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La vie des prisonniers politiques en Iran est en jeu – Nous devons AGIR maintenant

Un appel d’urgence

Le 20 mars 2021 https://www.freeiranspoliticalprisonersnow.org

The Emergency Campaign for Free Iran’s Political Prisoners (Campagne d’urgence pour la libération des prisonniers politiques en Iran) a diffusé cet appel.

Il y a actuellement une campagne brutale d’arrestations, de tortures et d’exécutions en Iran. C’est une urgence. La vie et la dignité de centaines de prisonniers politiques sont en danger imminent et mortel.

Il faut que toutes celles et tous ceux qui défendent la justice et aspirent à un monde meilleur se joignent à la cause de la libération des prisonniers politiques en Iran MAINTENANT.

À partir d’octobre 2020, la République islamique d’Iran (RII) a lancé une nouvelle vague massive d’arrestations arbitraires à l’encontre de militants syndicaux, de défense des femmes et des droits humains,ainsi que d’intellectuels et d’artistes dissidents, de manifestants et derévolutionnaires et de membres de minorités religieuses et opprimées.Nombre d’entre eux sont aujourd’hui torturés, placés en isolement et privés de leurs droits légaux, d’assistance ou d’aide médicale, alors que la RII tente de leur extorquer des « aveux », organise des simulacres de procès et procède à des flagellations brutales.

Amnesty International met en garde contre une « augmentation alarmante des exécutions », 49 prisonniers ayant été exécutés entre décembre 2020 et février 2021. Ce régime a un passétaché de sang avec ses tentatives d’écraser violemment toute forme de dissidence ou de résistance –allant jusqu’à des exécutions massives et soudaines de prisonniers politiques, comme ce fut le cas en 1988.

Nous ne pouvons pas permettre que cela se reproduise.

Cette répression a été accueillie avec un héroïsme suscitant l’inspiration. De nombreux prisonniers, leurs familles, lessympathisants et diverses organisations iraniennes se sont exprimés et ont exigé la libération de TOUS les prisonniers politiques en Iran, au péril de leur propre sécurité.

The Iranian Writers Association (Association des écrivains iraniens) a dénoncé l’exécution de prisonniers d’opinion, alors même qu’elle subit une répression extrême. Plusieurs de ses membres sont emprisonnés, dont Arash Ganji, condamné à 11 ans pour avoir traduit un livre sur la lutte des Kurdes en Syrie. Narges Mohammadi, journaliste et membre du Centre des ‘Defenders of Human Rights’, a été emprisonnée pendant huit ans et demi. Elle appelle à protester contre l’isolement des deux frères de Navid Afkari, le champion de lutte iranien exécuté l’année dernière pour avoir participé à la rébellion de masse de 2018. Les frères sont condamnés à 54 et 27 ans de prison.

Le film documentaire Nasrin (portant sur l’avocate emprisonnée Nasrin Sotoudeh) est un exemple de ce cauchemar des détentions et de cet implacable esprit de résistance.

Les prisonniers politiques en Iran sont confrontés à une grave urgence vitale et immédiate. Voici quelques autres exemples :

Un certain nombre de personnes ayant la double nationalité européenne, australienne ou américaine sont détenues dans le « quartier politique » de la tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran. Amnesty International a récemment envoyé des alertes d’action urgente concernant deux de ces prisonniers :

– Nahid Taghavi, défenseure des droits, architecte à la retraite et citoyenne irano-allemande, souffre de diabète et d’hypertension. Sa fille Mariam Claren indique que sa mère a été maintenue en isolement pendant 151 jours et a été interrogée 80 fois différentes pour un total de 1 000 heures au cours de ses 147 premiers jours d’emprisonnement.

– MehranRaoof, citoyen irano-britannique et militant des droits des travailleurs, est « détenu en isolement prolongé », selon Amnesty. Raoof s’est vu refuser l’accès à ses propres avocats en Angleterre, n’a pas de famille proche en Iran et sa sécurité n’a pas été vérifiée depuis cinq mois.

Les femmes détenues sont de plus en plus souvent transférées dans des prisons plus éloignées, ce qui limite l’accès de leur famille et de leurs avocats. Parmi elles figurent :

– Sepideh Gholian, une journaliste indépendante arrêtée pour avoir fait des reportages et avoir prétendument participé à des grèves ouvrières. Début mars 2021, elle a été brusquement transférée enchaînée de la prison d’Evin à Téhéran à la prison de Bushehr, dans le sud de l’Iran, à plus de 400 kilomètres de ses parents.

– Somayeh Kargar, militante kurde et diplômée en philosophie de l’université de Tabriz, détenue arbitrairement depuis le 16 octobre, a été transférée de la prison d’Evin à celle, encore plus sale, de Quarchak, à l’extérieur de Téhéran. Le régime refuse qu’elle reçoive à Paris les traitements médicaux prévus qui pourraient la sauver de la cécité.

Tous les prisonniers politiques en Iran doivent être libérés immédiatement et sans condition.

Les gouvernements des États-Unis et de l’Iran agissent en fonction de leurs intérêts nationaux. Et, dans ce cas, nous, les peuples des États-Unis et de l’Iran, ainsi que les peuples du monde, avons NOS intérêts communs, dans le cadre de la réalisation d’un monde meilleur : nous unir pour défendre les prisonniers politiques en Iran. Aux États-Unis, nous avons la responsabilité particulière de nous unir très largement contre cette répression ignoble de la République islamique, et de nous opposer activement à touteaction belliqueuse du gouvernement états-unien, cequi infligerait encore plus desouffrances insupportables au peuple d’Iran.

Nous exigeons à la République islamique d’Iran LIBÉREZ TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES MAINTENANT. Au gouvernement des Etats-Unis nous disons : PAS DE MENACES OU D’ACTIONS BELLIQUEUSES CONTRE L’IRAN, LEVEZ LES SANCTIONS IMPOSÉES PAR LES ETATS-UNIS.

CE QUE NOUS POUVONS FAIRE

– Soutenir et diffuser cet appel d’urgence. Partager vos idées et/ou collaborer avec la Campagne – la Emergency Campaign to Free Iran’s Political Prisoners- pour publier cet appel d’urgence afin de mettre en lumière cette situation désastreuse et d’amplifier la campagne pour libérer TOUS les prisonniers politiques en Iran MAINTENANT. Aux États-Unis, nous agissons en solidarité avec le mouvement burn_the_cage en Europe pour libérer les prisonniers politiques en Iran. 

– Prendre la parole et envoyer des messages de soutienpour les prisonniers politiques en Iran. Se joindre à l’appel d’Amnesty pour transmettre des demandes exigeantla libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers d’opinion qui ont la double nationalité. Écrireau Responsable du pouvoir judiciaire, Ebrahim Raisi c/o Ambassade de l’Iran auprès de l’Union européenne, Avenue Franklin Roosevelt No 15, 1050 Bruxelles, Belgique (mettre en copie Amnesty International à ContactUs@Amnesty.org et la campagne à FreeIransPoliticalPrisonersNOW@gmail.com.

– Organiser des réunions, des forums et des manifestations en solidarité avec les prisonniers politiques en Iran. Regarder et diffuser ou projeter le film Nasrin. www.nasrinfilm.com/the-trailer ou https://www.youtube.com/watch?v=UHW1ltS7xVE

– Rester à l’affût des alertes, des mises à jour et des informations sur le site https://www.freeiranspoliticalprisonersnow.org,surYouTube et Twitter: https://twitter.com/IranPrisonEmerg.

Écrivez à la Campagne à FreeIransPoliticalPrisonersNOW@gmail.com

Emergency Campaign to Free Iran’s Political Prisoners

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Une nouvelle année, le besoin urgent pour un monde radicalement nouveau – Pour l’émancipation de l’humanité entière

Communication du NOUVEL AN par BOB AVAKIAN

1 Dans ma communication du 1er août 2020, j’ai avancé l’analyse selon laquelle, dans les circonstances particulières de cette élection présidentielle et les enjeux vraiment profonds qu’elle a posés, si le régime Trump/Pence se trouvait encore au pouvoir au moment de cette élection, il serait nécessaire et important de voter pour Biden afin de livrer une défaite électorale décisive au fascisme représenté par ce régime. En même temps, j’ai souligné que le simple fait de se fier au vote conduirait vraisemblablement au désastre, et qu’il était d’une importance vitale que les gens descendent dans la rue, dans une mobilisation de masse non violente mais soutenue et croissante, suivant l’appel lancé par RefuseFascism.org que ce régime fasciste soit chassé tout de suite – OUT NOW !

Il s’est avéré que les électeurs ont voté en grand nombre pour évincer ce régime fasciste – et, ce faisant, ont infligé une défaite électorale suffisamment décisive au régime Trump/Pence pour que sa tentative de coup d’État progressive, devenue extrêmement violente, soit plus difficile à réaliser et soit finalement vaincue, Trump étant contraint de partir (tout en refusant de reconnaître sa perte aux élections), alors même que l’inauguration de Biden ait dû avoir lieu dans une capitale devenue un camp armé verrouillé.

Dans l’immédiat, la catastrophe a été évitée de justesse qui se serait produite si ce régime fasciste avait été réélu (ou était resté au pouvoir d’une autre manière) et, sur cette base, avait consolidé davantage son pouvoir fasciste et aurait été davantage enhardi et libre pour mettre en œuvre son horrible programme. Le fait que le régime Trump/Pence ait dû quitter ses fonctions est d’une grande importance et mérite en soi d’être célébré ! Pourtant, la réalité est que, non seulement par rapport à cette élection, mais tout au long des quatre années du mandat de ce régime et ses atrocités croissantes, il n’y a pas eu la mobilisation non violente massive appelée par Refuse Fascism pour chasser ce régime et, au lendemain de l’élection, les rues ont été dominées par les mobilisations fascistes, et non pas par l’opposition au fascisme. Il en est résulté une situation où, malgré la défaite électorale du régime Trump/Pence, les forces du fascisme continuent à gagner du terrain à bien des égards, et l’opposition est restée beaucoup trop passive et tributaires des conditions fixées par le Parti démocratique.

Il faut se rendre à l’évidence que, comme l’a montré l’élection, près de la moitié de la population états-unienne a accueilli avec passion, agressivité et belligérance ce que représente le « Trumpisme ». La vérité incontournable est que les Etats-Unis, la très célèbre « cité qui brille sur la colline » est remplie de fascistes ! – au sein du gouvernement à tous les niveaux et dans de larges parties de la société. Et une caractéristique déterminante de ces fascistes est leur allégeance fanatique à des distorsions démentes de la réalité, ce qui est extrêmement difficile (et dans de nombreux cas impossible) de pénétrer avec la raison et les faits, parce que ces distorsions servent à renforcer leur sentiment que leurs privilèges « mérités » sont menacés et à rendre les préjugés et les haines de longue date encore plus virulents. Ce fascisme est profondément enraciné dans la dynamique sous-jacente du système capitaliste-impérialiste qui gouverne aux Etats-Unis et dans toute son histoire depuis sa fondation dans l’esclavage et le génocide. Il y a une autre vérité essentielle liée à cela : Biden échouera lamentablement lors de sa tentative de faire « guérir » et « d’unir le pays ». Comme je l’ai écrit précédemment :

Biden et les Démocrates ne peuvent pas « unir le pays », comme ils le prétendent à tort, car il ne peut y avoir de « réconciliation » avec ces fascistes – dont les « griefs » sont fondés sur un ressentiment fanatique contre toute limitation de la suprématie blanche, de la suprématie masculine, de la xénophobie (haine des étrangers), du chauvinisme américain enragé, et du pillage effréné de l’environnement, et s’expriment de plus en plus en termes littéralement lunatiques. Il ne peut y avoir de « réconciliation » avec cela, si ce n’est selon les termes de ces fascistes, avec toutes les terribles implications et conséquences de cela !

Il ne fait aucun doute que plusieurs politiques de l’administration Biden/Harris seront différentes des atrocités flagrantes du régime Trump/Pence, et on aura certainement « le sentiment que les choses sont différentes » avec Biden et Harris, mais la manière dont ils tenteront « d’unir le pays » – conformément aux intérêts et aux exigences de ce système de capitalisme-impérialisme – est quelque chose qu’aucune personne décente ne devrait vouloir, ou agir pour en faire partie. En cherchant à rétablir et à renforcer la « stabilité » des Etats-Unis et de le maintenir comme la première puissance oppressive du monde, Biden, Harris, et les Démocrates (ainsi que d’autres institutions « traditionnelles », comme le New York Times et CNN), feront des efforts déterminés pour maintenir les masses, qui à juste titre ont détesté le fascisme de Trump/Pence et qui aspirent à un monde plus juste, fermement liées à ce système – en réduisant leur vision politique, et activités, aux confins de ce système, les empêchant d’agir dans leurs propres intérêts fondamentaux et ceux de l’humanité dans son ensemble. Et dans la mesure où les choses sont maintenues dans les limites de ce système, cela aura en réalité pour effet la poursuite des horreurs pour l’humanité qui sont intégrées dans ce système, tout en renforçant et donnant un nouvel élan aux forces économiques sous-jacentes, ainsi qu’aux forces sociales et politiques qui raffermiront le fascisme ayant déjà fait preuve d’une grande vigueur aux Etats-Unis (et dans un certain nombre d’autres pays).

2 Même s’il est essentiel que le vote lors de cette élection ait abouti à une défaite décisive pour le gouvernement Trump/Pence et ses tentatives de consolider davantage le régime fasciste, il ne faut pas que cela occulte cette vérité cruciale : la manière de défendre et de poursuivre les intérêts du système capitaliste-impérialiste et le pouvoir de la classe capitaliste reste une source de discorde dans la polarisation entre les Démocrates et les Républicains, telle qu’elle s’exprime à travers le processus électoral aux Etats-Unis. Elle ne représente pas les divisions fondamentales de la société et du monde, ni les intérêts fondamentaux des masses, aux Etats-Unis et dans le monde entier. De même, les problèmes profonds auxquels l’humanité est confrontée ne peuvent pas être résolus – en fait, ils ne peuvent que s’aggraver – dans les limites de ce système d’exploitation et d’oppression meurtrière, ainsi que dans le chaos et la destruction qu’il continuera à déclencher à grande échelle, tant qu’il continuera à dominer le monde.

C’est une vérité fondée sur des faits et scientifiquement établie. Ignorer, nier ou essayer de poursuivre une évasion individuelle de cette réalité ne fera qu’empirer les choses et accélérer le désastre.

La défaite électorale du régime Trump/Pence ne fait que « gagner du temps » – à la fois par rapport au danger imminent posé par le fascisme que ce régime représente, et plus fondamentalement en termes de la crise potentiellement existentielle à laquelle l’humanité est de plus en plus confrontée du fait qu’elle est liée à la dynamique de ce système de capitalisme-impérialisme. Mais, en termes essentiels, le temps n’est pas du côté de la lutte pour un meilleur avenir pour l’humanité. Il ne faut donc pas gaspiller le temps qu’il y a, s’embourber dans l’individualisme inconscient et la paralysie politique ou gâcher le temps par des activités mal orientées qui ne font que renforcer ce système perpétuant des horreurs sans fin pour les masses de l’humanité et qui a amené les choses au bord d’une catastrophe bien réelle.

Une polarisation profondément différente doit être mise en place, en accord avec le potentiel d’un monde radicalement différent et meilleur, représentant les intérêts réels des masses et, en fin de compte, de l’humanité tout entière. Il faut adopter une approche radicalement différente pour comprendre les relations et les problèmes de la société et pour agir en conséquence – une méthode et approche rigoureusement et toujours scientifique.

3 Parmi les nombreuses personnes qui ont été scandalisées par la façon dont Trump s’est constamment engagé dans des mensonges pathologiques et intentionnels, on a vu un fort accent sur l’importance de la science et de la vérité, sur les faits et un raisonnement fondé sur des preuves. Cela s’est concentré dans une large mesure sur l’approche cruellement anti-scientifique que Trump et Pence ont adopté envers la pandémie de COVID-19, et l’encouragement de cette folie anti-scientifique parmi la « base » fasciste dans la société en général – ce qui a conduit à des dizaines de milliers (voire des centaines de milliers) de décès inutiles ainsi que des difficultés et des souffrances inutiles pour les masses. Cet accent sur la science et la méthode scientifique est d’une importance vitale, mais il est également nécessaire de souligner le besoin palpable et la grande importance de d’être cohérent à cet égard, et de suivre la vérité scientifiquement déterminée où qu’elle mène, afin de comprendre correctement la réalité, dans tous les domaines de la vie et de la société.

Cela signifie qu’il faut rompre complètement avec et aller plus loin que l’approche qui consiste simplement à accepter les vérités – ou les supposées vérités – avec lesquelles on se sent à l’aise, tout en rejetant, écartant ou éludant la vérité réelle qui peut nous rendre mal à l’aise. Une dimension importante de cette situation est de dépasser et de refuser méthodologiquement le relativisme philosophique de la « politique d’identité », qui fait beaucoup de mal par sa propre version de la réduction de la « vérité » à l’expérience partielle, non systématisée et au sentiment subjectif (« ma vérité »… « notre vérité »…) en opposition à la vérité réelle et objective, qui est correctement, scientifiquement établie par un processus fondé sur des preuves, pour déterminer si une chose (une idée, une théorie, une affirmation, etc.) correspond ou non à la véritable réalité matérielle. Alors que politiquement cette « politique identitaire » peut être le fruit d’une volonté de s’opposer à diverses formes d’oppression – même si c’est souvent caractérisée, et dénaturée, par des personnes d’identités différentes cherchant à revendiquer la « propriété » de l’opposition à l’oppression – en termes d’épistémologie (l’approche pour comprendre la réalité et arriver à la vérité des choses) la « politique de l’identité » a beaucoup en commun avec le recours à des « faits alternatifs » (des affirmations qui s’opposent à des faits réels, souvent de manière délirante) qui est l’incontournable marque des fascistes. Même s’il est important de reconnaître les distinctions politiques en jeu, la situation est bien trop grave et les enjeux bien trop importants pour se laisser convaincre par ou concilier avec, toute forme d’opposition que ce soit à la méthode scientifique et à sa recherche d’une vérité objective sur la réalité.

Pour comprendre pourquoi nous sommes confrontés à la situation dans laquelle nous nous trouvons, il ne faut pas se contenter de réagir à – et même de se laisser ballotter par – ce qui se passe en surface à un moment donné, il faut creuser sous la surface pour découvrir les ressorts et les causes sous-jacentes des choses, et parvenir à appréhender le problème fondamental et la véritable solution. Cela signifie qu’il faut arriver à comprendre de manière scientifique que nous vivons sous un système, et ce que ce système est réellement (le système du capitalisme-impérialisme) ; travailler à saisir les relations et la dynamique plus profondes de ce système et comment cela définit le cadre de la manière dont les différentes couches de la société pensent et réagissent spontanément aux événements de la société et du monde, et quelle est la voie possible pour transformer tout cela dans l’intérêt des masses de l’humanité et, en fin de compte, de l’ensemble de l’humanité. Il s’agit en partie d’une compréhension scientifique des changements majeurs, résultant de la dynamique et du fonctionnement même de ce système qui ont conduit à des bouleversements dans la société et ont alimenté sensiblement ce fascisme : les changements dans l’économie capitaliste-impérialiste et respectivement dans la structure sociale et la « composition sociale » des Etats-Unis, ainsi qu’au niveau international, qui ont miné les formes « traditionnelles » d’oppression sans toutefois conduire à y mettre fin mais au contraire à l’établir et à l’imposer sous de nouvelles formes, tout en provoquant ce qui est vraiment une réaction insensée, sadique et souvent violente de la part des secteurs de la société qui ont identifié leurs intérêts, jusque dans leur être même, avec les formes traditionnelles d’oppression.

En guise d’introduction, et de point global, en ce qui concerne certains de ces changements importants, il est important de souligner que ces changements, et en particulier ceux qui se sont produits au cours des dernières décennies, sont liés au parasitisme accru du capitalisme-impérialisme dans le monde contemporain. Comme je l’ai expliqué dans Percées :

La percée historique réalisée par Marx et la nouvelle percée du nouveau communisme, Un résumé basique, le parasitisme désigne le fait qu’un capitalisme de plus en plus mondialisé s’appuie fortement, pour la production et pour maintenir le taux de profit, sur un vaste réseau d’ateliers de misère, notamment dans le Tiers Monde d’Amérique latine, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie, tandis que l’activité capitaliste dans les « pays d’origine » capitalistes-impérialistes se situe de plus en plus dans le domaine de la finance et de la spéculation financière, et « du haut de gamme » de la haute technologie (et non pas de la production des matériaux physiques de base pour cette technologie), ainsi que le secteur des services et le domaine commercial (dont le rôle croissant de la commercialisation en ligne).

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (il y a 75 ans), la situation des Noirs a radicalement changé. Ces changements étaient initialement basés sur une mécanisation accrue et d’autres transformations de la production agricole, et l’économie en général ; ils ont été accélérés par une puissante recrudescence de la lutte des Noirs, qui a arraché des concessions à la classe dirigeante états-unienne soucieuse de conserver son image de « champion de la démocratie » et « leader du monde libre », notamment dans sa confrontation avec l’Union soviétique pendant plusieurs décennies après la Seconde Guerre mondiale. En raison de ces facteurs et d’autres encore, l’oppression des Noirs n’est plus centrée sur l’exploitation brutale dans le Sud rural, dans des conditions de quasi-esclavage (et dans certains cas d’esclavage réel) soutenue par la terreur du Ku Klux Klan, mais il s’agit au contraire d’une situation où des Noirs sont ségrégés et concentrés dans les zones urbaines à travers le pays et soumis à une discrimination systématique et à une brutalité continue et des meurtres par la police. Au cours des dernières décennies, en raison de l’intensification de la mondialisation et de l’automatisation de la production, en interaction avec la discrimination persistante, on a assisté à l’élimination d’un grand nombre d’emplois en usine qui avaient permis aux hommes noirs (et à certaines femmes) d’obtenir du travail mieux rémunéré dans les zones urbaines. En même temps, en conséquence des luttes pour les droits civils et la libération des Noirs des années 1960/début des années 1970, ainsi que d’autres facteurs, il y a eu une croissance de la classe moyenne noire. Mais il y a eu également une augmentation de ce qu’on appelle la « sous-classe », concentrée et enfermée dans des ghettos urbains et plus ou moins définitivement exclue de l’emploi stable au sein de l’économie « formelle ».

Incapables d’apporter une résolution positive aux contradictions aiguës liées à ces changements – incapables de mettre fin au racisme systémique, y compris la discrimination dégradante à l’encontre de segments de la population noire même économiquement plus aisés – incapables d’intégrer un grand nombre de Noirs dans l’économie « formelle » – les forces dirigeantes de la société ont répondu à cette situation par l’incarcération massive de millions d’hommes noirs (et un nombre croissant de femmes), par des arrestations, des procès, des condamnations et des peines qui incarnent encore plus de discrimination et d’injustice, et par le déchaînement et le soutien d’une terreur policière systématique, qui vise particulièrement les Noirs dans les milieux urbains défavorisés mais peut cibler n’importe quelle personne noire, n’importe où et n’importe quand. La tentative de faire respecter brutalement « l’ordre public », étant donné qu’une solution plus juste est impossible sous ce système, accroît la volatilité de la situation et provoque des nouveaux bouleversements – dont des protestations et rébellions, justifiées et justes – qui à son tour sont exploités par les forces fascistes en propageant leur grotesque représentation suprématiste blanche des masses noires comme « criminels » et « animaux non enfermés ».

Le fait qu’avec tous ces changements, et indépendamment de qui occupe les sièges du pouvoir, la discrimination systématique et l’oppression meurtrière ont persisté, a conduit certains Noirs à conclure que le Parti démocratique est le problème, puisqu’il a toujours cherché à obtenir le soutien des Noirs, mais a agi de manière répétée contre leurs intérêts. Alors même que le Parti républicain est devenu le véhicule d’une suprématie blanche manifeste et agressive, il est vrai que les Démocrates, et pas seulement les Républicains, ont présidé à l’oppression des Noirs. Mais quelle en est la vraie raison, et quelle est la véritable réponse à cette question ? La réalité est que la suprématie blanche est intégrée dans ce système de capitalisme-impérialisme, et aucun de ces partis de la classe dominante ne pourrait y mettre fin, même s’il le voulait. La réponse n’est pas de se rallier au Parti républicain fasciste, ni d’essayer de jouer ces partis bourgeois l’un contre l’autre, ou d’adopter le « capitalisme noir » et demander une meilleure « place à la table » – tout cela ne fera que renforcer le système d’oppression existant et profitera peut-être à quelques-uns au détriment du plus grand nombre. La réponse est la révolution, et l’établissement d’une société radicalement différente qui a la base ainsi que l’orientation pour déraciner et abolir la suprématie blanche, et toutes les relations oppressives.

La situation et la position sociale d’un grand nombre de femmes ont profondément changé, tant au sein des Etats-Unis qu’au niveau international. Pour en citer une dimension importante, une grande partie de la main-d’œuvre des ateliers de misère dans le Tiers Monde est composée de femmes, contraintes de travailler dans des conditions horribles. Aux Etats-Unis, les changements dans le fonctionnement et la structure de l’économie (dans le cadre d’une économie mondiale de plus en plus globalisée) ont entraîné une forte croissance de l’emploi, et de l’exploitation, de femmes noires (et d’autres femmes de couleur), notamment dans les secteurs des services et du commerce de détail. En même temps, non seulement il y a plus de possibilités pour un grand nombre de femmes (en particulier les femmes blanches, mais aussi pour certaines femmes de couleur) de trouver des postes dans les professions et dans les affaires, mais c’est également devenu une nécessité afin de permettre leurs familles de maintenir un « mode de vie de classe moyenne ». Cette situation où plus de femmes sont employées en dehors du foyer, y compris un accroissement significatif du nombre de femmes occupant des postes de classe moyenne mieux rémunérés, a sérieusement mis à rude épreuve et considérablement miné la famille patriarcale « traditionnelle » (dominée par les hommes) ainsi que les relations patriarcales dans la société en général.

Tout cela a créé des conditions plus favorables pour – et a été très influencé par – la lutte contre l’oppression des femmes, qui s’est exprimée avec force dans le cadre de la recrudescence générale de la lutte radicale des années 1960 et a continué sous diverses formes depuis lors. Comme je l’ai dit dans mon livre Away With All Gods ! [titre complet – Adieu à tous les dieux ! Désenchaîner l’esprit et changer radicalement le monde] :

Avec les soulèvements des années 1960, beaucoup de choses ont été remises en cause, et pas seulement dans le domaine des idées, bien que cela soit extrêmement important, mais aussi dans la pratique, dans le domaine de la lutte politique – des choses qui sont fondamentales pour cette société. Et de nombreux changements se sont produits en partie à la suite de la lutte politique de masse et en partie à cause de l’évolution des caractéristiques et des besoins de l’économie. Encore une fois, l’une des dimensions les plus importantes de cette question portait sur le rôle des femmes, en particulier parmi les professionnels et d’autres secteurs de la classe moyenne, où il est devenu à la fois possible et nécessaire pour les femmes de travailler à plein temps, dans le but de maintenir un niveau de vie de classe moyenne. Associé aux expressions politiques et idéologiques du féminisme, et d’autres mouvements apparus dans les années 1960, cela a posé un défi très direct aux formes d’oppression traditionnellement institutionnalisées dans cette société.

Pourtant, l’élimination de la suprématie masculine est impossible dans les limites de ce système. Cela est vrai parce que la suprématie masculine a été profondément entrelacée dans le tissu de cette société, et parce que ce système est fondé sur les rapports marchands et l’exploitation capitalistes – les choses sont produites pour être échangées (vendues), par un processus dans lequel des masses travaillent pour un salaire pour créer un profit accumulé par des capitalistes qui les emploient et contrôlent leur travail – un système dans lequel l’unité familiale patriarcale reste une composante et une exigence économique et sociale essentielle, même si elle est soumise à des tensions croissantes. Et la partie fasciste de la classe dirigeante a, depuis plusieurs décennies maintenant, mené une attaque implacable contre les droits constitutionnels, et a mobilisé sa base sociale de fanatiques fondamentalistes religieux, pour affirmer avec force et souvent violemment l’oppression patriarcale « traditionnelle » – avec l’attaque contre le droit à l’avortement, et même à la contraception, un point majeur de cette tentative d’asservir essentiellement les femmes. Ce que j’ai écrit, il y a 35 ans, est aujourd’hui plus vrai que jamais :

Au cours des dernières décennies aux États-Unis, la situation des femmes et les relations au sein de la famille ont connu de profonds changements. Dans une seule famille sur dix, on trouve la situation « modèle » où le mari est le seul soutien de famille et l’épouse une « femme au foyer » totalement dépendante. Ces changements économiques se sont accompagnés de changements significatifs dans les attitudes et les attentes – et de tensions très importantes non seulement dans le tissu familial mais aussi dans les relations sociales en général…. Toute la question de la position et du rôle des femmes dans la société se pose avec de plus en plus d’acuité dans les circonstances extrêmes actuelles – c’est une poudrière aux États-Unis aujourd’hui. Il n’est pas concevable que tout cela trouve une autre solution que dans les termes les plus radicaux et par des moyens extrêmement violents. La question qui reste à déterminer est la suivante : s’agira-t-il d’une résolution réactionnaire radicale ou révolutionnaire radicale, signifiera-t-elle le renforcement des chaînes d’asservissement ou l’éclatement des maillons les plus décisifs de ces chaînes et l’ouverture de la possibilité de réaliser l’élimination complète de toutes les formes de cet asservissement.

Tout cela a permis une possibilité et un « espace » accrus pour l’affirmation de « l’identité » de genre et de relations qui vont à l’encontre des relations de genre traditionnelles oppressives – et, encore une fois, il y a eu la tentative souvent violente de réaffirmer et de renforcer les relations traditionnelles et de supprimer tout ce qui n’est pas conforme à cela.

La religion, et en particulier le fondamentalisme religieux, est un facteur puissant favorisant et renforçant la subordination patriarcale des femmes, ainsi que d’autres formes « traditionnelles » d’oppression. Voici un aperçu important de Kristin Kobes Du Mez, qui a grandi dans une ville de l’état d’Iowa remplie de fondamentalistes chrétiens blancs (« évangéliques blancs », selon l’auteure) qui sont la colonne vertébrale du fascisme américain actuel. Dans son livre Jesus and John Wayne: How White Evangelicals Corrupted a Faith and Fractured a Nation, [Jesus et John Wayne : comment les évangéliques blancs ont corrompu une religion et fracturé une nation], elle écrit :

Les évangéliques blancs ont reconstitué cette mosaïque de questions, et un engagement nostalgique envers une masculinité blanche militante, coriace et agressive sert de fil conducteur pour les relier en un tout cohérent. La domination d’un père au foyer est inextricablement liée à un leadership héroïque sur la scène nationale, et le destin de la nation dépend de ces deux éléments. [italiques ajoutés]

Étant donné le lien étroit entre le patriarcat militant et le fascisme, il n’est pas surprenant que certains (bien que clairement minoritaires) Noirs et Latinos aient été amenés à soutenir Trump, malgré sa suprématie blanche manifeste. (Cela inclut certains qui sont ou ont été des figures de proue du rap. Bien qu’il y ait eu des forces et des éléments positifs dans le rap et le hip-hop en général, ce qui a été de plus en plus promu est une culture chargée de, pour ne pas dire dominée par, la dégradation misogyne des femmes, ainsi que de l’admiration pour le type de gangstérisme « arnaqueur » qui est l’une des « qualités » définissant Trump). Il n’est pas non plus surprenant qu’un nombre même important de femmes (principalement des femmes blanches, mais aussi latines et d’autres femmes de couleur) aient été attirées par ce fascisme, car le phénomène des opprimés s’accrochant aux « chaînes de la tradition » qui les oppriment n’est malheureusement que trop fréquent. (Pensez aux mères dans la patrie, dont Claudia Koonz parle dans son livre portant ce titre – des femmes qui ont travaillé activement pour le suprémaciste masculin agressif Hitler, et les NAZI en Allemagne pendant la montée du fascisme dans ce pays dans les années 1930. Ou encore, écoutez les mots de la fasciste noire Candace Owens, qui a fait l’éloge d’Hitler pour ses efforts visant à « rendre la grandeur à l’Allemagne » : « Il n’y a pas de société qui puisse survivre sans hommes forts…. En Occident, la féminisation constante de nos hommes en même temps que le marxisme est enseigné à nos enfants n’est pas une coïncidence. C’est une attaque directe. Ramenez des hommes virils. » Bien sûr, pour les fascistes comme Owens, les hommes « forts » et « virils » sont ceux qui incarnent et imposent les relations traditionnelles entre les sexes, en exerçant une domination sur les femmes qui se soumettent à cette domination –et les hommes qui ne se conforment pas aux rôles et aux relations traditionnelles entre les sexes, les hommes qui soutiennent l’égalité entre les hommes et les femmes sont en quelque sorte « faibles », « efféminés », « émasculés »). Et pour les femmes blanches qui font partie de ce phénomène fasciste, dans lequel la virulente suprématie masculine est un élément déterminant et de cohérence, il y a aussi le fait que ces femmes peuvent s’associer à la suprématie blanche qui, en particulier dans un pays comme les États-Unis, est aussi un élément déterminant et décisif de ce fascisme et est étroitement entrelacée à la virulente suprématie masculine – comme le reflète la formulation de Kristin Kobes Du Mez : une masculinité agressive et militante blanche.

Un résultat de l’intensification de la crise climatique, de la guerre et de la répression – et, en tant que force motrice dans tout cela, des changements majeurs dans l’économie mondiale dominée par le capitalisme-impérialisme, y compris la poursuite de la croissance et l’impact accru au niveau international de l’agro-industrie et des technologies entraînant le déplacement de la main-d’œuvre, ainsi que l’impact du contrôle de plus en plus monopolisé des semences et des produits chimiques, la monopolisation accrue de la commercialisation et les vastes investissements dans l’accaparement de terres – est une dislocation et un bouleversement massifs, affectant particulièrement les populations du Sud global (les pays d’Amérique latine, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie – le Tiers Monde). Une caractéristique importante de tout cela est l’urbanisation de masse : plus de la moitié de la population mondiale vit maintenant dans des zones urbaines, avec d’énormes bidonvilles abritant plus d’un milliard de personnes dans les villes du Tiers Monde, alors même que des dizaines de millions de personnes du Tiers-Monde ont été forcées de migrer vers les États-Unis et les pays d’Europe. Et la situation s’est développée de telle sorte que, dans certains de ces pays – les États-Unis en est un bon exemple – l’économie ne pourrait pas fonctionner sans l’exploitation d’un grand nombre d’immigrants, alors que beaucoup sont soumis à la menace constante de l’expulsion, ce qui les rend encore plus vulnérables à une exploitation extrême.

La ruine d’une grande partie de l’agriculture traditionnelle à petite échelle dans les pays du Tiers Monde et l’augmentation spectaculaire d’une population urbaine (ainsi qu’aux États-Unis et dans certains autres pays impérialistes) qui, en grand nombre, n’arrive pas à trouver du travail dans « l’économie formelle » – cela a également favorisé la croissance d’une économie illégale et de gangs (et, en particulier dans les pays du Tiers Monde, de cartels) basés sur cette économie illégale, surtout le trafic de drogue, mais aussi la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des jeunes filles victimisées violemment dans la prostitution, « l’industrie du sexe » et l’esclavage sexuel au sens propre. Cette situation considérablement changée et souvent très instable a aussi été un facteur majeur dans la montée du fondamentalisme religieux, dans le Tiers Monde et notamment aux États-Unis, où le fondamentalisme chrétien est une force sociale et politique négative puissante. La défaite, ou l’abandon, des mouvements dans le Tiers Monde dirigés par les communistes ou les nationalistes révolutionnaires contre les colonialistes de la vieille école et les oppresseurs néocoloniaux, surtout les États-Unis, dans la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, est interconnecté et interagit avec ces changements économiques et les changements sociaux correspondants d’une manière qui a contribué à l’influence accrue du fondamentalisme religieux, en particulier dans le Tiers Monde ; le plus grand revers a été le renversement du socialisme et la restauration du capitalisme en Chine dans les années 1970, qui a transformé la Chine d’un puissant pays socialiste et d’un phare et bastion de soutien à la lutte révolutionnaire dans le monde entier, en une puissance impérialiste en pleine ascension et en un exploiteur des masses en Afrique et dans d’autres parties du Tiers Monde.

La montée du fondamentalisme religieux s’est produite parallèlement et en opposition à la croissance du sécularisme (personnes qui ne sont pas religieuses, ou du moins qui ne font pas partie des religions traditionnelles), surtout parmi les populations urbaines les plus instruites. Ce sécularisme n’est pas en soi conçu ou prévu comme une attaque contre les personnes qui continuent à avoir des croyances religieuses, mais il sape objectivement la religion – et il est considéré comme une attaque « contre tout ce qui est saint » par les fondamentalistes religieux qui refusent même de tenter de concilier les croyances religieuses avec les résultats de la recherche scientifique, comme le reflète fortement leur attaque irrationnelle contre le fait scientifique solidement établi de l’évolution.

Dans cette division il s’agit essentiellement de l’acceptation, ou la négation et le rejet, de la pensée rationnelle fondée sur des preuves, y compris l’importance de la pensée critique, qui a été, dans un sens large, le prolongement des Lumières, apparues en Europe (en particulier en France) il y a plusieurs siècles. À cette époque, et depuis lors, les progrès de la science et les découvertes importantes qu’elle a produites ont donné une impulsion à la remise en question de la religion d’une manière qui n’était pas vraiment possible auparavant, puisque nombre de ces découvertes scientifiques contredisent clairement des écritures et des dogmes religieux bien ancrés depuis longtemps, et puisque la méthode scientifique rejette la reconnaissance des choses comme « réelles » si des preuves concrètes de leur existence ne peuvent être apportées, dans le monde matériel réel. Et, comme le souligne Ardea Skybreak, auteure du très important livre The Science of Evolution and the Myth of Creationism : Knowing What’s Real and Why It Matters, [La science de l’évolution et le mythe du créationnisme : Savoir ce qui est réel et pourquoi c’est important], la science fournit d’amples preuves que les êtres humains ont inventé toutes les religions qui existent dans le monde. (Dans un livre constitué d’un entretien avec Skybreak, Science and Revolution, elle souligne également que, bien que la « mauvaise science » ait parfois été utilisée à des fins très négatives, notamment pour promouvoir le racisme, la méthode scientifique elle-même fournit les moyens pour réfuter ceci : « on peut utiliser des méthodes scientifiques rigoureuses pour prouver que tout cela n’était que de la mauvaise science »).

Il est vrai que la science elle-même ne peut pas mettre fin à la croyance religieuse, comme le démontre le fait qu’un grand nombre de personnes religieuses se considèrent comme des partisans des Lumières et acceptent les découvertes et les conclusions de la science (jusqu’à un certain point au moins) mais insistent sur le fait qu’il existe un domaine de l’existence – impliquant un ou plusieurs êtres surnaturels – qui dépasse le champ d’application de la science. Et c’est un fait qu’en général, les représentants de la classe dirigeante des Etats-Unis, qu’ils soient « libéraux » ou « conservateurs » – et qu’ils croient personnellement en dieu ou non – considèrent la religion comme un élément crucial du maintien de la « cohésion sociale » du pays sur une base capitaliste, et travaillent à promouvoir la religion, en particulier le christianisme, sous une forme ou une autre. (Ils sont tous essentiellement des adeptes de l’affirmation attribuée à Napoléon : la société est impossible sans inégalité ; l’inégalité est impossible à maintenir sans une morale pour la justifier ; et une telle morale est impossible sans religion). Néanmoins (pour paraphraser une affirmation importante du physicien Steven Weinberg), bien que la science elle-même n’élimine pas la croyance religieuse, elle fournit une base pour ne pas croire en dieu et pour rejeter la religion. Cela constitue un conflit avec ceux qui croient que la religion est nécessaire pour une société ordonnée et « morale », et à plus forte raison avec ceux qui insistent sur un fondamentalisme religieux qui est totalement en décalage avec la réalité et avec une approche rationnelle à la réalité.

Cependant, s’il est vrai que, pour gagner leur pleine émancipation, les masses dans le monde devront finalement se débarrasser de la croyance religieuse en général, il est important de souligner que, dans le monde d’aujourd’hui, la polarisation ne se résume pas simplement à ceux qui ont rejeté la religion au nom des Lumières contre ceux qui s’accrochent à la croyance religieuse. Une polarisation importante se crée aujourd’hui entre d’une part ce que l’on peut appeler à juste titre des personnes décentes (y compris un grand nombre de personnes religieuses) qui s’opposent à l’injustice, et d’autre part ceux qui sont déterminés à faire revivre et à faire respecter les formes traditionnelles d’oppression. À cet égard, l’une des questions importantes est de savoir si les gens en viennent à adopter ou à rejeter deux qualités distinctives : la largeur d’esprit et la générosité d’esprit.

4 Tout cela apporte une fondation et un contexte pour comprendre ce qui s’est passé lors des élections récentes, pourquoi et quelles en sont les implications, à présent et à l’avenir. L’extrait suivant d’un article de Leonard Pitts Jr du 9 novembre 2020 (“The election of 2020 has ended at last, but the celebration has caveats”) [« L’élection de 2020 est enfin terminée, mais il y a des réserves quant à la célébration »° contient des éclairages importants. Le résultat de cette élection, écrit-il, « met à nu toutes les prétentions lustrées sur ce que nous sommes en tant que pays, soulignant le fait que dans un sens significatif, nous ne sommes plus du tout un seul pays, mais deux qui partagent les mêmes frontières. » Il continue :

La dernière fois que cela s’est produit [au moment de la Guerre civile], il a fallu quatre ans et 750,000 vies pour nous forcer à retrouver un semblant d’unité. Même à cette époque, les coutures de la fracture étaient toujours visibles.

Contrairement à cette rupture-là, celle-ci n’est pas nettement géographique : le Sud contre le Nord. Non, c’est la ville contre la campagne, ceux ayant fait des études universitaires contre ceux ayant un niveau d’études secondaires et, plus important encore, l’avenir contre le passé. Cela signifie qu’hier, c’était une nation où les blancs étaient majoritaires, et que demain, ce sera une nation où ils ne le sont plus.

Bien que Pitts ait raison que la division aujourd’hui est plus rurale contre urbaine que strictement le Sud contre le Nord, il est vrai que l’ancienne (et la nouvelle) confédération – et en particulier les blancs ruraux du Sud – restent le point d’ancrage d’une tentative mal fondée et mal intentionnée de restaurer le passé (au nom de « Rendre la grandeur à l’Amérique »). Comme je l’ai souligné dans le discours The Trump/Pence regime must go! en 2017 :

Il y a une ligne directe entre la Confédération et les fascistes d’aujourd’hui, et un lien direct entre leur suprématie blanche, leur dégoût et leur haine ouverts pour les personnes LGBT ainsi que pour les femmes, leur rejet délibéré de la science et de la méthode scientifique, leur chauvinisme primaire « l’Amérique d’abord » et leur claironnement de « la supériorité de la civilisation occidentale » ainsi que leur manière belliqueuse d’exercer le pouvoir militaire, y compris leur volonté exprimée et menaces flagrantes d’utiliser des armes nucléaires, pour détruire des pays.

En même temps, le clivage, et le choc, entre le passé et l’avenir sont plus profonds que les changements démographiques et la perspective d’une population états-unienne majoritairement non blanche. Les forces qui se battent pour le passé visent à inverser, avec virulence, même les modestes concessions qui ont été faites à la lutte contre l’injustice sociale et l’inégalité et l’oppression institutionnalisées, et à imposer une forme de dictature capitaliste qui est ouverte et non entravée par la Constitution et l’État de droit (ou qui transforme la Constitution et lÉtat de droit en de simples instruments de tyrannie et d’atrocité fascistes).

Comme je l’ai dit dans ma communication du 1er août, le fascisme est « une dictature ouverte et agressive, piétinant et pervertissant l’État de droit, s’appuyant sur la violence et la terreur, au nom du système capitaliste prédateur et en tant que tentative extrême pour gérer une division sociale profonde et des crises aiguës (tant au sein du pays que dans l’arène mondiale) ». Bien que cela puisse maintenir les choses en place, de manière extrêmement négative, pendant un certain temps, en fin de compte, cela ne peut pas réussir – ne peut pas préserver indéfiniment ce système de capitalisme-impérialisme et ne peut pas conduire à un autre avenir que celui des horreurs pour l’humanité, si tant est que nous ayons un avenir. Et la prétendue « alternative », telle que représentée par exemple par le Parti démocratique aux États-Unis, impliquant un moyen « plus démocratique » d’exercer le pouvoir de ce système, continuera également à incarner et à imposer une souffrance terrible et totalement inutile aux masses de l’humanité et à constituer une menace existentielle pour l’humanité dans son ensemble, même si ce n’est pas toujours par le biais de la même brute et le rouleau compresseur d’horreurs sans concession que la forme fasciste de la dictature capitaliste.

Ce qui s’est exprimé à travers cette récente élection – ce qui, en fait, s’exprime à travers toutes les élections sous ce système – n’est pas la « démocratie » et la « volonté du peuple » dans un sens abstrait, mais spécifiquement un choix qui est fait entre les différents représentants de ce système de capitalisme-impérialisme, ce qui est le seul choix « réaliste » qui est, ou pourrait être, proposé sous ce système. Dans cette situation particulière et extraordinaire, ce choix – entre le pouvoir capitaliste par un régime fasciste ou bourgeois démocratique – a en fait constitué une vraie différence, au point qu’il était juste de soutenir un côté, les Démocrates, afin de faire échouer la tentative de consolider davantage le fascisme. Mais cela ne change rien au fait qu’il s’agissait d’un vote selon les conditions du même système qui a produit ce fascisme et qui continuera à fournir un terreau fertile à ce fascisme en même temps qu’il continue à générer horreur après horreur pour l’humanité – des horreurs qui ne sont cachées qu’à ceux qui ne regardent pas, ou refusent de regarder. La version « libérale » (ou « grand public ») du mode de gouverner de ce système s’intègre dans l’imposition de l’exploitation et de l’oppression des masses populaires aux Etats-Unis et à travers le monde (y compris les plus de 150 millions d’enfants du Tiers Monde qui sont cruellement surexploités dans des ateliers clandestins et des mines). Faire respecter tout cela, et faire échouer les tentatives par des rivaux pour obtenir une plus grande part de ce pillage et remplacer les États-Unis en tant que puissance dominante du monde – voilà ce que les représentants « libéraux » (et d’autres) de ce système veulent dire lorsqu’ils parlent des « intérêts nationaux » américains. Et c’est là le fondement de l’approche « progressiste » consistant à permettre plus de « diversité » et « d’inclusion » pour les couches de cette société auparavant exclues, et à promouvoir certains aspects de la science, sur la base et surtout aux fins de ce pillage international, des humains comme de l’environnement.

5 Pour souligner une fois de plus ce point crucial : Il faut faire face à la réalité fondamentale selon laquelle il n’y a pas d’avenir digne d’être vécu pour les masses de gens et, en fin de compte, pour l’humanité dans son ensemble sous ce système, qui a engendré un fascisme puissant ; qui est la source de souffrances atroces et inutiles, non seulement pour des masses des Etats-Unis mais pour des milliards de personnes à travers le monde ; et qui constitue une menace croissante pour l’existence même de l’humanité, en raison de ses stocks massifs d’armes nucléaires ainsi que de la destruction accélérée de l’environnement. Il est vrai – et c’est une vérité importante – que le régime Trump/Pence (et des régimes semblables, comme celui de Bolsonaro au Brésil, par exemple) a beaucoup aggravé la crise environnementale, qu’il a, pour ainsi dire, accéléré l’accélération de la destruction de l’environnement. Mais la dynamique et les exigences de ce système sont les moteurs de la crise climatique vers le point de non-retour, indépendamment de la personne ou du régime qui en est le représentant politique dominant. On vante souvent le capitalisme comme étant un système « dynamique », qui apporte constamment des changements. Mais il s’agit d’un « dynamisme » basé sur l’exploitation pour un profit privé accumulé, un dynamisme impulsé par l’anarchie (et la concurrence anarchique entre les capitalistes), et cette même anarchie propulse les choses rapidement vers un seuil existentiel – au-delà duquel l’humanité pourrait bien être poussée de manière irréversible – si ce système de capitalisme, dans son expression impérialiste mondialisée, continue à dominer le monde.

Étant donné à quel point la base sociale fasciste aux Etats-Unis a été conditionnée à identifier faussement et ridiculement les Démocrates (même les Démocrates « centristes » comme Biden) comme « socialistes radicaux » (ou même « communistes ») et à les haïr viscéralement pour cela – en grande partie à cause des concessions limitées des Démocrates à la lutte contre l’oppression raciale et de genre, à la nécessité de s’occuper de la crise climatique, et à une prise de conscience de l’histoire véridique du pays – il est extrêmement ironique que seul un puissant mouvement visant le socialisme réel, en tant que société radicalement nouvelle et émancipatrice et la transition vers l’objectif fondamental du communisme à l’échelle mondiale, puisse créer la base pour un nombre important de gens, les jeunes en particulier, qui se sont empêtrés dans ce fascisme de s’en détacher et de participer à la lutte visant une résolution positive des contradictions que ce système de capitalisme-impérialisme intensifie continuellement. (Comme toute personne rationnelle peut facilement le constater, le nombre relativement restreint de « socialistes démocratiques » qui font partie du Parti démocratique ne sont en aucun cas des « socialistes radicaux » – ou de vrais socialistes tout court – mais sont des social-démocrates qui visent non pas l’abolition du système capitaliste et son remplacement par un système socialiste, mais des réformes au sein du système capitaliste qui ne changeraient pas, ou n’auraient pas d’effet significatif sur, sa nature fondamentale et son fonctionnement).

Le fait est qu’il n’est pas possible de restaurer (ou de créer à nouveau) un mode de vie idéalisé qui aurait existé à la fin du 19e siècle et dans la première partie du 20e siècle aux Etats-Unis, ni de retourner à une Amérique idyllique imaginée, caractérisée par des « valeurs traditionnelles » qui récompensent en quelque sorte assez bien les « vertus » telles que le travail dur, et où les gens occupaient la place qu’ils méritaient (ou que dieu voulait qu’ils occupent) dans la société – un passé qui n’a réellement existé que dans l’esprit de ceux qui cherchent une « restauration » illusoire de cela, et qui ont été conditionnés à haïr irrationnellement tout le monde et tout ce qui est censé l’avoir détruit. Et il n’est pas possible de revenir à la situation qui a existé pendant plusieurs décennies après la Seconde Guerre mondiale, où un grand nombre de personnes (surtout, mais pas seulement, des hommes blancs) sans formation universitaire pouvaient avoir des emplois dans les grandes industries comme l’automobile et l’acier à un salaire qui rendait possible un « niveau de vie de classe moyenne ». Il est vrai qu’il n’y a pas de base pour cela, non pas à cause des conspirations de « libéraux sataniques qui boivent le sang d’enfants victimes de trafics », mais, encore une fois, à cause des rouages de ce système de capitalisme-impérialisme, qui ont conduit ce monde à être façonné tel qu’il est, et à se diriger vers le désastre environnemental que ce système est en train de créer à toute allure, s’il n’éteint pas l’humanité d’abord par une guerre nucléaire déclenchée par les puissants détenteurs d’arsenaux nucléaires massifs.

Et personne ne devrait vouloir revenir au vrai passé : à un monde marqué par la pauvreté et des maladies à grande échelle, au-delà même du terrible bilan que cela représente aujourd’hui, en particulier dans le Tiers Monde ; avec les destructions et les souffrances atroces provoquées par les deux guerres mondiales du 20e siècle, au cours desquelles des dizaines de millions de personnes ont été massacrées, et les attaques à la bombe atomique déclenchées par les États-Unis sur deux villes japonaises à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui ont immédiatement incinéré des centaines de milliers de Japonais et ont inauguré « l’ère nucléaire » ; avec des États-Unis caractérisé par une ségrégation ouverte et institutionnalisée, une discrimination et un statut de « seconde classe » pour les personnes de couleur et les femmes, et une existence brutalement réprimée pour les LGBT, et les Noirs en particulier soumis à une terreur continuelle, marquée par des lynchages répétés et d’autres actes dépravés qui les accompagnent. L’avenir ne réside pas dans le passé (réel ou imaginé), mais dans le fait d’aller de l’avant vers une société socialiste réelle et, finalement vers un monde communiste, où l’orientation fondamentale et la politique pratique est de répondre aux besoins matériels, intellectuels et culturels de la population, tout en donnant une place croissante à l’initiative individuelle, sur la base et dans le cadre du fondement et de l’éthique collectifs et coopératifs de la société, où les très anciens rapports économiques et sociaux d’exploitation, d’inégalité et d’oppression sont dépassés, et où le bien-être des uns ne repose plus sur la misère des autres.

Il doit être clair que la polarisation actuelle et les problèmes profonds auxquels il faut faire face ne peuvent pas être résolus en essayant « d’ajuster » les choses dans les limites de ce système. L’exemple du mouvement « Occupy » de la dernière décennie en est une autre illustration. Cette tentative de repolariser effectivement les 99 % contre le 1 % de super-riches a échoué, en grande partie parce que les relations sociales (telles que les relations oppressives entre les différentes « races » et les genres), et pas seulement les rapports économiques, sont des forces matérielles puissantes, et une bonne partie de ces « 99 % » est déterminée à maintenir ces relations sociales inégales et oppressives dont elle bénéficie (ou croit fortement qu’elle en bénéficie), surtout dans cette société capitaliste qui oppose les gens les uns aux autres dans une compétition souvent impitoyable.

Ce n’est que sur la base d’un système économique radicalement différent – un système économique (mode de production) socialiste, où les ressources productives de la société sont collectivisées, mobilisées et utilisées, de manière planifiée, pour répondre aux besoins matériels, intellectuels et culturels de la population, sur une base sans cesse croissante – qu’il peut y avoir une base favorable pour déraciner et transformer les relations sociales qui incarnent l’oppression, et les modes de pensée qui accompagnent et renforcent cette oppression, en allant au-delà de la situation où (comme Lénine l’a si bien dit) les gens ne sont pas simplement encouragés mais sont contraints de calculer avec l’avarice d’un radin, quelle est leur position par rapport aux autres.

6  Tout cela montre bien, encore une fois, la nécessité de ne pas simplement « faire face à la réalité » mais d’appliquer systématiquement le principe selon lequel la science et la vérité comptent, et donc d’engager sérieusement l’analyse scientifique (que j’ai esquissée ici) du problème auquel l’humanité est confrontée, et de la solution : vers où le monde se dirige en ce moment, sous la domination de ce système, et la direction radicalement différente qu’il doit et peut prendre. Cela exige une volonté d’appliquer cette même approche – c’est-à-dire que la science et la vérité scientifiquement déterminée comptent – au communisme et à l’expérience historique du mouvement communiste, et en particulier au nouveau communisme qui est le résultat de décennies de travail que j’ai effectué. Ce nouveau communisme est une continuation de la théorie communiste telle qu’elle avait été développée auparavant, mais il représente également un saut qualitatif au-delà de cette théorie et, à certains égards importants, une rupture avec elle. Contrairement à ceux qui calomnient et condamnent, ou simplement ignorent, le communisme et l’expérience historique du mouvement communiste, j’ai moi-même fait – et j’ai amené d’autres personnes à faire – des études scientifiques sérieuses et approfondies – des enquêtes et des analyses – de l’histoire du mouvement communiste et des sociétés socialistes qu’il a engendrées (ainsi que des pays qui se sont déclarés « socialistes » mais qui ne le sont pas en réalité, comme Cuba depuis 1959, le Venezuela au cours des dernières décennies, ainsi que l’Union soviétique et les pays d’Europe de l’Est, où le capitalisme a été restauré et où il a régné depuis plus de 60 ans, bien avant qu’ils ne deviennent des pays ouvertement capitalistes il y a quelques décennies). Cette approche scientifique a conduit à la conclusion qu’avec les vraies sociétés socialistes qui ont vu le jour, sous la direction des communistes, d’abord en Union soviétique et ensuite en Chine (avant la restauration du capitalisme dans les années 1950 dans le premier cas et dans le second après la mort de Mao en 1976), cette expérience du socialisme a été principalementet dans le cas de la Chine – très majoritairement positive, alors que secondairement, il y a eu également des erreurs importantes, dans certains cas graves, voire très graves.

S’inspirant de cette expérience historique du mouvement communiste et d’un large éventail d’activités humaines, le nouveau communisme, en tant que sa méthode et approche de définition, souligne l’importance cruciale de la science et de l’application de la méthode scientifique à tout – à la société comme à la nature. Il rejette fermement toute approche qui reviendrait à appliquer et à justifier la notion creuse et extrêmement néfaste selon laquelle « la fin justifie les moyens » et que la « vérité » n’est qu’un « instrument » des objectifs souhaités, plutôt que ce qu’elle est réellement : un reflet correct de la réalité objective.

C’est cette même méthode et approche qui a été appliquée pour approfondir continuellement la compréhension de la nature et du fonctionnement du système du capitalisme-impérialisme qui continue à ce jour à dominer le monde, avec des conséquences et des implications terribles pour l’humanité et son avenir. Et ce travail se poursuit en tant que partie importante du développement du mouvement révolutionnaire nécessaire pour abolir enfin ce système et faire naître un monde radicalement différent et bien meilleur. S’il reste beaucoup à faire et de nombreux défis à relever, on peut trouver une analyse et une synthèse scientifiques des questions fondamentales relatives à la situation de l’humanité et à la possibilité d’une émancipation humaine – sous des formes plus concentrées et plus populaires et dans des ouvrages d’une profondeur considérable – dans des discours et des écrits de ma part et dans d’autres documents disponibles sur revcom.us. Et une vision de grande portée et un plan concret pour une société radicalement différente et émancipatrice, sur la voie de l’objectif final d’un monde communiste, sont présentés dans la Constitution for the New Socialist Republic in North America, dont je suis l’auteur.

Il est un fait qu’il n’y a nulle part ailleurs, dans aucun autre document fondateur ou directeur, réel ou proposé, d’un gouvernement, quelque chose qui ressemble non seulement aux protections mais aussi aux dispositions relatives à la dissidence et au ferment intellectuel et culturel qui sont incarnées dans cette Constitution, alors que celle-ci a, comme noyau solide, un fondement dans la transformation socialiste de l’économie, dans le but d’abolir toute exploitation, et la transformation correspondante des relations sociales et des institutions politiques, afin de déraciner toute oppression, et la promotion, par le biais du système éducatif et dans la société dans son ensemble, d’une approche qui « permettra aux gens de poursuivre la vérité où qu’elle mène, avec un esprit critique et une curiosité scientifique, et ainsi d’apprendre continuellement sur le monde et d’être mieux à même de contribuer à le changer conformément aux intérêts fondamentaux de l’humanité ». Tout cela va déchaîner et libérer une formidable force productive et sociale d’êtres humains capables et inspirés pour travailler et lutter ensemble afin de répondre aux besoins fondamentaux de la population – en transformant la société de manière fondamentale et en soutenant et en aidant la lutte révolutionnaire à travers le monde – visant l’objectif final d’un monde communiste, libre de toute exploitation et oppression, tout en abordant la crise environnementale et écologique véritablement existentielle, d’une manière significative et globale, ce qui est impossible sous le système du capitalisme-impérialisme.

Beaucoup trop de gens ont rejeté cela – ou, plus souvent, n’ont pas réussi ou ont refusé à chercher à l’interroger et le comprendre sérieusement – en raison de l’ignorance et des préjugés qui ont leur source ultime dans la distorsion implacablement propagée par les gardiens de l’ordre actuel, et qui servent à renforcer cet ordre extrêmement oppressif. Il faut dire ici (et on peut le démontrer aisément) que l’attaque bourgeoise « libérale » contre le communisme est, à sa manière, aussi ridicule et scandaleuse – grossièrement en violation de la méthode scientifique et en opposition flagrante avec les faits réels – que la mutilation fasciste de la vérité dénoncée sans cesse par les « libéraux ». Cela fait beaucoup de mal à l’humanité : Refuser d’appliquer une approche honnête et scientifique du communisme, de l’histoire réelle du mouvement communiste et du développement du nouveau communisme, et agir en opposition à une telle approche, contribue à bloquer la seule véritable alternative à ce système vraiment monstrueux du capitalisme-impérialisme – la seule alternative viable qui représente les intérêts fondamentaux et un avenir digne d’être vécu pour les masses de l’humanité et, finalement, pour l’ensemble de l’humanité. Le chemin vers un monde meilleur n’est pas, et ne sera pas, facile – on ne pourra pas y arriver sans une lutte déterminée et, oui, sans de grands sacrifices. Mais continuer sur la voie actuelle, sous la domination de ce système de capitalisme-impérialisme, signifie une continuation des horreurs déjà perpétrées dans le monde aujourd’hui, des horreurs bien pires qui menacent d’apparaître dans un avenir immédiat, et du danger existentiel très réel qui se profile de plus en plus.

Face au poids écrasant du fascisme qui continue de menacer et de monter en puissance, un grand nombre d’entre nous, qui en sommes profondément écœurés et indignés, et qui aspirons à quelque chose de bien meilleur, avons lancé et sommes ralliés à l’appel selon lequel la science et la vérité comptent et doivent être notre guide. Soyons maintenant suffisamment courageux et audacieux pour appliquer ce guide sans entrave, déterminés à rechercher la vérité et à suivre la vérité où qu’elle nous mène, en surmontant tous les obstacles à cela, y compris les illusions les plus chères et les préjugés tenaces qui vont à l’encontre de la réalité et de la vérité scientifiquement établie. Osons agir pour faire une réalité de ce que la science révèle comme possible : un monde et un avenir radicalement différents et bien meilleurs pour l’humanité.

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Unissez-vous pour vaincre les vagues de répression !

12 décembre 2020

La lettre suivante vient d’un participant à la nouvelle campagne pour la libération des prisonniers politiques iraniens « Brûlez la cage, libérez les oiseaux », qui a été lancée par leur appel « Unissons-nous et luttons ensemble contre les vagues de répression en Iran ».

Une nouvelle et dangereuse vague de répression

Au cours des 42 dernières années, le régime de la République islamique d’Iran a gouverné en menant des campagnes de terreur et de répression contre toute opposition. Mais nous sommes confrontés à une nouvelle vague d’arrestations massives et continues sur deux fronts. Elle s’est intensifiée en octobre 2020, juste avant l’anniversaire de la rébellion de novembre 2019. Cette violente répression se poursuit et de nouvelles personnes sont arrêtées tous les jours, alors même que nous entrons dans le pic des décès liés au COVID et aux inondations mortelles des principales villes du sud de l’Iran.

La nouvelle campagne de répression du régime islamique comporte deux volets. Le premier consiste à rechercher et à arrêter des militants politiques connus et inconnus dans le but de «trouver» et de démanteler des forces révolutionnaires organisées présumées ou réelles. À cette fin, ils procèdent à des arrestations généralisées de toutes les catégories de personnes connues pour leurs opinions et leurs activités d’opposition à ce régime. Ils font également arrêter massivement des personnes ayant participé à des manifestations contre les atrocités de ce régime.

Pendant le soulèvement de novembre 2019, des centaines de personnes ont été tuées lors de manifestations de rue et dans le marécage de Mahshahr (une grande ville portuaire iranienne exportatrice de gaz et des produits pétroliers raffinés). Entre six et huit mille personnes ont été arrêtées. De nombreuses organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International, ont diffusé ces chiffres.

Selon les noms recueillis et vérifiés par la campagne @burn_the_cage, ces deux derniers mois plus de 140 personnes ont été arrêtées ou détenues par les autorités brutales de la prison d’Evin pour purger leurs peines. Nombreux sont ceux qui n’ont pas été identifiés par les groupes de défense des droits de l’homme et les avocats, car la norme est de procéder à des arrestations arbitraires. Les gens sont enlevés de la rue et de leur domicile sans même en informer leur famille. Beaucoup d’entre eux sont emmenés dans des cachots non officiels par la police des Sepah Pasdaran (le «Corps des gardiens de la révolution islamique», CGRI).

Les avocats des personnes arrêtées (c’est-à-dire ceux désignés par les proches et non ceux mandatés par le régime) sont désespérément débordés. Les arrestations concernent toutes les couches de la population : travailleurs, étudiants, femmes, enseignants, avocats, intelligentsia littéraire de gauche et libéraux. Les peuples kurde et arabe (minorités opprimées en Iran) sont accusés de vouloir «désintégrer l’Iran», tout comme les personnes de confession bahá’íe et derviche. Parmi les personnes arrêtées figurent même des journalistes établis, comme le rédacteur en chef du journal Iran-e-Farda, M. Keyvan Samimi, âgé de 72 ans, qui a été envoyé à la prison d’Evin afin de purger une peine de trois ans le 7 décembre 2020, pour avoir couvert des manifestations (ou «propagé de la propagande contre le système»). Son frère Sassan a été exécuté en 1975 sous le régime du dictateur installé par la CIA, le Chah d’Iran, pour avoir milité avec les Moudjahidine du peuple.[i] L’autre frère de M. Samimi (Kamran) a été exécuté par le régime islamique en 1982 pour avoir été membre de l’Association des étudiants iraniens et de l’Union des communistes iraniens).[ii]

Le Dr Mohammad Maleki a été le premier chancelier de l’Université de Téhéran après le renversement du régime du Chah en 1979. Il a longtemps lutté pour la liberté des prisonniers politiques en Iran, et a passé des années dans les chambres de torture et les prisons de la République islamique. Il est mort le 2 décembre 2020, en partie des suites d’une opération du dos que des tortures impitoyables ont aggravé. Parmi les personnes récemment condamnées à la fois à l’exécution et à 13 ans de prison figure Hamed Ghara Oghlani. Il est accusé de moharebeh (inimitié à l’égard de Dieu) et d’avoir insulté le leader de l’Iran, l’ayatollah Khamenei, sur les médias sociaux.

Une jeune femme audacieuse, qui roulait à vélo dans la ville ultrareligieuse de Nadjafabad, a également été arrêtée récemment pour ne pas avoir mis le hijab, faisant ainsi preuve de mépris pour le port obligatoire du foulard islamique. Au cours de la première semaine de décembre, le soi-disant tribunal islamique révolutionnaire de Mechhed a condamné cinq personnes de confession bahá’íe à cinq ans de prison pour avoir organisé la résistance contre leur discrimination dans une académie clandestine, les bahá’ís n’étant pas autorisés à fréquenter l’université en Iran. 

Le lutteur iranien Navid Afkari, qui avait participé aux manifestations de 2018, a été arrêté et exécuté en septembre dernier après des «aveux» extorqués sous la torture. Pour la même affaire ses frères (Vahid et Habib) risquent maintenant 27 et 54 ans de prison à présent. Et de jeunes arabes sont arrêtés de manière répétée dans la province de Khouzistan, riche en pétrole et ethniquement diversifié. Par exemple, Amir Kaabi, 15 ans, a récemment été arrêté dans la ville de Chouch, et de nombreux hommes ont été emmenés dans des prisons inconnues de la ville de Mahshahr[iii].

À la mi-octobre 2020, la République islamique a arrêté des dizaines de personnes en un seul coup. L’une d’entre elles est Nahid Taghavi, qui a la double nationalité germano-iranienne et dont le cas a été repris par Amnesty International (voir la photo de l’affiche d’Amnesty International). Ses proches en Allemagne ont été très actifs pour faire connaître son cas ainsi que celui d’autres prisonniers politiques. Cela a permis de faire une forte pression sur l’État allemand et l’Union européenne pour qu’ils ne se rendent pas complices des crimes de la République islamique contre le peuple de l’Iran.

Les soulèvements massifs de 2017 et 2019 secouent la société iranienne

Deux soulèvements de masse en novembre 2019[iv] et décembre 2017 ont constitué des développements extrêmement importants. Ils ont oxygéné toute la société iranienne et ont été considérés par les dirigeants théocratiques fascistes comme une menace potentielle pour l’ensemble de leur système. Le régime est très sérieux lorsqu’il s’agit de ne pas laisser une telle menace peser sur son pouvoir. Ils veulent s’assurer que la révolte n’est pas imprégnée de la perspective et du programme de la nécessité d’un changement sociétal révolutionnaire le plus radical.

La jeunesse démunie étaitprincipalement le noyau de ces rébellions. Selon les journaux officiels en Iran, un tiers de la population autour des mégapoles comme Téhéran et Mechhed vit dans des bidonvilles. En 2017, 19 millions d’Iraniens vivaient dans des bidonvilles très pauvres et infestés par la toxicomanie. Après la rébellion de décembre 2017, une bonne polarisation s’est développée parmi les étudiants engagés politiquement. Un nombre important d’entre eux recherchaient la politique révolutionnaire. Le slogan désormais célèbre scandé par des étudiants héroïques aux premiers jours de la rébellion de décembre 2017 en est l’écho. Lors d’un rassemblement organisé à la porte même de l’université de Téhéran, c’était surtout des étudiantes qui ont lancé le slogan «Réformateurs. Partisans de la ligne dure. Fin de partie pour vous deux. Terminus !» Cela faisait référence au jeu joué par deux factions du régime islamique pour berner les masses et leur faire espérer un «changement lent de l’intérieur du système».

Le soulèvement de novembre 2019 a marqué un tournant encore plus important pour les étudiants qui ne se sont plus seulement préoccupés de petites revendications concernant les étudiants. Ils ont exprimé une vision large et un besoin urgent de se battre pour un grand changement sociétal et radical quant à ce dont les masses ont besoin.La population est écrasée par de nombreuses «lignes de faille» sociales : la surexploitation, le patriarcat, l’oppression nationale et raciale, la violence de l’État policier, les lois de la charia et l’obscurantisme religieux qui régissent la société iranienne. Il y a les guerres réactionnaires en Irak et en Syrie auxquelles ce régime participe activement et dans lesquelles des atrocités innombrables sont commises contre l’humanité opprimée dans ces pays, et il y a la destruction de l’environnement qui frappe des dizaines de villes avec des inondations et des sécheresses. Ce régime n’a absolument rien à offrir à la jeunesse appauvrie qui a constitué le cœur de ces deux rébellions. Son pouvoir se repose donc de plus en plus sur des potences, des prisons et des chambres de torture. En outre, une partie croissante de la classe moyenne se voit jeter avec les plus démunis.

Après le soulèvement de novembre 2019, la Journée de l’Étudiant a eu lieu le 7 décembre. C’est l’anniversaire du 7 décembre 1953, lorsque le régime du Chah a accueilli le vice-président américain Richard Nixon en Iran. Les étudiants se sont soulevés contre cet homme de main impérialiste et ont été abattus par la police. Trois étudiants sont morts (Ghandchi, Bozorgnia et Razavi). En 2019, à l’occasion de cet anniversaire, les étudiants ont organisé des rassemblements en défense du peuple. Bien que ces rassemblements n’aient eu lieu que dans quelques universités et avec la présence d’un petit nombre d’étudiants, ils ont soulevé des slogans ciblant à la fois la République islamique et l’impérialisme, tout en répudiant l’opposition de droite et pro-impérialiste. Trois catégories de slogans ont été lancées lors des rassemblements du 7 décembre 2019 : 1) contre la République islamique et en soutien au soulèvement de novembre, 2) contre le port obligatoire du hijab islamique et d’autres lois anti-femmes, et 3) contre la brutalité policière et la pauvreté, et en solidarité avec les luttes menées dans le monde entier.

Le régime islamique réagit à un défi potentiellement grave à sa domination par une répression vicieuse

Le régime voit une convergence entre les rébellions de masse répétées et le développement d’un mouvement révolutionnaire organisécomme un coup mortel à son existence.Il est déterminé à y mettre fin par tous les moyens nécessaires. Et pour nous, il est très important de mettre fin à cette machinerie de persécution cruelle des masses et des militants politiques, sociaux et littéraires. Dans ce contexte, il est crucial de répondre à l’appel à «Brûlez la cage, libérez les oiseaux» pour libérer tous les prisonniers politiques en Iran MAINTENANT ! Il est impératif pour les révolutionnaires et tous les mouvements sociaux en Iran de vaincre cette vague et les futures vagues de répression de l’État. C’est une nécessité vitale et primordiale pour tous les mouvements sociaux, car avec la poursuite de cette répression, aucune des justes luttes ne pourra se développer. Il s’agit donc d’être et de grandir ou de ne pas être (c’est-à-dire se faire écraser). C’est ça la situation en Iran qui a fait de cet Appel une nécessité opportune et urgente.

La République islamique se sert souvent de la vague accusation contre les dissidents politiques d’agir contre la sécurité nationale. C’est l’un des régimes les plus réactionnaires et antipopulaires au monde. C’est un régime qui qualifie toutes les formes d’opposition à ses crimes et horreurs d’«espionnage des impérialistes» ou de «conspiration contre la sécurité nationale». Imaginez les rébellions que le régime islamique traite de  «conspiration contre la sécurité nationale» : a) contre la pauvreté cruelle qui menace la vie ; b) contre le chômage ; c) les revendications des intellectuels et des artistes pour la liberté de pensée et de création ; d) les revendications des travailleurs pour le droit de grève et de réunion ; e) les protestations des femmes contre les conditions asservissantes dont le port obligatoire du hijab est un symbole frappant ; f) les protestations contre l’oppression nationale (ou raciale) ; et g) toute tentative des écologistes pour sauver la planète Terre. Chacun de ces problèmes peut être considéré comme une «conspiration contre la sécurité nationale», sévèrement punie par la loi. Il s’agit d’une classe dirigeante fasciste qui a manié un mélange mortel de théocratie, de démagogie anti-impérialiste, de discrimination légale et fonctionnelle contre les nationalités opprimées et les femmes, de sécurisation de la société sous le prétexte de protéger la «révolution islamique» contre les préjudices de l’«étranger».

<p style="line-height:1.3" value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80">Il est vrai que ce régime est aujourd'hui confronté à des menaces de la part des États-Unis et d'autres puissances impérialistes occidentales, qu’il tente de compenser en s'accrochant aux impérialistes chinois et russes. Mais dans cette rivalité, les deux camps ont puni les masses populaires pour les faire choisir entre eux alors qu'en fait, aucun de ces deux camps pourris n'a un iota d'intérêt pour le peuple.Il est vrai que ce régime est aujourd’hui confronté à des menaces de la part des États-Unis et d’autres puissances impérialistes occidentales, qu’il tente de compenser en s’accrochant aux impérialistes chinois et russes. Mais dans cette rivalité, les deux camps ont puni les masses populaires pour les faire choisir entre eux alors qu’en fait, aucun de ces deux camps pourris n’a un iota d’intérêt pour le peuple.

La «sécurisation» de toute opposition politique découle également de la nature théocratique de ce régime. Comme il se considère comme un représentant de Dieu sur Terre, ce régime estime que toute opposition à sa «révolution islamique» et à son chef saint constitue une «guerre contre Dieu», punissable de mort selon la loi charia. Tout cela est inscrit dans ses lois fascistes. C’est un régime qui impose à la population sa superstition anti-scientifique et une ignorance religieuse, mais qui achète les outils d’espionnage et de répression les plus avancés sur le plan technologique à la Chine, à la Russie, à l’Allemagne, à la France et à d’autres marchands d’instruments de torture et de répression, ainsi que de matériel et de savoir-faire militaires.

Pour conclure : le régime doit répondre aux luttes des masses et des révolutionnaires par la violence parce qu’il veut survivre. C’est ce que l’on entend par «sécurité nationale». La répression généralisée et le meurtre des masses d’une part, et des militants politiques, de l’autre, ne doivent pas être tolérés. Et nous ne devons en aucun cas laisser s’installer une atmosphère de peur et de désespoir. Oui ! Il est vrai que la répression est très répandue. Il est vital pour faire avancer la révolution de faire face aux attaques des pouvoirs en place qui veulent détruire le mouvement pour la révolution et sa direction. Il faut dévoiler au grand jour la nature cruelle et illégitime du pouvoir de classe et de la théocratie de la République islamique iranienne, renverser leur répression et vaincre leur État policier !

Pour plus d’informations, contactez Donya Zed : zeddonya1@gmail.com, membre de la campagne «Burn the Cage, Free the Birds »


[i]     Les moudjahidine sont en fait de nombreux groupes différents de combattants armés musulmans ou de djihadistes qui existent dans différents pays (par exemple, en Iran, en Irak et principalement en Afghanistan). En Iran, ils ont commencé comme une organisation religieuse radicale ou nationaliste sous la monarchie du Chah lorsque beaucoup de leurs membres ont été emprisonnés et exécutés par ce régime. Pendant et après le soulèvement de 1979, nombre de leurs dirigeants ont été libérés et leur popularité a grimpé en flèche pour devenir l’une des plus grandes organisations en Iran. Leurs opinions politiques et idéologiques sont passées d’un soutien à la République islamiqueà une opposition à celle-ci. Ils étaient obligés d’entrer dans la clandestinité contre le régime islamique pendant un certain temps, et ont finalement mené leur opposition depuis l’Irak. Ils ont dégénéré davantage et sesont éloignés en tant que force politique au point de collaborer avec l’impérialisme américain et de s’appuyer sur lui. En 2016, les impérialistes américains Rudolph Giuliani et John Bolton ont été invités et ont pris la parole lors d’une conférence des Moudjahidine du peuple (Mujahadeen Khalq) en Europe. Pour le contexte global de la tendance djihadiste, voir l’ouvrage de Bob Avakian Away With All Gods ! Unchaining the Mind and Radically Changing the World, pp. 59-114 (Christianity, Judaism and Islam-Rooted in the Past, Standing in the Way of the Future).

[ii]    Au cours des années 1960 et 1970, des étudiants iraniens ont parcouru le monde entier pour étudier et s’instruire, mais la situation mondiale a ouvert une voie différente pour eux. La recrudescence des luttes de libération nationale contre le colonialisme dans les pays opprimés à travers le monde, ainsi que le socialisme révolutionnaire dans la Chine de Mao et l’opposition radicale à la guerre du Vietnam dans le monde entier ont eu un impact considérable sur eux. Tout cela a permis de retourner un nombre important d’étudiants iraniens contre le régime du Chah d’Iran et contre toute forme d’oppression et d’exploitation partout dans le monde, sous l’égide de l’Association des étudiants iraniens. Beaucoup de ces étudiants se sont radicalisés et ont adopté le communisme avec des conceptions différentes de ce que cela signifiait à l’époque -certains se sont alliés à la Chine socialiste révolutionnaire tandis que d’autres se sont alliés à l’Union soviétique non révolutionnaire (devenue socialiste de nom, impérialiste en réalité, après le renversement du socialisme et la restauration du capitalisme au milieu des années 1950). L’une de ces tendances s’est développée pour devenir l’Union des communistes iraniens (UCI), qui a repris le maoïsme. La plupart des partisans de l’UCI sont rentrés en Iran avant et après la révolution de 1979, et beaucoup de leurs membres ont été emprisonnés et exécutés par le régime islamique, y compris ceux qui ont participé à un soulèvement dans la ville d’Amol en 1981. L’UCI a connu un important processus de réorganisation idéologique et politique et est devenue le Parti communiste d’Iran (marxiste-léniniste-maoïste) (cpimlm.org), une organisation qui a adopté et défend le nouveau communisme mis en avant par Bob Avakian, président du Parti communiste révolutionnaire des États-Unis.

[iii]      Mahshahr est la ville qui a joué un rôle remarquable dans le soulèvement de novembre 2019, lorsque la population a effectivement bloqué pendant trois jours l’entrée de trois grandes villes industrielles pétrolières et gazières (c’est-à-dire pétrochimiques) et de la zone économique spéciale pétrochimique. Les protestations ont arrêté les lignes de production et le transport de la production de ces industries et de ses dérivés. Au bout de trois jours, le gouverneur du Khouzistan a ordonné aux gardes du CGRI de mener une attaque terrestre et aérienne, tuant des gens avec des chars, de l’artillerie, des hélicoptères et des navires de guerre. Dix-sept manifestants ont été tués, dont deux enfants de quatre et huit ans. De nombreuses personnes se sont réfugiées dans les marécages environnants mais ont été fauchées sur place. Les gardes du CGRI ont immédiatement pris le contrôle des hôpitaux et ont commencé à arrêter les blessés. Dans ces régions, les Arabes vivent et portent le double fardeau de la surexploitation et de l’oppression en tant que nationalité minoritaire/opprimée. Ils sont toujours accusés par le régime islamique d’essayer de créer des troubles et d’aider « l’ennemi ».

[iv]  Voir les articles en anglais sur revcom.us : « Massive Protests Rock Iran: Islamic Republic Shoots Down More Than 100, Injures or Arrests Thousands More » ; « U.S. Sheds Crocodile Tears While Intensifying Collective Suffering, Risking War ».

(traduit de l’anglais)

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À la Une

VOICI LA SITUATION, VOICI LES ENJEUX.

TRUMP EST DÉTERMINÉ, ET A UNE STRATÉGIE, POUR RESTER AU POUVOIR, ET POUR METTRE EN PLACE SON PROGRAMME FASCISTE — IMPOSER L’INJUSTICE DE FAÇON MEURTRIÈRE, ÉCRASER LES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTAUX, ACCÉLÉRER LA DESTRUCTION DE L’ENVIRONNEMENT ET AUGMENTER LE DANGER D’UNE ANNIHILATION NUCLÉAIRE — PEU IMPORTE COMMENT LES GENS VOTENT. Trump est déjà en train de voler les élections, il a mis en place un plan pour utiliser les institutions clés, y compris la Cour suprême, et des voyous violents, en uniforme ou non, pour maintenir son régime au pouvoir.

LA STRATÉGIE DES DÉMOCRATES EST VRAISEMBLABLEMENT UNE STRATÉGIE PERDANTE QUI LES CONDUIRA À CAPITULER À TRUMP (même si le vote réel favorise les Démocrates). Laissés à eux-mêmes, les Démocrates n’ont ni la capacité ni la volonté de se battre comme il faut. Malgré le fait que le régime Trump/Pence représente une menace existentielle pour l’humanité, les Démocrates ont refusé de dénoncer ce régime fasciste pour ce qu’il est et de s’y opposer sur cette base. Ils appellent les gens à voter simplement comme s’il s’agissait d’une élection « normale » et que les « règles normales » s’appliquaient. Les Démocrates essaient de s’appuyer sur des procédures et des institutions que ce régime fasciste a corrompues, détruites ou dont il a repris le contrôle.

SI LE FASCISME S’INSTALLE PLEINEMENT DANS LE PAYS LE PLUS PUISSANT DU MONDE, CELA POURRAIT CONDUIRE À UNE CATASTROPHE DONT L’HUMANITÉ NE POURRAIT PAS SE REMETTRE.

POUR TOUS CEUX ET TOUTES CELLES QUI SE SOUCIENT DE LA JUSTICE, DE L’ENVIRONNEMENT ET D’UN AVENIR DIGNE DE L’HUMANITÉ : NOUS DEVONS RÉPONDRE À L’APPEL LANCÉ PAR REFUSEFASCISM.ORG POUR ORGANISER ET MOBILISER DES ACTIONS NON VIOLENTES DÉTERMINÉES ET CRÉATIVES ET DES MANIFESTATIONS SOUTENUES, JOUR APRÈS JOUR, DE PLUS EN PLUS MASSIVES ET PUISSANTES, EXIGEANT LE DÉPART IMMÉDIAT DE CE RÉGIME FASCISTE ! OUT NOW! AFIN DE CHANGER TOUTE L’ÉQUATION POLITIQUE ET LA SITUATION DANS CE PAYS, EN FAISANT EN SORTE QUE TOUTES LES FORCES DE LA SOCIÉTÉ RÉPONDENT À LA DEMANDE AVANCÉE DE MANIÈRE PUISSANTE PAR LES MASSES QUE CE RÉGIME FASCISTE SOIT DESTITUÉ.

En dépit de ce que les Démocrates représentent et de la manière dont leur approche limiterait et paralyserait gravement la lutte contre ce régime fasciste, en termes de vote, les gens doivent voter massivement contre Trump, en votant pour Biden. MAIS C’EST ABSOLUMENT CLAIR que:

LE VOTE NE SUFFIRA PAS – ET LE SIMPLE FAIT DE SE FIER AU VOTE CONDUIRA TRÈS PROBABLEMENT AU DÉSASTRE. NOUS DEVONS DESCENDRE DANS LA RUE MAINTENANT,ET Y RESTER, EXIGEANT TRUMP et PENCE OUT NOW !

Pour mieux comprendre tout cela, voir ces importants travaux de Bob Avakian, disponibles sur revcom.us : la série en trois parties en anglais et espagnol : ‘Voting Will Not Be Enough – We Need to Take to the Streets, And Stay in the Streets Demanding Trump/Pence Out Now !’ (en particulier la troisième partie, ‘Trump’s Fascism—More Blatant and Dangerous Every Day: How a Determined Fight and Massive Mobilization Could Defeat this’) et la déclaration de Bob Avakian du 1er août 2020, « Sur la situation critique immédiate, le besoin urgent de chasser le régime fasciste de Trump/Pence, le vote dans cette élection, et le besoin fondamental de révolution » (disponible en français à https://nouveaucommunismefrance.wordpress.com/2020/08/31/bob-avakian-1-aout-2020/

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#TrumpPenceOutNow #Oct3WeBegin http://www.refusefascism.org

– Bob Avakian, 1 août 2020

SUR LA SITUATION CRITIQUE IMMÉDIATE, LA NÉCESSITÉ URGENTE DE CHASSER LE RÉGIME FASCISTE DE TRUMP ET PENCE, LE VOTE DANS CETTE ÉLECTION, ET LE BESOIN FONDAMENTAL D’UNE RÉVOLUTION

1. La situation actuelle comporte des défis véritablement sans précédent et d’une importance capitale, avec des implications profondes non seulement pour les habitants de ce pays mais pour l’humanité tout entière. Il y a trois ans, j’ai parlé de cette réalité qui est devenue encore plus prononcée, et encore plus dangereuse, dans le temps qui s’est écoulé depuis lors :

Nous sommes confrontés à – nous sommes gouvernés par – un régime fasciste : qui s’attaque sans relâche aux droits et libertés civils et promut ouvertement la bigoterie et l’inégalité ; qui agit avec un mépris impitoyable ou une malveillance de sang-froid envers ceux qu’il considère comme inférieurs et comme un fardeau ou une tache sur le pays ; dont la mission englobe le refus de soins de santé à des millions de personnes qui vont souffrir et à beaucoup d’autres qui vont mourir sans ces soins ; un régime qui dégrade grossièrement les femmes, en tant qu’objets de pillage, comme des pondeuses sans droit à l’avortement ou à la contraception, subordonnées aux maris et aux hommes en général ; qui conteste la science du changement climatique, attaque la science de l’évolution et répudie la méthode scientifique dans son ensemble ; un régime qui brandit un arsenal de destruction massive et menace la guerre nucléaire ; qui intensifie la terreur d’État contre les musulmans, les immigrants et les habitants des quartiers populaires ; qui déchaîne et encourage et soutient des voyous brutaux crachant leur venin « priorité à l’Amérique », de suprématie blanche, de suprématie masculine et anti-LGBTQ – un régime qui se vante de tout cela et déclare son intention de faire encore pire.

Il s’agit d’un régime dirigé par « une brute démente » avec le doigt sur le bouton nucléaire. C’est un régime qui, sans exagération, menace non seulement d’accroître considérablement les souffrances des masses de l’humanité, mais aussi l’existence même de l’humanité, par l’intensification de ses actions visant à poursuivre le pillage de l’environnement, par ses armes de destruction massive inégalées et par sa déclaration flagrante de volonté d’utiliser ces armes, y compris son arsenal nucléaire massif.

J’ai aussi souligné que c’est ce système de capitalisme-impérialisme qui, par son « fonctionnement normal », a fait naître ce fascisme et qu’aucun changement fondamental pour le mieux ne peut être apporté dans le cadre de ce système, et qu’au contraire, ce système doit être renversé et remplacé par un système radicalement différent et bien meilleur, afin d’abolir et de déraciner tous les rapports d’exploitation et d’oppression, ainsi que les conflits violents qu’ils engendrent – tout cela étant intégré dans les fondements de ce système et dans son fonctionnement et ses exigences permanents.

À l’heure actuelle, pour tous ceux et toutes celles qui ont à cœur de mettre fin à l’injustice et à l’oppression, et engagent la question de savoir si l’humanité aura un avenir qui en vaut la peine – ou n’aura pas d’avenir du tout : obliger le régime fasciste de Trump/Pence de quitter le pouvoir est une question immédiate et urgente et un impératif véritablement historique.

Et, pour ceux et celles qui comprennent la nécessité de la révolution, du renversement de ce système, comme la solution fondamentale aux horreurs continues que ce système produit pour les masses de l’humanité (que ce système soit dirigé par une dictature fasciste ouverte, ou la dictature « démocratique » déguisée, de la classe capitaliste dominante), la lutte immédiate pour chasser le régime Trump/Pence du pouvoir doit être abordée non pas comme une « diversion » (ou un « substitut ») de la construction du mouvement pour la révolution qui est nécessaire, mais précisément comme une partie – une partie cruciale et une exigence urgente – du travail global de construction de cette révolution.

Notre objectif fondamental, et notre étoile polaire, demeure : LA RÉVOLUTION RIEN DE MOINS ! 

Dans tout ce que nous faisons, y compris dans toutes les luttes auxquelles nous participons et qui ne sont pas elles-mêmes de nature révolutionnaire, notre approche constante est, et doit être, de mettre tout cela au service de cet objectif fondamental de la révolution et de l’émancipation de l’humanité tout entière.

Normalement, nous, les communistes révolutionnaires, soutenons que les gens ne devraient pas voter aux élections bourgeoises, qui servent à renforcer le système existant de capitalisme-impérialisme et alimentent des illusions populaires selon lesquelles l’exploitation, l’oppression et les injustices peuvent d’une certaine manière être « réformées » sans se débarrasser du système qui est à l’origine de ces horreurs. Mais est-ce la bonne position à adopter par rapport à cette élection particulière ?

Pour y répondre, nous devons examiner la situation dans son ensemble.

2. Déjà, depuis près de quatre ans qu’il est au pouvoir, nous avons été contraints d’assister à et d’endurer les horreurs déjà commises, et le grave danger que représente le régime Trump/Pence. Trump a mené sa campagne en 2016 sur ce qui équivalait à un programme fasciste pur et simple, englobant une suprématie blanche et une suprématie masculine flagrantes, et un racisme xénophobe envers les immigrants, en particulier ceux du Mexique et d’autres pays que Trump considère comme des « trous de merde », ainsi qu’un plaidoyer ouvert en faveur de la torture et de la brutalité de la part de la police et des partisans « civils » de Trump. Et, une fois au pouvoir, Trump a mis en œuvre ce programme à toute allure, écrasant toutes les « normes institutionnelles » faisant obstacle, même face à la destitution – et avec encore plus d’arrogance et d’élan une fois que ses collègues fascistes du parti républicain ont voté pour l’acquitter au Sénat.

Essentiellement, tout ce qui est décrit à propos de ce régime au début de cette déclaration est ce que Trump et ceux qui l’entourent ont fait avec acharnement. Cela est devenu d’autant plus flagrant et agressif à l’approche des élections prévues en novembre 2020. Et imaginez ce que fera Trump s’il se voit confier un second « mandat » par le biais d’une réélection en novembre.

La pandémie COVID-19 et la réponse de Trump et Pence à celle-ci ont également fourni une autre illustration graphique de la nature anti-scientifique de ce régime et de son mépris total pour la souffrance des masses populaires, en particulier celles que ce régime déteste le plus ainsi que les plus vulnérables et les plus fortement touchées par cette pandémie.

Mais, aussi horrible que tout cela ait été, il ne s’agit pas seulement de politiques horribles, mais d’une forme de pouvoir qualitativement différente, basée sur une répression brutale et la violation de ce qui est censé être les droits les plus fondamentaux.

Nous avons déjà vu Trump, en violation flagrante des principes constitutionnels, envoyer des troupes d’assaut et d’occupation, provenant de diverses agences du gouvernement fédéral, pour criminaliser la dissidence et réprimer les personnes qui manifestent à Portland et dans d’autres villes, et pour ajouter au règne de la terreur contre des masses populaires dans les quartiers défavorisés de Chicago et ailleurs.

Nous avons vu les manifestations grossières de chauvinisme de Trump, genre « priorité à l’Amérique », y compris ses appels répétés à punir sévèrement ceux qui, selon lui, n’ont pas fait preuve de la ferveur patriotique appropriée, ou qui ont osé critiquer et protester contre certaines des oppressions les plus voyantes exercées par les exécuteurs de ce système, en particulier la brutalité et le meurtre continus des Noirs, des Latinos et des Amérindiens par la police. Nous avons été témoins de ses incitations continuelles aux violences suprémacistes blanches, par la police et par les « gens du deuxième amendement » et d’autres « gens très bien ».

Tout cela rappelle la montée au pouvoir et la domination d’Hitler et des NAZIs en Allemagne dans les années 1930 et au début des années 1940. Alors qu’Hitler construisait son mouvement fasciste, des voyous étaient mobilisés pour brutaliser et terroriser les personnes qui ne soutenaient pas Hitler et les NAZIs – les agressant dans la rue et dans d’autres lieux publics. Une fois que l’État fasciste NAZI a consolidé son pouvoir, toute opposition était sévèrement punie et écrasée. Tous ceux qui ne soutenaient pas ouvertement et ne proclamaient pas l’idéologie officielle NAZIe étaient visés. Un grand nombre de personnes ont été expulsées des institutions publiques – tous ceux, en particulier les Juifs mais aussi d’autres personnes, qui étaient considérés comme « étrangers » à la « race germanique pure » et comme un obstacle aux objectifs monstrueux des NAZIs. En commençant par les communistes, mais en englobant bientôt la population juive, les Roms, les homosexuels et d’autres, les camps de concentration ont été remplis de ceux qui étaient considérés comme une menace pour les NAZIs ou une « tache » sur la nation allemande. Et cela a conduit, avant longtemps, au génocide de masse de millions de Juifs en Allemagne et dans les pays conquis et occupés par les NAZIs.

Tout cela ne s’est pas produit d’un seul coup, mais dans un laps de temps relativement court (une dizaine d’années), et à un rythme de plus en plus rapide. L’état de droit n’a pas été ouvertement et formellement abandonné, mais la « loi » et « l’état de droit » sont devenus ce que Hitler et les NAZIs ont dit qu’ils étaient. Une grande partie de ce que Hitler et les NAZIs ont fait, pendant leur règne de terreur et de génocide, était « conforme à la loi » – une loi qu’ils avaient réduite à rien d’autre que leurs buts et moyens barbares, appliqués de manière meurtrière par des institutions qui avaient été dépouillées de tout sens ou but autre que ce qui était conforme à et servait le programme NAZI, réduites à rien d’autre que des instruments de l’atrocité NAZIe.

Dans l’ensemble de ce que Trump fait actuellement – y compris ses appels ouverts à l’annulation des décisions et des précédents de la Cour suprême (par exemple, pour interdire l’avortement et punir le fait de brûler le drapeau), ainsi que ses violations répétées de la loi et des procédures légales et son insistance à dire que c’est lui la loi – nous pouvons voir l’ombre imminente d’une dictature fasciste encore plus ouverte. Car c’est cela le fascisme : une dictature ouverte et agressive, piétinant et pervertissant l’état de droit, s’appuyant sur la violence et la terreur, au nom du système capitaliste prédateur et en tant que tentative extrême pour faire face à une division sociale profonde et à des crises aiguës (tant au sein du pays que dans l’arène mondiale). Et avec les initiatives de la « secrétaire à l’éducation » de Trump, Betsy DeVos – elle-même une chrétienne fasciste dont le but ultime est de remplacer l’éducation publique et laïque par des écoles basées sur l’endoctrinement fondamentaliste chrétien – nous pouvons voir les grandes lignes de la version du régime Trump/Pence de « l’idéologie officielle (chrétienne fasciste) ». Nous pouvons reconnaître l’ombre qui plane sur une situation où non seulement les écoliers, mais aussi toute la société, devront prêter allégeance à une Amérique blanche chrétienne fasciste.

Une déclaration de l’organisation Refuse Fascism (RefuseFascism.org) argumente de manière éloquente et puissante :

Des limites réelles sont tracées, avec des conséquences catastrophiques pour toute l’humanité. Si nous perdons le droit de protester – par des moyens légaux ou extra-légaux – tous les paris sont annulés. Le fascisme n’est pas seulement le pire des mouvements de pendule. C’est un changement qualitatif dans la manière dont la société est gouvernée. La dissidence est criminalisée pièce par pièce. La vérité est matraquée. Un groupe après l’autre est diabolisé et ciblé sur une trajectoire qui mène à de véritables horreurs. Tout cela se produit depuis plus de trois ans, mais étant donné les camps de concentration à la frontière, l’acquittement de Trump dans un faux procès de destitution et un décret visant à protéger les monuments, alors que les droits du premier amendement sont criminalisés avec de véritables peines de prison, trop de gens veulent encore se prélasser dans des illusions confortables que tout ceci ne se passe pas vraiment. C’est le fascisme. Ça se passe bel et bien, et le temps presse pour l’arrêter.

Pendant bien trop longtemps, ceux d’entre nous, y compris les diverses voix représentées par Refuse Fasicsm, qui ont souligné le danger immédiat très réel – et potentiellement encore plus grand – représenté par le régime Trump/Pence ont été trop souvent confrontés à un renvoi arrogant de la part de ceux qui ne pouvaient pas, ou ne voulaient pas, voir la réalité et la trajectoire de ce régime ; qui ont rejetté le danger en ignorant ou en minimisant nombre des choses terribles que ce régime avait déjà faites ; et qui ont ensuite ont indiqué tout ce qui n’avait pas encore été fait par ce régime comme une prétendue « preuve » qu’il ne ferait pas ces choses. Maintenant, à cette heure tardive et cruciale, traiter comme une « exagération alarmiste » la nature fasciste de ce régime et ses parallèles très réels avec les horreurs perpétrées par les régimes fascistes précédents, c’est ignorer non seulement les leçons vitales de l’histoire, mais aussi la réalité extrêmement dangereuse de la situation actuelle, y compris la signification du fait que Trump – remplissant sa promesse aux fascistes chrétiens – a empilé les tribunaux, jusqu’à la Cour suprême, avec des légions de fascistes chrétiens et d’autres juges d’extrême droite, qui vont s’efforcer de « légitimer légalement » tout le programme horrifiant du régime fasciste de Trump/Pence.

Si ce régime parvient à consolider davantage son pouvoir et à faire de nouveaux bonds dans la mise en œuvre de ses horribles objectifs, il en résultera un revers dévastateur pour toute tentative de résistance à l’injustice et à l’oppression, et il est très probable que cela conduira à la répression brutale, voire à l’anéantissement, des défenseurs des droits démocratiques et des partisans de toute réforme progressiste significative, ainsi que de toute force organisée luttant pour un changement révolutionnaire fondamental.

Dans le sens le plus essentiel, le besoin urgent de mobiliser les masses populaires autour de la demande de forcer le départ du régime fasciste n’est pas en conflit avec le déferlement de masse contre la suprématie blanche institutionnalisée et la terreur policière, ou d’autres mouvements de masse contre les outrages de ce système, mais est en unité fondamentale avec et est crucial pour toutes ces luttes, et tout cela peut et doit être compris, et construit de manière puissante et permettant de se renforcer mutuellement.

3. Le simple fait de compter sur le vote pour chasser ce régime conduira presque certainement à des résultats très mauvais, voire désastreux. Cela est particulièrement vrai compte tenu de ce que ce régime fait déjà, et de ce que Trump dit, en ce qui concerne les élections.

Par des attaques totalement infondées contre le vote par correspondance, et des préparatifs visant à intimider et à entraver les Noirs et les Latinos qui tentent d’exercer leur droit de vote, le régime Trump/Pence et ses partisans ont déjà entrepris de supprimer les votes de ceux qui sont susceptibles de voter contre Trump. Comme il l’a fait lors de l’élection de 2016, Trump a déjà fait part de son probable refus d’accepter le résultat de l’élection cette fois-ci s’il n’est pas le vainqueur. Et maintenant, Trump a ouvertement « suggéré » l’idée de « retarder » l’élection.

Compte tenu de ce que Trump a déjà fait, et de ce qu’il a déclaré de manière flagrante, autant il est horrifiant, autant il est réaliste d’envisager que ce régime stationne des troupes d’assaut, loyales à ce régime, dans des villes de tout le pays – s’efforçant vicieusement de réprimer toute expression de résistance ou d’opposition – à l’approche des élections, et après.

La pandémie en cours, ou les décrets visant à réprimer le « désordre civil » (c’est-à-dire les protestations) dans de nombreuses régions du pays, pourraient également servir de prétexte pour « reporter » l’élection, peut-être indéfiniment.

Et il n’est certainement pas impensable que Trump cherche à créer une « urgence nationale » – par exemple, en menant des actes de guerre, contre l’Iran ou peut-être même la Chine – afin d’instaurer des conditions encore plus répressives, avec un nombre encore plus important de troupes d’assaut paramilitaires occupant les villes, afin soit d’annuler (ou de « retarder » indéfiniment) l’élection, soit de contrôler le scrutin et les résultats de l’élection si elle a lieu.

Il est d’une importance capitale de continuer à renforcer la résistance, dès maintenant et de manière de plus en plus puissante, contre toutes les mesures répressives prises par Trump, y compris en construisant une opposition de masse aux tentatives de ce régime de supprimer les électeurs et par une mobilisation de masse pour soutenir et défendre ceux qui sont la cible de cette suppression.

Avec la pleine conscience de ce que représente ce régime fasciste, et de ce que cela signifie que Trump ne cherche pas seulement à supprimer les votes des personnes qui voteront contre lui, mais se prépare également à utiliser une répression violente pour rester au pouvoir s’il n’est pas déclaré vainqueur aux élections, il est d’une importance critique et urgente de construire maintenant une mobilisation vraiment massive et soutenue autour de la demande unificatrice de chasser ce régime tout de suite : OUT NOW ! avec l’orientation d’être prêt à continuer cela même après les élections, si la situation l’exige.

Dès les premiers jours du régime Trump/Pence, Refuse Fascism a dénoncé la nature fasciste de ce régime et a appelé à la mobilisation de masse pour chasser ce régime qui est maintenant, d’autant plus urgemment, nécessaire. Il aurait été très bien – et cela aurait pu faire une réelle différence – que tous ceux qui détestent ce régime mais ne reconnaissent pas, ou refusent de reconnaître sa nature fasciste réelle et le grand danger qu’il représente pour l’humanité en tant que tel, aient répondu beaucoup plus tôt à cet appel de Refuse Fascism et l’aient activement repris. Aujourd’hui, enfin, la nature « autoritaire » de ce régime, et même l’utilisation du terme « fascisme » pour le décrire, sont de plus en plus reconnues et font l’objet de discussions de plus en plus nombreuses. (Comme je l’ai souligné, pour beaucoup, c’est un cas de « Oh, maintenant ils disent » que c’est du fascisme, comme si c’était tout juste arrivé. Mais, avec une compréhension des enjeux profonds en jeu, il est important de reconnaître que maintenant est mieux que jamais). Il se fait tard, mais il n’est pas encore trop tard pour faire de cette mobilisation de masse une réalité. S’appuyer sur les « normes » et les « voies habituelles » de ce système, y compris les prochaines élections, et confiner les actions à l’intérieur de ces normes et voies ne peut résoudre ce problème profond et urgent, surtout lorsqu’on a affaire à un régime fasciste et à ses partisans fanatiques qui sont déterminés à piétiner et à déchirer ces « normes ».

4. En cette heure critique, tous les moyens appropriés d’action non violente doivent être utilisés pour écarter ce régime du pouvoir. Et si, en dépit des protestations de masse exigeant le départ du régime Trump/Pence, ce régime reste au pouvoir au moment du vote, alors – sans s’y fier fondamentalement – l’utilisation de tous les moyens appropriés pour œuvrer au départ de ce régime doit inclure le vote contre Trump (en supposant que l’élection ait effectivement lieu). Pour être clair, cela ne signifie pas un « vote de protestation » pour un candidat qui n’a aucune chance de gagner, mais le fait de voter pour le candidat du Parti démocratique, Biden, afin de voter effectivement contre Trump.

Ce n’est pas parce que Biden (et le Parti démocrate en général) sont soudainement devenus autre chose que ce qu’ils sont : les représentants et les instruments de ce système de capitalisme-impérialisme exploiteur, oppressif et littéralement meurtrier. Le processus électoral continue d’être ce que nous, les revcoms, avons appelé le BEB (baratin électoral bourgeois). Il n’en reste pas moins qu’aucun changement fondamental pour le mieux ne peut se produire par le biais de ce processus électoral et que, de manière générale et globale, le vote dans le cadre de ce système sert à renforcer ce système, en particulier si le vote est considéré comme un moyen – et plus encore s’il est considéré comme le (seul) moyen – d’apporter un changement significatif.

Mais cette élection est différente.

Il est vrai qu’à chaque élection, les démocrates mènent le même jeu d’escroquerie de base – en faisant chanter les gens qui détestent l’injustice et l’oppression pour qu’ils votent pour eux en tant que « moindre mal » – en insistant en effet sur le fait que « vous pouvez ne pas être d’accord avec tout ce que nous disons, vous pouvez même avoir de sérieuses différences et critiques concernant ce que nous sommes, mais voulez-vous que ce soit eux au pouvoir ? » (le parti républicain ouvertement suprémaciste blanc, suprémaciste masculin, pilleur de l’environnement qui nie le changement climatique et qui est réactionnaire dans tous les domaines). Et le Parti démocrate a fait cela, maintes et maintes fois, alors qu’il représentait et cherchait à présider ce système de capitalisme-impérialisme dans lequel la suprématie blanche, la suprématie masculine, le pillage de l’environnement et les guerres pour l’empire sont intégrés, en même temps que les démocrates font du bruit et prennent des mesures pour mettre en œuvre des réformes mineures (et finalement sans importance) pour soi-disant remédier à ces outrages. Tout cela a en fait contribué à l’évolution des choses vers la terrible situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui. Elle a paralysé politiquement beaucoup de ceux qui cherchent à mettre fin à ces outrages, les réduisant à une dépendance passive du Parti Démocratique et de son rôle dans le processus électoral, tout en jetant de l’huile sur le feu des sections fascistes de la société qui insistent sur le fait qu’absolument aucune atténuation de ces outrages ait lieu – ni aucune concession à la lutte contre cela – et qui demandent en fait le renforcement brutal de cette oppression et de cette indignation, en termes extrêmes.

Mais, encore une fois, cette élection est différente – d’une manière cruciale. La question n’est pas de savoir si Biden et les démocrates représentent quelque chose de « bon » ou si, en termes fondamentaux, les démocrates sont « meilleurs » que les républicains. Ces deux partis sont des partis politiques de la classe dirigeante, et aucun de leurs candidats ne représente quelque chose de « bon » au sens le plus élémentaire et le plus essentiel du terme. Biden n’est pas « meilleur » que Trump, d’une quelconque manière significative – sauf qu’il n’est pas Trump et qu’il ne fait pas partie de la tendance à consolider et à imposer le pouvoir fasciste, avec tout ce que cela implique.

Aborder cette élection du point de vue du candidat qui est « meilleur » signifie ne pas comprendre les enjeux vraiment profonds et les conséquences potentielles de ce qui est en jeu. Le fait est qu’il ne peut y avoir qu’un seul « bien » qui puisse sortir de cette élection : infliger une défaite décisive à Trump et à l’ensemble du régime fasciste. Cela créerait de bien meilleures conditions pour continuer à lutter contre tout ce que représente le régime Trump/Pence et contre toute l’oppression et les injustices de ce système, et ce serait un grand cadeau pour les peuples du monde.

Encore une fois, dans ces circonstances très particulières et extraordinaires, si le régime Trump/Pence est toujours au pouvoir au moment de l’élection, malgré les mobilisations de masse exigeant l’expulsion de ce régime, alors la lutte contre ce régime fasciste doit inclure le vote contre Trump en votant pour Biden, tout en continuant à construire une mobilisation de masse soutenue contre ce régime et tout ce qu’il représente et concentre, et en étant prêt à poursuivre cette mobilisation de masse si Trump perd l’élection mais refuse de partir.

5. En reconnaissant cela, cependant, il est extrêmement important de souligner une fois de plus, dans les termes les plus forts, que, pour les raisons évoquées ici, compter sur le vote – sans cette mobilisation de masse – conduira très probablement au désastre.

Il est possible que Trump remporte effectivement l’élection – et qu’il gagne ou qu’il perde, on verra dans cette élection des mesures sans précédent pour supprimer les votes de ceux qui s’opposent à lui et pour utiliser d’autres moyens illégaux l’aidant à rester au pouvoir. Et, plus essentiellement encore, à partir d’une compréhension claire de la nature fasciste de ce régime, et de toutes les implications qui en découlent, ce régime est illégitime, indépendamment des moyens par lesquels il est arrivé au pouvoir et des mesures prises pour le conserver et le consolider davantage. Hitler et les NAZIs sont arrivés au pouvoir en Allemagne dans les années 1930 par les « voies normales » du « système démocratique » de ce pays – y compris les élections – mais leur régime n’avait absolument rien de « légitime » et toutes les horreurs vraiment indicibles auxquelles il a donné lieu. Et le même principe de base s’applique au régime Trump/Pence. Par sa nature et son contenu, le fascisme « légitime » n’existe pas.

Quoi qu’il arrive avec les élections – et même si Biden gagne et réussit à prendre effectivement ses fonctions – il n’y aura pas de « retour à la normale ». Tout d’abord, les fascistes – ceux qui occupent encore des postes puissants, et la « base » fasciste dans la société au sens large – ne le permettront pas. Et, en tout cas, personne ne devrait le vouloir. La « normalité » de ce système a toujours inclus l’oppression barbare des Noirs et d’autres personnes de couleur, avec la terreur, la brutalité et le meurtre systématiques pour imposer cette oppression. Elle a toujours inclus la discrimination vicieuse, le sectarisme et la violence contre les immigrants, les femmes, les personnes LGBTQ et toute autre personne considérée comme inférieure et « étrangère ». Elle a toujours inclus des guerres injustes pour l’empire, et des crimes continus contre l’humanité. Elle constitue aujourd’hui une menace pour l’existence même de l’humanité en raison de la dévastation croissante de l’environnement et de la menace toujours présente d’une guerre nucléaire.

Il faudra entreprendre la lutte multiforme pour chasser le régime fasciste de Trump/Pence non pas comme un substitut mais comme une partie – une partie cruciale – du mouvement visant à dépasser tout ce qui est représenté et incarné dans la « normalité » de ce système.

6. Enfin, quoi qu’il arrive avec cette élection, il reste profondément vrai – et il est d’une importance vitale de reconnaître et d’agir en fonction de cette compréhension qu’aucun changement fondamental pour le mieux ne peut se réaliser sous ce système. Alors même qu’il y a besoin urgent de construire une mobilisation de masse soutenue autour de la revendication unificatrice : Trump/Pence, dehors ! OUT NOW!, tous ceux et toutes celles qui ont pu voir que la suprématie blanche institutionnalisée, la suprématie masculine et les nombreux autres outrages et crimes contre l’humanité perpétrés sous ce système sont en fait intégrés dans ce système de capitalisme-impérialisme doivent travailler ensemble, de manière continue, pour construire un mouvement en croissance constante et pour renforcer les forces organisées pour une véritable révolution visant à renverser ce système.

En résumé : Étant donné les enjeux véritablement monumentaux, non seulement pour chaque problème, aussi important soit-il, et non seulement pour ce pays, mais aussi pour les masses populaires du monde entier et l’avenir de l’humanité, il y a un grand besoin d’aborder les choses et d’agir avec la sophistication nécessaire pour gérer les contradictions complexes et difficiles qu’implique tout cela en ayant une vision large, en rejetant le sectarisme mesquin et le dogmatisme rigide, et en ne tombant pas dans un « soit/soit » paralysant : soit nous luttons contre la suprématie blanche et la terreur policière, soit nous nous battons pour chasser le régime fasciste de Trump/Pence ; soit nous votons lors de cette élection, soit nous construisons une lutte de masse contre l’oppression scandaleuse et contre ce régime fasciste ; soit nous nous opposons à ce régime, par tous les moyens appropriés, soit nous travaillons pour la révolution. Dans cette situation extraordinaire et très complexe – et du point de vue de l’avancement de la lutte vers l’objectif d’éliminer enfin toute exploitation et toute oppression, partout – il y un besoin urgent de faire tout cela, et de le faire en comprenant la relation correcte et nécessaire entre les différentes parties de cette approche globale : mettre l’accent principale sur la mobilisation de masse et s’appuyer sur elle, le vote dans cette situation extraordinaire étant nécessaire et important mais non pas le principal élément sur lequel on doit compter ; et, en termes fondamentaux, faire en sorte que tout cela contribue à créer des conditions plus favorables et à accroître les forces organisées pour, non seulement résister aux crimes de ce système, mais enfin pour mener à bien la révolution nécessaire afin de mettre un terme à ce système monstrueusement criminel et à sa domination dans le monde, sous quelque forme que ce soit.

RIEN DE MOINS !

BobPar Bob Avakian, leader révolutionnaire, auteur et architecte du nouveau communisme révolutionnaire

À toutes et à tous celles et à tous ceux qui se sont soulevés avec tant de force et manifestent pour dire «Plus jamais ça!» après le meurtre de George Floyd et tous les autres meurtres commis de sang-froid par la police.

À toutes celles et à tous ceux qui se sont inspirés de ce soulèvement si juste.

À toutes celles et à tous ceux dont les œillères ont été arrachées de leurs yeux et qui ont été amenés à réfléchir à nouveau sur le type de pays dans lequel nous vivons.

Cela pose les plus grandes questions sur ce dont les gens du monde entier ont besoin pour vivre pleinement en tant qu’êtres humains :

LA FIN DU RACISME INSTITUTIONNALISÉ ET DU MEURTRE PAR LA POLICE, RIEN DE MOINS !

LA FIN DE TOUTE FORME D’UTILISATION, D’ABUS ET DE BRUTALISATION DES GENS, OÙ QU’ELLES SOIENT, RIEN DE MOINS !

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Nous avons besoin d’un monde sans suprématie blanche et masculine – un monde où personne n’est considéré comme « étranger » – un monde sans guerre, où les gens de la planète entière, avec une belle floraison de diversité, agissent ensemble pour le bien commun et sont vraiment les gardiens de la terre.

CE N’EST PAS SEULEMENT UN RÊVE.
Cette possibilité est démontrée avec force dans ce soulèvement populaire, de toutes les races et de tous les genres, de toutes les régions du monde, qui refusent de se taire ou de rester passifs alors que toute cette oppression et brutalité continuent.

POUR RENDRE TOUT CELA RÉEL, NOUS AVONS BESOIN DE:

LA RÉVOLUTION – RIEN DE MOINS !

Un plan stratégique sur la manière de faire cette révolution ainsi qu’une vision globale et un projet concret pour un monde radicalement différent et bien meilleur, où tout cela peut devenir possible—se trouve dans le travail que j’ai effectué, y compris la Constitution pour la nouvelle République socialiste d’Amérique du Nord.

Vous pouvez en apprendre davantage sur cette révolution et participer à sa réalisation en vous rendant sur revcom.us et en vous joignant aux revcoms.

Il n’est pas nécessaire de vivre dans ce monde où une si grande partie de l’humanité souffre inutilement sous ce système de capitalisme-impérialisme qui ne peut exister sans exploiter et dégrader les gens, étouffant leur humanité et les tuant sans pitié. Nous pouvons faire beaucoup mieux ! N’écoutez pas ceux qui disent que «ça ne peut jamais arriver». Regardez autour de vous – ce qui semblait impossible hier se produit maintenant ! Révolution, pourquoi devrions-nous nous contenter de moins ?

le 2 juin 2020
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Justice pour George Floyd !
Justice pour Adama !
Justice pour toutes les victimes de la brutalité policière en France,
aux Etats-Unis et partout dans le monde !
Envoyez les meurtriers en taule – le système entier est coupable — Balayons-le !

Pour des analyses, vidéos et débats sur le mouvement actuel aux EU, ainsi que le projet révolutionnaire de Bob Avakian, visitez le site revcom.us.

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La patriarchie et la violence sexuelle ne disparaîtront pas tant que le capitalisme-impérialisme n’est pas détruit

588331e02ead5marche-des-femmes_anti-trump[1]A tout le monde qui veut se soulever avec les femmes dans les rues du Chili au Mexique, en Inde et en Italie pour exiger la fin des violences sexuelles et du féminicide, qui se met debout avec des personnes LGBTQ au Brésil et des femmes qui refusent le hijab en Iran. A toutes et à tous qui n’acceptent plus un monde où les femmes sont subordonnées, dominées, humiliées, battues, mutilées et assassinées afin qu’elles restent à ‘leur place’…

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Briser les chaines, déclenchez la furie des femmes comme une force puissante pour la Révolution!!!

46514607_292726021357468_2554129081411043328_oQuatre femmes tuées chaque jour au Brésil – un féminicide en France tous les 3 jours… si elles existent, les lois ne suffisent pas, que ce soit au Nigeria, en Inde ou au Pakistan, ou en Europe. L’explosion sociale trop longtemps déférée contre les crimes violents, le harcèlement et les agressions sexuelles expose une blessure béante et profonde divisant toutes les sociétés, «modernes» et moins modernes: de multiples formes d’humiliation, d’oppression, d’exploitation et de violences menacent ou dégradent la vie quotidienne de la moitié de l’humanité. Son échelle mondiale est le cri d’alarme du besoin urgent de cibler le système capitaliste à l’origine de tout ça et d’y mettre fin pour l’humanité dans son ensemble.

La violence contre les femmes, leur subordination et les rapports sociaux dont celles-ci font partie, sont profondément enracinés dans l’organisation patriarcale de la société depuis des milliers d’années et dans la puissance des idées traditionnelles réduisant des femmes à la propriété des hommes, à des objets sexuels ou à des couveuses et des mères. Ces idées et ces ‘rôles’ prescrits et renouvelés se trouvent au cœur de toutes les religions et codes moraux dominants et s’intègrent dans tous les aspects des sociétés au 21e siècle.

Aujourd’hui la montée rapide de la droite et du fascisme dans plusieurs pays renforce davantage cette réalité (USA, Italie, Pologne, Brésil, Turquie…). Et à part Sur FB ou à dlarue2016@mla suppression des lois et des choix que l’on considérait acquis comme l’avortement, on voit la légitimation du viol, du féminicide, et des attaques grotesques contre les LGBTQ dans un climat de misogynie franche. Entre tant d’autres graves dangers, le déchirement ou incarcération des familles et la destruction de centaines de milliers de vies de migrants annonce brutalement l’avenir que ces fascistes nous réservent si nous ne nous débarrassons pas du système qui les engendre.

La patriarchie et la violence sexuelle ne disparaîtront pas tant que le capitalisme-impérialisme n’est pas détruit. Pour transformer les rapports entre les femmes et les hommes – entre tous les gens quel que soit leur sexe – il faut en finir avec ce système qui produit et reproduit les cauchemars que subissent les femmes à travers le monde: un changement bien plus profond et ambitieux est nécessaire et possible – la révolution – si on veut se donner la possibilité de se débarrasser de la société patriarcale et prédatrice une fois pour toutes.

Cette révolution aura pour objectif de construire un état et une société entièrement différents et bien meilleurs. Elle envisage un ordre social qui n’est plus fondé sur l’exploitation humaine, la soumission des femmes, l’injustice, les frontières, les murs et la destruction de la planète. Elle vise l’élimination des divisions sociales antagoniques que le capitalisme nourrit ainsi que la transformation radicale de la culture, la science, l’idéologie « moi (et mon pays) en priorité » ainsi que l’économie qui les sous-tend. Un mouvement révolutionnaire qui fait partie d’un processus mondial et d’une vision émancipatrice globale pour l’humanité. Ce n’est pas un rêve lointain, impossible et hors portée comme certains le méprisent, même si plus difficile que juste de croiser les doigts. Et la situation actuelle est-elle tolérable? La conception, la science et la stratégie pour une telle révolution existent, développées dans le nouveau communisme de Bob Avakian. Explorez le site revcom.us et le blog nouveaucommunismefrance@wordpress.

Accélérons la lutte contre la culture de prédation et transformons-la en mouvement contre la source du problème ! Il faut que le ras-le-bol, la furie et la prise de conscience soient dirigés contre le système qui engendre et multiplie ces horreurs, sachant que les institutions et la structure même des sociétés patriarcales agissent pour la plupart à limiter et/ou à tenter de réorienter toute lutte qui les met en cause. Mais travailler dans ce sens a une réelle importance pour contribuer au développement d’une révolution dans la perspective de parvenir à la société différente, libératrice, la seule véritable possibilité de mettre fin à ces cauchemars.

Contactez-nous sur facebook : le nouveau communisme en France ou à dlarue2016@mail.com. Regardez la vidéo (en anglais, espagnol) Why we need an actual revolution and how we can really make revolution.