cela montre bien, encore une fois, la nécessité de ne pas simplement « faire face à la réalité » mais d’appliquer systématiquement le principe selon lequel la science et la vérité comptent, et donc d’engager sérieusement l’analyse scientifique (que j’ai esquissée ici) du problème auquel l’humanité est confrontée, et de la solution : vers où le monde se dirige en ce moment, sous la domination de ce système, et la direction radicalement différente qu’il doit et peut prendre. Cela exige une volonté d’appliquer cette même approche – c’est-à-dire que la science et la vérité scientifiquement déterminée comptent – au communisme et à l’expérience historique du mouvement communiste, et en particulier au nouveau communisme qui est le résultat de décennies de travail que j’ai effectué. Ce nouveau communisme est une continuation de la théorie communiste telle qu’elle avait été développée auparavant, mais il représente également un saut qualitatif au-delà de cette théorie et, à certains égards importants, une rupture avec elle. Contrairement à ceux qui calomnient et condamnent, ou simplement ignorent, le communisme et l’expérience historique du mouvement communiste, j’ai moi-même fait – et j’ai amené d’autres personnes à faire – des études scientifiques sérieuses et approfondies – des enquêtes et des analyses – de l’histoire du mouvement communiste et des sociétés socialistes qu’il a engendrées (ainsi que des pays qui se sont déclarés « socialistes » mais qui ne le sont pas en réalité, comme Cuba depuis 1959, le Venezuela au cours des dernières décennies, ainsi que l’Union soviétique et les pays d’Europe de l’Est, où le capitalisme a été restauré et où il a régné depuis plus de 60 ans, bien avant qu’ils ne deviennent des pays ouvertement capitalistes il y a quelques décennies). Cette approche scientifique a conduit à la conclusion qu’avec les vraies sociétés socialistes qui ont vu le jour, sous la direction des communistes, d’abord en Union soviétique et ensuite en Chine (avant la restauration du capitalisme dans les années 1950 dans le premier cas et dans le second après la mort de Mao en 1976), cette expérience du socialisme a été principalementet dans le cas de la Chine – très majoritairement positive, alors que secondairement, il y a eu également des erreurs importantes, dans certains cas graves, voire très graves.

S’inspirant de cette expérience historique du mouvement communiste et d’un large éventail d’activités humaines, le nouveau communisme, en tant que sa méthode et approche de définition, souligne l’importance cruciale de la science et de l’application de la méthode scientifique à tout – à la société comme à la nature. Il rejette fermement toute approche qui reviendrait à appliquer et à justifier la notion creuse et extrêmement néfaste selon laquelle « la fin justifie les moyens » et que la « vérité » n’est qu’un « instrument » des objectifs souhaités, plutôt que ce qu’elle est réellement : un reflet correct de la réalité objective.

C’est cette même méthode et approche qui a été appliquée pour approfondir continuellement la compréhension de la nature et du fonctionnement du système du capitalisme-impérialisme qui continue à ce jour à dominer le monde, avec des conséquences et des implications terribles pour l’humanité et son avenir. Et ce travail se poursuit en tant que partie importante du développement du mouvement révolutionnaire nécessaire pour abolir enfin ce système et faire naître un monde radicalement différent et bien meilleur. S’il reste beaucoup à faire et de nombreux défis à relever, on peut trouver une analyse et une synthèse scientifiques des questions fondamentales relatives à la situation de l’humanité et à la possibilité d’une émancipation humaine – sous des formes plus concentrées et plus populaires et dans des ouvrages d’une profondeur considérable – dans des discours et des écrits de ma part et dans d’autres documents disponibles sur revcom.us. Et une vision de grande portée et un plan concret pour une société radicalement différente et émancipatrice, sur la voie de l’objectif final d’un monde communiste, sont présentés dans la Constitution for the New Socialist Republic in North America, dont je suis l’auteur.

Il est un fait qu’il n’y a nulle part ailleurs, dans aucun autre document fondateur ou directeur, réel ou proposé, d’un gouvernement, quelque chose qui ressemble non seulement aux protections mais aussi aux dispositions relatives à la dissidence et au ferment intellectuel et culturel qui sont incarnées dans cette Constitution, alors que celle-ci a, comme noyau solide, un fondement dans la transformation socialiste de l’économie, dans le but d’abolir toute exploitation, et la transformation correspondante des relations sociales et des institutions politiques, afin de déraciner toute oppression, et la promotion, par le biais du système éducatif et dans la société dans son ensemble, d’une approche qui « permettra aux gens de poursuivre la vérité où qu’elle mène, avec un esprit critique et une curiosité scientifique, et ainsi d’apprendre continuellement sur le monde et d’être mieux à même de contribuer à le changer conformément aux intérêts fondamentaux de l’humanité ». Tout cela va déchaîner et libérer une formidable force productive et sociale d’êtres humains capables et inspirés pour travailler et lutter ensemble afin de répondre aux besoins fondamentaux de la population – en transformant la société de manière fondamentale et en soutenant et en aidant la lutte révolutionnaire à travers le monde – visant l’objectif final d’un monde communiste, libre de toute exploitation et oppression, tout en abordant la crise environnementale et écologique véritablement existentielle, d’une manière significative et globale, ce qui est impossible sous le système du capitalisme-impérialisme.

Beaucoup trop de gens ont rejeté cela – ou, plus souvent, n’ont pas réussi ou ont refusé à chercher à l’interroger et le comprendre sérieusement – en raison de l’ignorance et des préjugés qui ont leur source ultime dans la distorsion implacablement propagée par les gardiens de l’ordre actuel, et qui servent à renforcer cet ordre extrêmement oppressif. Il faut dire ici (et on peut le démontrer aisément) que l’attaque bourgeoise « libérale » contre le communisme est, à sa manière, aussi ridicule et scandaleuse – grossièrement en violation de la méthode scientifique et en opposition flagrante avec les faits réels – que la mutilation fasciste de la vérité dénoncée sans cesse par les « libéraux ». Cela fait beaucoup de mal à l’humanité : Refuser d’appliquer une approche honnête et scientifique du communisme, de l’histoire réelle du mouvement communiste et du développement du nouveau communisme, et agir en opposition à une telle approche, contribue à bloquer la seule véritable alternative à ce système vraiment monstrueux du capitalisme-impérialisme – la seule alternative viable qui représente les intérêts fondamentaux et un avenir digne d’être vécu pour les masses de l’humanité et, finalement, pour l’ensemble de l’humanité. Le chemin vers un monde meilleur n’est pas, et ne sera pas, facile – on ne pourra pas y arriver sans une lutte déterminée et, oui, sans de grands sacrifices. Mais continuer sur la voie actuelle, sous la domination de ce système de capitalisme-impérialisme, signifie une continuation des horreurs déjà perpétrées dans le monde aujourd’hui, des horreurs bien pires qui menacent d’apparaître dans un avenir immédiat, et du danger existentiel très réel qui se profile de plus en plus.

Face au poids écrasant du fascisme qui continue de menacer et de monter en puissance, un grand nombre d’entre nous, qui en sommes profondément écœurés et indignés, et qui aspirons à quelque chose de bien meilleur, avons lancé et sommes ralliés à l’appel selon lequel la science et la vérité comptent et doivent être notre guide. Soyons maintenant suffisamment courageux et audacieux pour appliquer ce guide sans entrave, déterminés à rechercher la vérité et à suivre la vérité où qu’elle nous mène, en surmontant tous les obstacles à cela, y compris les illusions les plus chères et les préjugés tenaces qui vont à l’encontre de la réalité et de la vérité scientifiquement établie. Osons agir pour faire une réalité de ce que la science révèle comme possible : un monde et un avenir radicalement différents et bien meilleurs pour l’humanité.

À la Une

Liberté pour les prisonniers politiques en Iran!

Unissez-vous pour vaincre les vagues de répression !

12 décembre 2020

La lettre suivante vient d’un participant à la nouvelle campagne pour la libération des prisonniers politiques iraniens « Brûlez la cage, libérez les oiseaux », qui a été lancée par leur appel « Unissons-nous et luttons ensemble contre les vagues de répression en Iran ».

Une nouvelle et dangereuse vague de répression

Au cours des 42 dernières années, le régime de la République islamique d’Iran a gouverné en menant des campagnes de terreur et de répression contre toute opposition. Mais nous sommes confrontés à une nouvelle vague d’arrestations massives et continues sur deux fronts. Elle s’est intensifiée en octobre 2020, juste avant l’anniversaire de la rébellion de novembre 2019. Cette violente répression se poursuit et de nouvelles personnes sont arrêtées tous les jours, alors même que nous entrons dans le pic des décès liés au COVID et aux inondations mortelles des principales villes du sud de l’Iran.

La nouvelle campagne de répression du régime islamique comporte deux volets. Le premier consiste à rechercher et à arrêter des militants politiques connus et inconnus dans le but de «trouver» et de démanteler des forces révolutionnaires organisées présumées ou réelles. À cette fin, ils procèdent à des arrestations généralisées de toutes les catégories de personnes connues pour leurs opinions et leurs activités d’opposition à ce régime. Ils font également arrêter massivement des personnes ayant participé à des manifestations contre les atrocités de ce régime.

Pendant le soulèvement de novembre 2019, des centaines de personnes ont été tuées lors de manifestations de rue et dans le marécage de Mahshahr (une grande ville portuaire iranienne exportatrice de gaz et des produits pétroliers raffinés). Entre six et huit mille personnes ont été arrêtées. De nombreuses organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International, ont diffusé ces chiffres.

Selon les noms recueillis et vérifiés par la campagne @burn_the_cage, ces deux derniers mois plus de 140 personnes ont été arrêtées ou détenues par les autorités brutales de la prison d’Evin pour purger leurs peines. Nombreux sont ceux qui n’ont pas été identifiés par les groupes de défense des droits de l’homme et les avocats, car la norme est de procéder à des arrestations arbitraires. Les gens sont enlevés de la rue et de leur domicile sans même en informer leur famille. Beaucoup d’entre eux sont emmenés dans des cachots non officiels par la police des Sepah Pasdaran (le «Corps des gardiens de la révolution islamique», CGRI).

Les avocats des personnes arrêtées (c’est-à-dire ceux désignés par les proches et non ceux mandatés par le régime) sont désespérément débordés. Les arrestations concernent toutes les couches de la population : travailleurs, étudiants, femmes, enseignants, avocats, intelligentsia littéraire de gauche et libéraux. Les peuples kurde et arabe (minorités opprimées en Iran) sont accusés de vouloir «désintégrer l’Iran», tout comme les personnes de confession bahá’íe et derviche. Parmi les personnes arrêtées figurent même des journalistes établis, comme le rédacteur en chef du journal Iran-e-Farda, M. Keyvan Samimi, âgé de 72 ans, qui a été envoyé à la prison d’Evin afin de purger une peine de trois ans le 7 décembre 2020, pour avoir couvert des manifestations (ou «propagé de la propagande contre le système»). Son frère Sassan a été exécuté en 1975 sous le régime du dictateur installé par la CIA, le Chah d’Iran, pour avoir milité avec les Moudjahidine du peuple.[i] L’autre frère de M. Samimi (Kamran) a été exécuté par le régime islamique en 1982 pour avoir été membre de l’Association des étudiants iraniens et de l’Union des communistes iraniens).[ii]

Le Dr Mohammad Maleki a été le premier chancelier de l’Université de Téhéran après le renversement du régime du Chah en 1979. Il a longtemps lutté pour la liberté des prisonniers politiques en Iran, et a passé des années dans les chambres de torture et les prisons de la République islamique. Il est mort le 2 décembre 2020, en partie des suites d’une opération du dos que des tortures impitoyables ont aggravé. Parmi les personnes récemment condamnées à la fois à l’exécution et à 13 ans de prison figure Hamed Ghara Oghlani. Il est accusé de moharebeh (inimitié à l’égard de Dieu) et d’avoir insulté le leader de l’Iran, l’ayatollah Khamenei, sur les médias sociaux.

Une jeune femme audacieuse, qui roulait à vélo dans la ville ultrareligieuse de Nadjafabad, a également été arrêtée récemment pour ne pas avoir mis le hijab, faisant ainsi preuve de mépris pour le port obligatoire du foulard islamique. Au cours de la première semaine de décembre, le soi-disant tribunal islamique révolutionnaire de Mechhed a condamné cinq personnes de confession bahá’íe à cinq ans de prison pour avoir organisé la résistance contre leur discrimination dans une académie clandestine, les bahá’ís n’étant pas autorisés à fréquenter l’université en Iran. 

Le lutteur iranien Navid Afkari, qui avait participé aux manifestations de 2018, a été arrêté et exécuté en septembre dernier après des «aveux» extorqués sous la torture. Pour la même affaire ses frères (Vahid et Habib) risquent maintenant 27 et 54 ans de prison à présent. Et de jeunes arabes sont arrêtés de manière répétée dans la province de Khouzistan, riche en pétrole et ethniquement diversifié. Par exemple, Amir Kaabi, 15 ans, a récemment été arrêté dans la ville de Chouch, et de nombreux hommes ont été emmenés dans des prisons inconnues de la ville de Mahshahr[iii].

À la mi-octobre 2020, la République islamique a arrêté des dizaines de personnes en un seul coup. L’une d’entre elles est Nahid Taghavi, qui a la double nationalité germano-iranienne et dont le cas a été repris par Amnesty International (voir la photo de l’affiche d’Amnesty International). Ses proches en Allemagne ont été très actifs pour faire connaître son cas ainsi que celui d’autres prisonniers politiques. Cela a permis de faire une forte pression sur l’État allemand et l’Union européenne pour qu’ils ne se rendent pas complices des crimes de la République islamique contre le peuple de l’Iran.

Les soulèvements massifs de 2017 et 2019 secouent la société iranienne

Deux soulèvements de masse en novembre 2019[iv] et décembre 2017 ont constitué des développements extrêmement importants. Ils ont oxygéné toute la société iranienne et ont été considérés par les dirigeants théocratiques fascistes comme une menace potentielle pour l’ensemble de leur système. Le régime est très sérieux lorsqu’il s’agit de ne pas laisser une telle menace peser sur son pouvoir. Ils veulent s’assurer que la révolte n’est pas imprégnée de la perspective et du programme de la nécessité d’un changement sociétal révolutionnaire le plus radical.

La jeunesse démunie étaitprincipalement le noyau de ces rébellions. Selon les journaux officiels en Iran, un tiers de la population autour des mégapoles comme Téhéran et Mechhed vit dans des bidonvilles. En 2017, 19 millions d’Iraniens vivaient dans des bidonvilles très pauvres et infestés par la toxicomanie. Après la rébellion de décembre 2017, une bonne polarisation s’est développée parmi les étudiants engagés politiquement. Un nombre important d’entre eux recherchaient la politique révolutionnaire. Le slogan désormais célèbre scandé par des étudiants héroïques aux premiers jours de la rébellion de décembre 2017 en est l’écho. Lors d’un rassemblement organisé à la porte même de l’université de Téhéran, c’était surtout des étudiantes qui ont lancé le slogan «Réformateurs. Partisans de la ligne dure. Fin de partie pour vous deux. Terminus !» Cela faisait référence au jeu joué par deux factions du régime islamique pour berner les masses et leur faire espérer un «changement lent de l’intérieur du système».

Le soulèvement de novembre 2019 a marqué un tournant encore plus important pour les étudiants qui ne se sont plus seulement préoccupés de petites revendications concernant les étudiants. Ils ont exprimé une vision large et un besoin urgent de se battre pour un grand changement sociétal et radical quant à ce dont les masses ont besoin.La population est écrasée par de nombreuses «lignes de faille» sociales : la surexploitation, le patriarcat, l’oppression nationale et raciale, la violence de l’État policier, les lois de la charia et l’obscurantisme religieux qui régissent la société iranienne. Il y a les guerres réactionnaires en Irak et en Syrie auxquelles ce régime participe activement et dans lesquelles des atrocités innombrables sont commises contre l’humanité opprimée dans ces pays, et il y a la destruction de l’environnement qui frappe des dizaines de villes avec des inondations et des sécheresses. Ce régime n’a absolument rien à offrir à la jeunesse appauvrie qui a constitué le cœur de ces deux rébellions. Son pouvoir se repose donc de plus en plus sur des potences, des prisons et des chambres de torture. En outre, une partie croissante de la classe moyenne se voit jeter avec les plus démunis.

Après le soulèvement de novembre 2019, la Journée de l’Étudiant a eu lieu le 7 décembre. C’est l’anniversaire du 7 décembre 1953, lorsque le régime du Chah a accueilli le vice-président américain Richard Nixon en Iran. Les étudiants se sont soulevés contre cet homme de main impérialiste et ont été abattus par la police. Trois étudiants sont morts (Ghandchi, Bozorgnia et Razavi). En 2019, à l’occasion de cet anniversaire, les étudiants ont organisé des rassemblements en défense du peuple. Bien que ces rassemblements n’aient eu lieu que dans quelques universités et avec la présence d’un petit nombre d’étudiants, ils ont soulevé des slogans ciblant à la fois la République islamique et l’impérialisme, tout en répudiant l’opposition de droite et pro-impérialiste. Trois catégories de slogans ont été lancées lors des rassemblements du 7 décembre 2019 : 1) contre la République islamique et en soutien au soulèvement de novembre, 2) contre le port obligatoire du hijab islamique et d’autres lois anti-femmes, et 3) contre la brutalité policière et la pauvreté, et en solidarité avec les luttes menées dans le monde entier.

Le régime islamique réagit à un défi potentiellement grave à sa domination par une répression vicieuse

Le régime voit une convergence entre les rébellions de masse répétées et le développement d’un mouvement révolutionnaire organisécomme un coup mortel à son existence.Il est déterminé à y mettre fin par tous les moyens nécessaires. Et pour nous, il est très important de mettre fin à cette machinerie de persécution cruelle des masses et des militants politiques, sociaux et littéraires. Dans ce contexte, il est crucial de répondre à l’appel à «Brûlez la cage, libérez les oiseaux» pour libérer tous les prisonniers politiques en Iran MAINTENANT ! Il est impératif pour les révolutionnaires et tous les mouvements sociaux en Iran de vaincre cette vague et les futures vagues de répression de l’État. C’est une nécessité vitale et primordiale pour tous les mouvements sociaux, car avec la poursuite de cette répression, aucune des justes luttes ne pourra se développer. Il s’agit donc d’être et de grandir ou de ne pas être (c’est-à-dire se faire écraser). C’est ça la situation en Iran qui a fait de cet Appel une nécessité opportune et urgente.

La République islamique se sert souvent de la vague accusation contre les dissidents politiques d’agir contre la sécurité nationale. C’est l’un des régimes les plus réactionnaires et antipopulaires au monde. C’est un régime qui qualifie toutes les formes d’opposition à ses crimes et horreurs d’«espionnage des impérialistes» ou de «conspiration contre la sécurité nationale». Imaginez les rébellions que le régime islamique traite de  «conspiration contre la sécurité nationale» : a) contre la pauvreté cruelle qui menace la vie ; b) contre le chômage ; c) les revendications des intellectuels et des artistes pour la liberté de pensée et de création ; d) les revendications des travailleurs pour le droit de grève et de réunion ; e) les protestations des femmes contre les conditions asservissantes dont le port obligatoire du hijab est un symbole frappant ; f) les protestations contre l’oppression nationale (ou raciale) ; et g) toute tentative des écologistes pour sauver la planète Terre. Chacun de ces problèmes peut être considéré comme une «conspiration contre la sécurité nationale», sévèrement punie par la loi. Il s’agit d’une classe dirigeante fasciste qui a manié un mélange mortel de théocratie, de démagogie anti-impérialiste, de discrimination légale et fonctionnelle contre les nationalités opprimées et les femmes, de sécurisation de la société sous le prétexte de protéger la «révolution islamique» contre les préjudices de l’«étranger».

<p style="line-height:1.3" value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80">Il est vrai que ce régime est aujourd'hui confronté à des menaces de la part des États-Unis et d'autres puissances impérialistes occidentales, qu’il tente de compenser en s'accrochant aux impérialistes chinois et russes. Mais dans cette rivalité, les deux camps ont puni les masses populaires pour les faire choisir entre eux alors qu'en fait, aucun de ces deux camps pourris n'a un iota d'intérêt pour le peuple.Il est vrai que ce régime est aujourd’hui confronté à des menaces de la part des États-Unis et d’autres puissances impérialistes occidentales, qu’il tente de compenser en s’accrochant aux impérialistes chinois et russes. Mais dans cette rivalité, les deux camps ont puni les masses populaires pour les faire choisir entre eux alors qu’en fait, aucun de ces deux camps pourris n’a un iota d’intérêt pour le peuple.

La «sécurisation» de toute opposition politique découle également de la nature théocratique de ce régime. Comme il se considère comme un représentant de Dieu sur Terre, ce régime estime que toute opposition à sa «révolution islamique» et à son chef saint constitue une «guerre contre Dieu», punissable de mort selon la loi charia. Tout cela est inscrit dans ses lois fascistes. C’est un régime qui impose à la population sa superstition anti-scientifique et une ignorance religieuse, mais qui achète les outils d’espionnage et de répression les plus avancés sur le plan technologique à la Chine, à la Russie, à l’Allemagne, à la France et à d’autres marchands d’instruments de torture et de répression, ainsi que de matériel et de savoir-faire militaires.

Pour conclure : le régime doit répondre aux luttes des masses et des révolutionnaires par la violence parce qu’il veut survivre. C’est ce que l’on entend par «sécurité nationale». La répression généralisée et le meurtre des masses d’une part, et des militants politiques, de l’autre, ne doivent pas être tolérés. Et nous ne devons en aucun cas laisser s’installer une atmosphère de peur et de désespoir. Oui ! Il est vrai que la répression est très répandue. Il est vital pour faire avancer la révolution de faire face aux attaques des pouvoirs en place qui veulent détruire le mouvement pour la révolution et sa direction. Il faut dévoiler au grand jour la nature cruelle et illégitime du pouvoir de classe et de la théocratie de la République islamique iranienne, renverser leur répression et vaincre leur État policier !

Pour plus d’informations, contactez Donya Zed : zeddonya1@gmail.com, membre de la campagne «Burn the Cage, Free the Birds »


[i]     Les moudjahidine sont en fait de nombreux groupes différents de combattants armés musulmans ou de djihadistes qui existent dans différents pays (par exemple, en Iran, en Irak et principalement en Afghanistan). En Iran, ils ont commencé comme une organisation religieuse radicale ou nationaliste sous la monarchie du Chah lorsque beaucoup de leurs membres ont été emprisonnés et exécutés par ce régime. Pendant et après le soulèvement de 1979, nombre de leurs dirigeants ont été libérés et leur popularité a grimpé en flèche pour devenir l’une des plus grandes organisations en Iran. Leurs opinions politiques et idéologiques sont passées d’un soutien à la République islamiqueà une opposition à celle-ci. Ils étaient obligés d’entrer dans la clandestinité contre le régime islamique pendant un certain temps, et ont finalement mené leur opposition depuis l’Irak. Ils ont dégénéré davantage et sesont éloignés en tant que force politique au point de collaborer avec l’impérialisme américain et de s’appuyer sur lui. En 2016, les impérialistes américains Rudolph Giuliani et John Bolton ont été invités et ont pris la parole lors d’une conférence des Moudjahidine du peuple (Mujahadeen Khalq) en Europe. Pour le contexte global de la tendance djihadiste, voir l’ouvrage de Bob Avakian Away With All Gods ! Unchaining the Mind and Radically Changing the World, pp. 59-114 (Christianity, Judaism and Islam-Rooted in the Past, Standing in the Way of the Future).

[ii]    Au cours des années 1960 et 1970, des étudiants iraniens ont parcouru le monde entier pour étudier et s’instruire, mais la situation mondiale a ouvert une voie différente pour eux. La recrudescence des luttes de libération nationale contre le colonialisme dans les pays opprimés à travers le monde, ainsi que le socialisme révolutionnaire dans la Chine de Mao et l’opposition radicale à la guerre du Vietnam dans le monde entier ont eu un impact considérable sur eux. Tout cela a permis de retourner un nombre important d’étudiants iraniens contre le régime du Chah d’Iran et contre toute forme d’oppression et d’exploitation partout dans le monde, sous l’égide de l’Association des étudiants iraniens. Beaucoup de ces étudiants se sont radicalisés et ont adopté le communisme avec des conceptions différentes de ce que cela signifiait à l’époque -certains se sont alliés à la Chine socialiste révolutionnaire tandis que d’autres se sont alliés à l’Union soviétique non révolutionnaire (devenue socialiste de nom, impérialiste en réalité, après le renversement du socialisme et la restauration du capitalisme au milieu des années 1950). L’une de ces tendances s’est développée pour devenir l’Union des communistes iraniens (UCI), qui a repris le maoïsme. La plupart des partisans de l’UCI sont rentrés en Iran avant et après la révolution de 1979, et beaucoup de leurs membres ont été emprisonnés et exécutés par le régime islamique, y compris ceux qui ont participé à un soulèvement dans la ville d’Amol en 1981. L’UCI a connu un important processus de réorganisation idéologique et politique et est devenue le Parti communiste d’Iran (marxiste-léniniste-maoïste) (cpimlm.org), une organisation qui a adopté et défend le nouveau communisme mis en avant par Bob Avakian, président du Parti communiste révolutionnaire des États-Unis.

[iii]      Mahshahr est la ville qui a joué un rôle remarquable dans le soulèvement de novembre 2019, lorsque la population a effectivement bloqué pendant trois jours l’entrée de trois grandes villes industrielles pétrolières et gazières (c’est-à-dire pétrochimiques) et de la zone économique spéciale pétrochimique. Les protestations ont arrêté les lignes de production et le transport de la production de ces industries et de ses dérivés. Au bout de trois jours, le gouverneur du Khouzistan a ordonné aux gardes du CGRI de mener une attaque terrestre et aérienne, tuant des gens avec des chars, de l’artillerie, des hélicoptères et des navires de guerre. Dix-sept manifestants ont été tués, dont deux enfants de quatre et huit ans. De nombreuses personnes se sont réfugiées dans les marécages environnants mais ont été fauchées sur place. Les gardes du CGRI ont immédiatement pris le contrôle des hôpitaux et ont commencé à arrêter les blessés. Dans ces régions, les Arabes vivent et portent le double fardeau de la surexploitation et de l’oppression en tant que nationalité minoritaire/opprimée. Ils sont toujours accusés par le régime islamique d’essayer de créer des troubles et d’aider « l’ennemi ».

[iv]  Voir les articles en anglais sur revcom.us : « Massive Protests Rock Iran: Islamic Republic Shoots Down More Than 100, Injures or Arrests Thousands More » ; « U.S. Sheds Crocodile Tears While Intensifying Collective Suffering, Risking War ».

(traduit de l’anglais)

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À la Une

VOICI LA SITUATION, VOICI LES ENJEUX.

TRUMP EST DÉTERMINÉ, ET A UNE STRATÉGIE, POUR RESTER AU POUVOIR, ET POUR METTRE EN PLACE SON PROGRAMME FASCISTE — IMPOSER L’INJUSTICE DE FAÇON MEURTRIÈRE, ÉCRASER LES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTAUX, ACCÉLÉRER LA DESTRUCTION DE L’ENVIRONNEMENT ET AUGMENTER LE DANGER D’UNE ANNIHILATION NUCLÉAIRE — PEU IMPORTE COMMENT LES GENS VOTENT. Trump est déjà en train de voler les élections, il a mis en place un plan pour utiliser les institutions clés, y compris la Cour suprême, et des voyous violents, en uniforme ou non, pour maintenir son régime au pouvoir.

LA STRATÉGIE DES DÉMOCRATES EST VRAISEMBLABLEMENT UNE STRATÉGIE PERDANTE QUI LES CONDUIRA À CAPITULER À TRUMP (même si le vote réel favorise les Démocrates). Laissés à eux-mêmes, les Démocrates n’ont ni la capacité ni la volonté de se battre comme il faut. Malgré le fait que le régime Trump/Pence représente une menace existentielle pour l’humanité, les Démocrates ont refusé de dénoncer ce régime fasciste pour ce qu’il est et de s’y opposer sur cette base. Ils appellent les gens à voter simplement comme s’il s’agissait d’une élection « normale » et que les « règles normales » s’appliquaient. Les Démocrates essaient de s’appuyer sur des procédures et des institutions que ce régime fasciste a corrompues, détruites ou dont il a repris le contrôle.

SI LE FASCISME S’INSTALLE PLEINEMENT DANS LE PAYS LE PLUS PUISSANT DU MONDE, CELA POURRAIT CONDUIRE À UNE CATASTROPHE DONT L’HUMANITÉ NE POURRAIT PAS SE REMETTRE.

POUR TOUS CEUX ET TOUTES CELLES QUI SE SOUCIENT DE LA JUSTICE, DE L’ENVIRONNEMENT ET D’UN AVENIR DIGNE DE L’HUMANITÉ : NOUS DEVONS RÉPONDRE À L’APPEL LANCÉ PAR REFUSEFASCISM.ORG POUR ORGANISER ET MOBILISER DES ACTIONS NON VIOLENTES DÉTERMINÉES ET CRÉATIVES ET DES MANIFESTATIONS SOUTENUES, JOUR APRÈS JOUR, DE PLUS EN PLUS MASSIVES ET PUISSANTES, EXIGEANT LE DÉPART IMMÉDIAT DE CE RÉGIME FASCISTE ! OUT NOW! AFIN DE CHANGER TOUTE L’ÉQUATION POLITIQUE ET LA SITUATION DANS CE PAYS, EN FAISANT EN SORTE QUE TOUTES LES FORCES DE LA SOCIÉTÉ RÉPONDENT À LA DEMANDE AVANCÉE DE MANIÈRE PUISSANTE PAR LES MASSES QUE CE RÉGIME FASCISTE SOIT DESTITUÉ.

En dépit de ce que les Démocrates représentent et de la manière dont leur approche limiterait et paralyserait gravement la lutte contre ce régime fasciste, en termes de vote, les gens doivent voter massivement contre Trump, en votant pour Biden. MAIS C’EST ABSOLUMENT CLAIR que:

LE VOTE NE SUFFIRA PAS – ET LE SIMPLE FAIT DE SE FIER AU VOTE CONDUIRA TRÈS PROBABLEMENT AU DÉSASTRE. NOUS DEVONS DESCENDRE DANS LA RUE MAINTENANT,ET Y RESTER, EXIGEANT TRUMP et PENCE OUT NOW !

Pour mieux comprendre tout cela, voir ces importants travaux de Bob Avakian, disponibles sur revcom.us : la série en trois parties en anglais et espagnol : ‘Voting Will Not Be Enough – We Need to Take to the Streets, And Stay in the Streets Demanding Trump/Pence Out Now !’ (en particulier la troisième partie, ‘Trump’s Fascism—More Blatant and Dangerous Every Day: How a Determined Fight and Massive Mobilization Could Defeat this’) et la déclaration de Bob Avakian du 1er août 2020, « Sur la situation critique immédiate, le besoin urgent de chasser le régime fasciste de Trump/Pence, le vote dans cette élection, et le besoin fondamental de révolution » (disponible en français à https://nouveaucommunismefrance.wordpress.com/2020/08/31/bob-avakian-1-aout-2020/

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#TrumpPenceOutNow #Oct3WeBegin http://www.refusefascism.org